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Les principaux points abordés par Belmadi Deux tests importants

Publié par Mohamed Bouchama
le 09.10.2019 , 11h00
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©Fateh Guidoum / PPAgency

Durant son allocution introductive, le sélectionneur national s’est expliqué sur l’importance des deux rencontres amicales durant ce mois d’octobre, soit à un mois exactement de la première sortie officielle des Verts en qualifications de la CAN-2021.
Belmadi rappellera que ces deux tests vont aguerrir davantage sa team, privée le mois dernier d’un second match amical prévu dans le plan de préparation de la sélection en vue des prochaines échéances. «Cette fois, on a la possibilité de faire deux matchs de bon niveau. La majorité des joueurs va pouvoir jouer et montrer ce dont ils sont capables et qu'ils peuvent prétendre à une place de titulaire», souligne le driver de l’EN qui pense que «les absences au sein de l’équipe de la Colombie ne signifient pas que cette équipe sera amoindrie. Ce ne sont pas deux individualités qui font qu'elle sera moins forte», assure Belmadi qui pense que «c'est une bonne possibilité de connaître notre valeur en dehors de l'Afrique. C'est une équipe athlétique, on l'a vue récemment contre le Brésil dont le jeu se caractérise aussi par la vivacité». Concernant l’adversaire de ce jeudi à Blida, Belmadi fera savoir que «le RD Congo a changé d'entraîneur avec le départ d'Ibenge. L'effectif a aussi joué avec le retour de Mbokani (finalement forfait pour les matchs tests, ndlr). Ils ont un attaquant prolifique (Mbokani est meilleur buteur du championnat belge, ndlr). Ils sont très techniques. Le plus important, c'est nous-mêmes. J'attends beaucoup de nos joueurs», note-t-il. A la question de savoir si les adversaires de ce mois d’octobre répondent au profil des prochains adversaires des Verts en qualifications de la CAN-2021 (Zambie et Botswana), Belmadi pense qu’«il y a des similitudes entre RDC et Zambie», non sans préciser qu’en Afrique, «c'est difficile de programmer des rencontres. C'était un peu notre faute d'avoir raté la date de septembre».

Belyacine a «les compétences»
A propos du nouvel organigramme de la sélection, dans lequel il cumule le poste de sélectionneur et celui de manager général, Djamel Belmadi tiendra à éclaircir les choses. «Je suis avant tout sélectionneur. Pour moi, le terme de manager n'a pas la même définition que pour vous. On a fait de la promotion interne comme Brahim Belyacine qui avait besoin de s'exprimer», dira l’entraîneur algérien qui indiquera que «Brahim Belyacine va mettre ses compétences dans le management». Pour la précision, Belyacine s’occupera du volet administratif de la préparation des stages de l’EN.

«Je ne suis pas l’entraîneur des locaux»
A la question de savoir pourquoi il n’a pas voulu assumer la mission de coach de l’EN A’, Belmadi fera cette précision de taille. «Quand j'ai signé mon contrat, il n'a jamais été question de ça. Le fait que j'ai pris des locaux en décembre dernier contre le Qatar a pu laisser croire que c'était les A' mais ça n'a rien à voir», répliquera Belmadi qui annonce qu’il sera présent au Maroc avec cette équipe des locaux aussitôt le stage de l’EN A terminé.

La CAN a laissé des séquelles
Durant son intervention, Djamel Belmadi a également abordé le problème récurrent des blessures de nos internationaux. Il expliquera que cette cascade de blessures est le résultat logique d’un manque de répit pour les joueurs qui sont constamment sollicités et par leurs clubs qui les emploient et par les équipes nationales qui jouent ou préparent des matchs internationaux. «Je ne sais pas si tous les joueurs n'ont pas eu assez de repos après la CAN. Certains ont eu plus de temps. Bounedjah, par exemple, n'a pas eu de vacances. Et c’est pourquoi son rendement est moindre et les risques de blessures fréquents. Je constate que le mois d'octobre est propice aux blessures. Delort est, par exemple, un joueur généreux qui travaille beaucoup pour l'équipe d’où son engagement parfois excessif qui lui cause du tort. Seulement, moi je n’ai pas peur des blessures. Elles font partie de la vie des sportifs. Il faut juste savoir comment anticiper leur remplacement», affirme Djamel Belmadi qui laisse supposer que la CAN d’Egypte a laissé des séquelles.

