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Soit dit en passant

La liste s’allonge au fil des jours

Publié par Malika Boussouf
le 02.03.2021 , 11h00
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Elle est longue et émouvante. Ils sont 164 à avoir succombé à la Covid-19. Un médecin qui meurt dans l’exercice de ses fonctions, c’est comme un combattant qui tombe au champ d’honneur. Leurs confrères vont organiser une journée à leur mémoire. Pour que leur sacrifice ne passe pas à la trappe. Pour pas que l’on oublie ces héros qui, chez nous sans doute plus qu’ailleurs, paient de leur vie  leur combat contre une pandémie qui en fait des cibles prioritaires. 
Des hommes et des femmes qui se sont protégés avec les moyens mis à leur disposition et, auparavant, dénoncés comme insuffisants. Ils auront succombé avant d’être pris au sérieux et par leur tutelle et par les personnes contaminées pour n’avoir pas plus tenu compte des appels à la vigilance et pour avoir douté des risques que la pandémie faisait peser sur le pays. Le mal aura pris de court les plus vigilants d’entre les citoyens avant même qu’ils aient le temps de se mettre à l’abri. La liste des sacrifiés défile sur les réseaux sociaux, suscitant malaise et compassion. 
Colère et culpabilité font écho à un sentiment de gêne profond. Celui d’assister à une récréation géante au cours de laquelle chacun y va de sa démonstration de courage et d’inconscience ! La volonté de défier le système, le visage découvert, a pris le pouvoir sur la menace sanitaire. J’ai juste eu le temps de répondre à quelqu’un qui m’invitait à me réjouir du retour vigoureux du Hirak au lieu «d’incendier» les marcheurs. Je voulais lui expliquer pourquoi, les données étant ce qu’elles sont, je ne ressens pas, présentement, le même enthousiasme que lui et pourquoi je ne désespère pas de renouer avec les mêmes frissons qu’à la naissance du mouvement. 
Deux semaines environ après la naissance du Hirak, un confrère étranger, qui s’interrogeait sur les objectifs de ce mouvement, m’avait demandé comment je voyais la suite. Je me souviens lui avoir répondu, euphorique, qu’il fallait laisser au profond ressentiment, jusque-là sans voix, le temps d’étendre la contestation, de se réapproprier une parole interdite et de savourer la liberté d’occuper la rue pour y chanter autant le rejet que le mal-être !
M. B.

 

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