Sports / Sports

Au lendemain de son élimination de la ligue des champions d’Afrique

Que reste-t-il au MCA ?

Un billet des quarts de finale de la LDC offert à l’ESS, un honneur perdu qui incite les fans à reprendre leur boycott et leurs boutades. Le MCA qui avait nourri trop d’ambitions pour le nouvel exercice est à la croisée des chemins. Une sorte de malédiction qui se réinstalle sans que personne ne sache où va le Doyen…
L’aventure se termine donc pour Casoni et ses joueurs en Ligue des champions d’Afrique, épreuve durant laquelle ils ont connu des joies et des déceptions. Beaucoup même durant cet été qui aura laissé des traces sur les visages et dans les esprits. Bien qu’ils aient été lancés sur de bonnes bases pour accompagner les Corbeaux du TP Mazembe (RD Congo) en quarts de finale de la LDC, les Mouloudéens ont fini bons derniers d’un groupe pas si «imprenable» que ça. Des regrets, Casoni et ses joueurs en auront certainement, eux qui avaient cédé au moment où il ne fallait pas.
En quatre rencontres disputées entre le 17 juillet et le 28 août (Lubumbashi, Blida, El-Jadida et Alger) les Vert et Rouge n’ont, en effet, récolté qu’un petit point inscrivant deux buts par le seul Walid Derrardja. Un long passage à vide qui a profité à l’ESS qui avait manqué ses débuts dans cette épreuve concédant deux défaites consécutives respectivement face au TPM à Lubumbashi et le MCA à Sétif.
Avec 0 point dans leur escarcelle et un effectif complètement remodelé pendant l’été, personne n’accordait de crédit à une éventuelle «remontada» de l’Aigle noir de Aïn Fouara. Le Mouloudia d’Alger qui a conservé l’essentiel de son effectif se présentait comme étant l’incontournable dauphin de cette poule B qui, au lendemain de la troisième levée, semblait avoir aussi condamné les Marocains d’El-Jadida, auteurs d’une nouvelle défaite (face à l’ESS à Sétif) après celle concédée à domicile contre le TPM (2e journée).
Que s’est-il donc passé pour que le favorissime MCA retombe dans ses travers et passe à la trappe à l’heure des cueillettes ? Beaucoup de choses certainement ont précipité l’équipe algéroise dans ce précipice que ses fidèles fans avaient prédit à la lumière d’une fin de saison 2017-2018 calamiteuse et une intersaison où l’effet d’annonce a favorisé l’effet boomerang.
Kamel Kaci Saïd qui se targuait d’avoir arraché les « meilleures affaires » sur le marché des transferts semble s’être lourdement trompé. Le Bourdim de la Saoura n’est plus qu’un fantomatique footballeur qui a du mal à porter l’étendard chargé d’histoire du Mouloudia, la triplette d’émigrés (Hachi, Mamoun et Chaïbi) n’est opérationnelle que par à-coups alors que l’autre merveille recrutée pendant l’été, Zakaria Haddouche, n’avait pas le droit d’exercer ses talents en Afrique du fait qu’il a déjà consommé sa licence sous les couleurs de l’ESS. Un «drame» pour un club qui se dit structuré du fait qu’il soit patronné par des compétences affectées par la Sonatrach. Une «institution» qui n’avait pas prévu de plan de recrutement et qui, de surcroît, n’a pas daigné consulter celui qui a exprimé les besoins de renforts estivaux.
Casoni, puisque c’est de lui qu’il s’agit, qui s’est longuement muré dans son silence, a fait «éclater» cette vérité la veille du match face à l’ESS en assurant qu’il n’a pas été consulté sur l’ensemble des recrues. De quoi rouvrir le débat : qui doit recruter et sur quels critères ? Au Mouloudia, comme d’ailleurs au niveau des clubs algériens, la question n’a pas lieu d’être.
On place toujours la charrue avant les bœufs. Puis, on critique et on limoge à tour de bras. KKS avait-il mandat de recruter des profils qui ne cadraient pas avec les besoins de l’entraîneur ? En sa qualité de DGS (directeur général sportif), il a plutôt agi dans la précipitation «conditionné», faut-il le souligner, par l’hésitation de Casoni à renouveler son bail. Le technicien français a, en effet, fait durer le suspense jusqu’au bout quant à cette question de contrat à renouveler. Les négociations ont mis du temps, facteur que Kaci Saïd n’a pu maîtriser pour mener à bien son «mercato estival». A telle enseigne qu’il a dû contracter avec la triplette d’émigrés (Hachi, Mamoun et Chaïbi) à la veille de la seconde manche face aux Congolais du TP Mazembe (1-1 à Blida).
Soit quelques heures avant que la CAF ne verrouille sa «banque de données» et quelques jours avant la fermeture du marché des transferts en Algérie. Une responsabilité partagée, donc ? Casoni assume : «Si c’est moi le problème, je m’en irai», a-t-il laissé entendre. Quant à Kaci Saïd, désormais «piloté» par Hirèche, lequel est conseillé par Betrouni et Benchikh, son avenir au MCA est en pointillé.
Les supporters qui l’avaient élevé, comme Casoni d’ailleurs, au rang de héros l’ont descendu en flammes à l’issue du match face à Sétif. Comme ses prédécesseurs, particulièrement Omar Ghrib, son sort dépendra du bon vouloir de la… rue.

Une réunion d’urgence provoquée hier
Kaci Saïd et Casoni chez Hirèche

C’est l’état d’urgence au sein du club doyen. Hier, le staff dirigeant conduit par Mohamed Hirèche a convié le DGS, Kamel Kaci Saïd et l’entraîneur en chef de l’équipe première, Bernard Casoni à une rencontre durant laquelle la situation des Vert et Rouge a été discutée.
La réunion qui était prévue en fin d’après-midi devait aboutir à quelques décisions importantes pour l’avenir du club de la capitale. Des explications seront données par chaque partie et des changements seront envisagés. A suivre.
M. B.