Une «nouvelle chance» pour Hassani
Sur la liste conviée à ce stage d’octobre, l’entraîneur algérien a insisté sur la continuité qui doit prévaloir durant cette phase qui intervient quelques semaines après un grand rendez-vous (CAN) et avant d’autres challenges tout aussi importants (qualifications à la CAN-2021 et au Mondial-2022). Ce qui explique la confiance renouvelée à l’ossature qui a fait la campagne d’Egypte-2019. A propos des nouveautés, Belmadi s’est prononcé sur le retour du défenseur Ilyas Hassani qui est retourné cette saison en Bulgarie après une expérience malheureuse au Qatar. «Hassani n'a pas eu souvent sa chance. Il a mal démarré en sélection dans un match à l’extérieur (face à la Zambie en septembre 2017, ndlr). Pour moi, c'est un jeune joueur intéressant. C'est à lui de valider sa place sur ce stage», confie-t-il.

«Heureux pour Slimani»
S’il y a des hommes sur lesquels Belmadi ne tarit pas d’éloges, c’est bien l’attaquant de l’AS Monaco, Islam Slimani, et celui de Montpellier, Andy Delort. Pour plusieurs raisons dont l’entraîneur des Verts connaît les contours. «Slimani marche sur l'eau. Il fait des choses exceptionnelles dans une équipe moribonde. C'est le pari d'un entraîneur (Jardim, ndlr) qui le connaissait. Il est le n°1 au milieu des vedettes. Je ne suis pas étonné. Avec sa mentalité, il ira vers le record de Tasfaout», reconnaît Belmadi qui avait lui-même tenté et gagné le pari d’emmener l’ex-joueur de Fenerbahçe, où il était mis en quarantaine, à la CAN-2019 en dépit des critiques et des incertitudes. Pour le Montpelliérain, Belmadi continue d’être dubitatif face à l’envie de l’ancien joueur des Tigres du Mexique. Après avoir raconté la manière de l’intronisation « accidentelle» de Delort chez les Verts, Belmadi déclinera la volonté avec laquelle cet attaquant se présente dans les stades de la sélection nationale. «Delort avait voulu jouer pour la première fois titulaire en Algérie. Il avait vraiment envie de venir jouer», dit Belmadi qui regrette la «malchance» qui frappe le joueur de MHSC depuis qu’il a rejoint les Verts.

Le choix de Lille en question
Beaucoup de choses ont été dites à propos de la domiciliation du match Colombie- Algérie à Lille. Certains ont même fait part d’un choix dicté par les sélectionnés pour la plupart nés en France. Pour l’entraîneur des Verts, la question est purement d’ordre organisationnel même s’il est vrai que la ville en question est un bastion d’une forte communauté algérienne. «L'organisation des matchs internationaux est très compliquée. Parfois, il faut se décider rapidement au risque de perdre la possibilité d'une telle rencontre comme celle face à la Colombie», fera savoir d’emblée Belmadi qui ironisera par une belle interrogation : «Imaginez la Colombie à Tchaker ? Jamais ils n’auraient accepté.» Pour M. Belmadi, qui avoue que ce n’était pas évident de trouver une ville française «accueillant» cette explication entre deux grandes équipes de deux continents «évoluer en France, c'est bien pour notre communauté mais c'est bien aussi pour notre sélection de jouer à l'extérieur. Le match se jouera à guichets fermés. Les billets se sont écoulés en deux jours, ça montre l'amour des Algériens pour leur équipe. C'est unique !» Et d’interpeller les fans des Verts afin que la rencontre se tienne dans les meilleures conditions. «J'ai juste envie d'envoyer un message : que les supporters profitent. Ils auront une équipe qui va les rendre fiers, qui va jouer à fond et que, de leur côté, tout se passe bien, sans le moindre incident, un peu à l'image de ce qui se passe tous les vendredis au pays», soupire-t-il. Pour autant, Belmadi croit que l’épisode de 2001 au stade de France ne se reproduira pas. «Je n'ai aucune appréhension même si j'ai en tête ce qui s'est passé au Stade de France en 2001. Je suis surtout heureux de retrouver le public après notre sacre, être fier de quelque chose qui se passe en Algérie, au moins dans le sport.»

