Soit dit en passant / Soit dit en passant

Troquer le foot contre les fourneaux ?

J’aimerais bien expérimenter le plaisir de regarder un match de football tandis que mon homme se tue à la tâche ! Lâches à l’extérieur, petites frappes à l’intérieur ! J’ai raconté, hier, comment l’un de ceux qui faisaient la fierté du pays avait enseigné aux filles que nous étions, pendant un cours de littérature arabe qu’il nous dispensait, pourquoi il ne fallait pas que nous cédions à leurs tentatives de nous enterrer vivantes. 
Ces chaînes de télé qui croient dur comme fer qu’elles font un travail d’utilité publique, dans la mesure où la promotion d’us et coutumes pensées par et pour les hommes est assurée, ne voient pas plus loin que l’audience à produire. Et voilà que l’hôpital apprend à se foutre allègrement de la charité et que des journaleux qui ont appris le métier d’informer dans on ignore quelle déchèterie défendent, en la prêtant à d’autres, l’authenticité de  règlements à respecter pour accéder au titre de musulmans.
 Des télés qui, sans le faire intentionnellement, renseignent dans la foulée sur les mentalités qu’une jeunesse en panne de repères va développer à titre de compensation. Les adultes, victimes d’un parcours et d’une éducation qui les auront empêchés d’appréhender et encore moins de légitimer tout comportement égalitaire, engageront toute leur énergie au service de discours qui, quoique dépouillés  d’arguments, chantent le machisme à gorge déployée. Comment espérer faire entendre raison sur des thèmes qui, par contre, inviteraient à la réflexion une catégorie d’individus convaincue au préalable que la société dans laquelle ils évoluent ne saurait se développer sans leur assentiment ?  
On mettra en exergue la parole de quelques crâneurs sans envergure dont on légitimera les propos par l’intervention brutale d’aînés qui savent au fond d’eux- mêmes qu’ils n’auraient jamais su exister sans la femme sur laquelle ils se seront acharnés tout leur parcours commun durant. A les regarder et à les entendre parler, vous vous demandez combien de celles qui les ont écouté délirer sont prêtes à se soumettre aux conditions qu’ils posent pour leur faire le triste honneur de partager leur couche.
M. B.