Rubrique
Soit dit en passant

Sauver ce qui peut encore l’être ?

Publié par Malika Boussouf
le 17.09.2019 , 11h00
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Chaque Algérien qui, soit bat le pavé pour se faire entendre, soit considère la rue comme une quantité négligeable et se persuade qu’elle est non représentative d’un pays qui ne demanderait qu’à se laisser guider, se réveille le matin, déterminé à en finir avec l’autre. Pas de la même façon, évidemment. Ni avec les mêmes armes. Les uns, dans une recherche de sens à leur vie, prônent la revendication pacifique. 
Les autres sont prisonniers d’obsessions. Celles d’anéantir, par n’importe quel moyen, les ennemis d’un si détestable changement dans la continuité. Je dis détestable, aujourd’hui ! Il n’est pas certain que dans un proche avenir et au rythme où évolue la situation, avec ce méchant penchant pour la répression, la liberté de le dire, en ces termes, demeure ce qu’elle est. Quel que soit, donc, le groupe social et politique auquel il appartient, l’Algérien appréciera le principe de sauvetage de la façon qui lui permettra le mieux de cultiver son souffle en collant à une réalité qui l’inspire.
Renvoyer de soi une image de tolérance et de sang-froid n’est pas inscrit au programme de qui étouffera la voix de l’autre pour hurler l’urgence de courir aux urnes. Une présidentielle dont chacun sait qui elle va servir et qui elle va avantager. En attendant, les manifestants défilent au fil des jours devant des juges qui n’auront jamais autant sévi pour pas grand-chose. 
Depuis le 22 février dernier et même quelques jours auparavant, des vidéos qui témoignent de l’effervescence qui caractérise l’actualité circulent, ici et là, par centaines et même plus. 
Parmi elles, il y en a  qui sont surprenantes par la sérénité qu’elles dégagent. Celles, par exemple, où policiers et marcheurs échangent calmement, tandis que les premiers sont en train d’embarquer les seconds. 
Les faits méritent, à mon avis, que l’on en parle. Non pas pour rendre grâce à des forces de l’ordre revenues à leur pacifisme des mois de février et mars, mais pour rendre compte de ce sentiment de sourde révolte qui règne aussi au sein de ce corps de sécurité. Il y en a qui n’ont pas envie de faire dans la démonstration de force, mais qui ne souhaitent pas forcément être démasqués. 
M. B. 

 

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