Soit dit en passant / Soit dit en passant

L’Algérie en fête ce vendredi !

Elle bouclera une année de contestation pacifique, à laquelle personne n’aurait jamais cru, si elle n’avait prouvé, chemin faisant, qu’elle avait ce tonus émancipateur qui dicte de ne plus céder aux intimidations quelle que soit leur nature. Il fallait le faire, alors, contre toute attente, les Algériens l’ont fait. Avec le sang-froid, le recul et la maturité nécessaires qui vous font opter pour une forme d’opposition inédite. 
Pacifique, la rue a entamé ses marches. Pacifique, elle demeure, malgré toutes les tentatives de la faire évoluer autrement. Sans violence, mais avec une détermination dont on était loin de se douter. Durant des décennies, le pays a pensé que l’on ne pouvait pas s’en prendre à sa stabilité. Mais voilà qu’un jour, le ras-le-bol a fait basculer les choses et transformé la soumission des siens en désaveu. Et en sonnant la fin de la partie, le ras-le-bol a signifié que le pays, gavé de promesses qui ont longtemps affirmé, pour le faire taire, que tout ce qui s’élaborait était pensé par les enfants du peuple et exclusivement pour eux, ne fermera plus jamais les yeux sur les blessures qu’on lui inflige. 
Un jour, dans un message plutôt agresif, un lecteur m’a demandé s’il m’arrivait de regarder les choses autrement que sous un aspect affligeant ! Enfin, affligeant n’était pas le terme exact. Je l’utilise parce qu’il est plus correct. Mais je n’ai rien oublié de ce langage vert dont usent généralement ceux qui désapprouvent vos visions quand elles sont différentes des leurs. 
De la grossièreté, devenue légendaire, pour signifier à autrui qu’il a tort de ne pas se contenter des miettes qui lui sont consenties. Répondre, même avec quelque retard, que j’écris, là, avec un sourire, une tendresse et un optimisme infinis pour les promesses qui fleurissent ? Comment ne pas le faire quand le pays affirme à ses détracteurs qu’il ne permettra plus qu’on le malmène comme il l’a été durant 57 ans ? Une rue majoritaire, que l’on soit disposé ou non à accepter cette vérité, qui a fermement signifié aux siens qu’elle en avait marre de prendre les coups. Demain, elle rappellera ses refus et ses rêves sur un ton encore plus assuré !
M. B.