Rubrique
Soit dit en passant

Qu’en est-il de l’obéissance ?

Publié par Malika Boussouf
le 16.06.2019 , 11h00
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Il est des comportements qui ne s’inventent pas. Ils sont spécifiques à ceux qui en sont les géniteurs. Propres à ceux qui pratiquent la prise de décision au pied levé, comme si trop réfléchir pouvait compromettre ou émousser l’autorité dont on aura saupoudré ladite décision. 
Contre toute attente, ceux qui tablaient sur le mois de Ramadhan pour gagner la partie en auront eu pour leur grade et devront, aujourd’hui, plus que jamais, revoir leur copie. Ce mois qui aurait dû dissuader les Algériens de sortir le ventre creux et s’illustrer par un essoufflement de la contestation s’est écoulé sans avoir, à aucun moment, entamé leur fermeté. Jeûneurs ou pas jeûneurs, les millions de marcheurs qui avaient occupé la rue auparavant auront renoncé à leur grasse matinée rituelle et à la sacro-sainte sieste qui précède la rupture du jeûne, pour aller à leur rendez-vous hebdomadaire devenu incontournable. Ils sont allés à la rencontre de leurs concitoyens pour donner encore plus de son à leurs slogans.  
Ce qui me frappe depuis le début du carême,  que l’on soit un vendredi ou un  mardi, le jour de sortie des étudiants, c’est la bienveillance des riverains qui ne sont pas dehors mais sur leurs balcons, à rafraîchir les courageux manifestants en les arrosant, sans discontinuer, pour les aider à tenir le coup et leur manifester leur solidarité. Je voulais me souvenir aussi de ces témoignages de sympathie et d’adhésion au mouvement populaire de la part de ceux dans l’incapacité de marcher. Le constat est émouvant lorsqu’il vous renvoie à ces années durant lesquelles chacun rongeait son frein tout en gardant ses distances avec la contestation. Chaque semaine, les Algériens se retrouvent, comme je l’ai dit précédemment, pour participer à une gigantesque thérapie de groupe. 
Ensemble, ils transcendent la peur et font front contre ceux qui s’entêtent à nier l’évidence. Solidarité, partage des tâches et communion qui ne s’expriment  que lorsque la situation exige la présence de tous. Une façon émouvante de dire que même si l’on n’est pas dans la rue, on est avec elle, parce qu’elle œuvre à émanciper et à en finir avec ceux qui alimentent le désordre.  
M. B. 

 

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