Soit dit en passant / Soit dit en passant

Se donner la mort par le feu !

Comment est-ce possible ? Il m’arrive, très souvent, d’aller faire un tour du côté des faits divers. Il n’est pas inintéressant de jeter un œil sur ce qui embarrasse au point de ne trouver de place nulle part ailleurs et rend la rubrique plus riche qu’elle n’y paraît. On y croise, sans lien aucun, l’accident de voiture qui emporte une partie du cortège nuptial dont la première concernée par la noce et sa mère. On y découvre comment irriguer des cultures avec des eaux usées est qualifié d’acte criminel, mais risque de bientôt indifférer ceux qui considèrent que cela n’arrive qu’aux autres. Mais il y a bien plus tragique encore. Au-delà de la menace que peuvent faire peser sur la société des individus sans conscience, il y a ces histoires où le suicide est banalisé, où se donner la mort par le feu et de façon spectaculaire peut passer inaperçu chez nous qui ne possédons pas la culture anglo-saxonne du fait divers. Est-ce que passer volontairement de vie à trépas perd à ce point de sa gravité ? Peut-on imaginer que l’on puisse s’immoler par le feu juste parce que l’on s’est fait confisquer son permis de conduire ? Ahurissant, non ? Comment est-il concevable que l’on mette un terme à ses jours par rejet d’une sanction aussi insignifiante comparée à tous les problèmes que nous tentons difficilement de résoudre au quotidien ? Il paraît clair qu’un acte d’une telle violence cache un malaise d’une toute autre nature. Sinon comment expliquer qu’à tout juste 30 ans, l’on en soit réduit à se punir avec une telle fureur ? La rudesse des jours qui passent sans apporter la moindre réponse au désarroi conduit à ce genre de drames. 
Le permis est juste l’élément déclencheur qui révèle combien il apparaît parfois plus aisé d’interrompre le cours de sa propre vie. Et personne ne pensera aux milliards de raisons non identifiées qui fragilisent certains itinéraires. 
Notre société en offrirait-elle davantage qu’ailleurs ? Je n’ai pas envie de le croire. Qui peut savoir comment individuellement nous les répertorions ? Heureusement, des témoins ont eu raison du brasier et sauvé le malheureux. Croyez-moi, ce billet n’était pas un coup pour rien.
M. B.