Pas de «liste noire»
Une fois de plus, Belmadi réplique aux «accusations» portant sur l’existence d’une «liste noire», celle où sont cochés des éléments indésirables pour différentes raisons. Belmadi donnera de nouvelles explications à ce sujet en rappelant que «quand je dis qu'il est difficile de rentrer dans le groupe, c'est quelque chose de positif. Si, à chaque stage, il y a des joueurs qui rentrent ça veut dire qu'il n'y a pas de résultats. Il y a un groupe qui a gagné la CAN. On a même deux équipes et c’est dur de changer.» Pour le sélectionneur algérien, l’absence de certains joueurs est «motivée» par leur niveau de jeu en club. Sinon qu’eux-mêmes n’ont pas donné de signes positifs pour le convaincre de les cocher dans ses listes. «Il y a plein de joueurs qui peuvent prétendre rentrer dans le groupe. Soudani a beaucoup donné en sélection mais il est en concurrence avec Brahimi, Belaïli, Benrahma. Belkebla aussi est en concurrence. On le suit, il n’est pas du tout blacklisté. Un jour, il reviendra sans doute. C’est pareil pour Lekhal qui n'est pas encore revenu de blessure totalement», répond-il en nuançant, toutefois, ses propos quand il «commentera» le cas de Fawzi Ghoulam qu’il n’a pas retenu depuis que le Napolitain a sollicité une «dispense» de la CAN-2019 «pour préparer» son grand retour à la compétition durant l’actuel exercice. «Je ne fais de croix sur personne. Comment ne pourrait-on pas suivre Ghoulam ? Je le suis et je communique même avec lui. Il y a des retours qui ne sont pas toujours adéquats. J'ai été le voir quand son genou était en vrac. On lui a tendu la main mais le retour...», affirme Belmadi avec un certain pincement au cœur comme pour dire que ses tentatives de faire revenir en sélection l’ancien capitaine des Verts butent sur l’intransigeance du joueur, probablement ses conseillers parmi les membres de sa famille. Et d’aiguiser un peu plus sa pensée à ce sujet : «Je n'ai aucun problème personnel avec lui. Si je ne le sélectionne pas, c'est pour l'équipe nationale.» Belmadi n’omettra de revenir sur sa dernière déclaration où il faisait savoir que les joueurs recalés sont des «perturbateurs», assurant qu’il regrette de les avoir qualifiés de la sorte, Belmadi tient à préciser le fond de sa pensée. «C'est juste que certains joueurs avaient pris de mauvaises habitudes. Ils voyaient les sélectionneurs passer et avaient toujours les mêmes comportements. La plupart ont changé de comportement. D'autres ne le voulaient pas ou ne le pouvaient pas» et sont donc écartés de ses choix.

Aouar, Adli et Aït Nouri doivent se déterminer
L’autre question qui «gangrène» le débat sur l’actualité de la sélection a trait à la «situation» de quelques jeunes footballeurs franco-algériens que l’Algérie veut enrôler chez les Verts. Là aussi, Belmadi tient un discours «réaliste». «Je ne veux pas leur faire du tort mais est-ce que ces joueurs veulent revenir ?», s’interroge le technicien algérien qui a abattu ses cartes concernant la «sélectionnabilité» de certains d’entre eux fréquemment cités par les médias sans que ces «spéculations» aboutissent. «On nous cite Aouar, Aït Nouri et Adli. Aouar est en équipe de France. Oui il n’a pas encore joué, donc il est encore sélectionnable. Mais a-t-il renoncé à son statut en équipe de France ? Mis à part Rachid Mekhloufi et les joueurs du FLN qui étaient en équipe de France et ont renoncé à disputer le Mondial-1958 pour rejoindre l’Algérie qui est ce footballeur qui a arrêté avec la France pour venir avec l'Algérie ? Si ça se fait ce serait une première. Moi je dis pourquoi pas mais…», lâche Belmadi qui invite les journalistes à aller à la rencontre de ces joueurs pour arracher une réponse claire et définitive. «Evidemment que ce sont des Algériens et qu'on est intéressés mais ils sont en équipe de France ! Allez les voir eux, posez-leur la question à eux ! Soit ils vous disent oui on vient, soit ils vous disent non ou qu’on est en stand-by... Il faut arrêter de les citer...». Belmadi a certainement en tête la manière avec laquelle l’ancien Lyonnais Nabil Fekir a «dribblé» la FAF en donnant son «ok» pour jouer au profit de l’Algérie avant de se rétracter quelques heures plus tard. «Si un de ces joueurs vous dit à vous oui je veux venir en équipe d'Algérie et que vous me ramenez les preuves, OK. Ces joueurs savent très bien qu'on est intéressés par eux mais il faut qu'ils disent oui !», conclut-il, non sans rappeler que l’équipe nationale a acquis un certain standing qui doit lui permettre de prendre les meilleurs. Il citera l’exemple du jeune défenseur de l’équipe réserve de Liverpool, Larouci, qu’il dit suivre et a qui il souhaite une arrière florissante mais qui n’est pas encore apte à faire partie de l’EN A. «Avec tout le respect que j'ai pour lui et en espérant qu'un jour il deviendra un grand joueur, un peu de respect pour notre sélection !», déclare Belmadi.
M. B.

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