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Soit dit en passant

Pour toi, ce sera la cuisine !

Publié par Malika Boussouf
le 02.09.2018 , 11h00
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Jeunes et démagos. Jeunes et odieux. Jeunes et esprits chagrins. Jeunes et déjà aigris. Jeunes et plus conservateurs encore que leurs mentors. Jeunes et pisse-froid qui s’escriment à démontrer qu’ils ont intégré tous les codes, sans comprendre, parce qu’ils n’en ont pas la capacité, que ce sont les mauvais codes. 
Des codes rudimentaires destinés à laisser croire aux abrutis de leur espèce qu’ils détiennent les clefs du comportement à cultiver pour être en droit de jouer les gros bras sans se laisser déposséder d’une virilité tout juste fantasmée car en réalité précaire. Autrement dit de maîtriser tout ce qu’un homme est supposé être en droit d’exiger des jeunes filles en quête de maris. Le futur petit chef sans la moindre stature apprend, sur le tas, à exercer un ersatz d’autorité enseigné par les aînés de la famille, rompus à l’exercice du pouvoir intra-muros et applaudi par des gardiennes du temple convaincues que leur propre asservissement n’en est pas un et que leur qualité de vie est une bénédiction du ciel.   
Ces chaînes, qui tendent le micro à de sombres crétins, lèvent, sans que ce soit le but, le voile sur les ravages faits à leurs esprits par des gourous un peu moins analphabètes, mais qui le sont quand même et alertent sur la déliquescence mentale qui reflète le niveau mental d’une frange importante de la population. Imaginez des jeunes qui pensent que pour s’élever socialement, il faut faire montre de fermeté à l’égard d’épouses hypothétiques. Exiger d’elles qu’elles disposent du même talent culinaire que leurs mères, grands-mères ou vieilles tantes et démontrent qu’elles ont été bien dressées par leurs aînées essentiellement pour satisfaire les potentiels prétendants à une future union. 
Quelle tristesse ! Comment attendre d’un pays qui marche au ventre et au bas-ventre qu’il développe des réflexes identiques à ceux privilégiés ailleurs ? 
Quel triste héritage ! Il y avait, lorsque j’étais encore au lycée, cet honorable professeur d’arabe dont je n’ai jamais oublié la force qu’il mettait à nous expliquer que tous les poltrons que nous croisions dehors étaient ceux-là mêmes qui jouaient aux petits caïds chez eux. 
M. B.

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