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Walmart lance la traçabilité alimentaire de produits frais via la blockchain

Publié par Abdelkader Zahar
le 04.10.2018 , 11h00
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Par Abdelkader Zahar
Le géant américain de la grande distribution Walmart exigera, dès la fin janvier 2020, des entreprises de production californiennes de produits frais, telles que Dole, Taylor Farms et Fresh Express, d’intégrer une chaîne d’approvisionnement basée sur la technologie blockchain. La démarche vise à instaurer une traçabilité des produits en «quelques secondes». Elle fait suite à la contamination, en mai dernier, de laitues romaines par la bactérie E. coli qui a fait 5 morts et 205 personnes atteintes dans 36 Etats des USA.
Le recours à la technologie blockchain pour assurer la traçabilité des produits n’est pas une première pour Walmart, mais le processus semble s’accélérer pour retracer la source des maladies d'origine alimentaire. Le géant américain expérimente depuis plusieurs années déjà, à Watsonville (Californie), un programme pilote de chaîne d’approvisionnement basée sur la blockchain impliquant de grandes entreprises alimentaires telles que Nestlé, Danone, Unilever et Driscoll. En décembre 2017, IBM, Walmart et JD.com, le détaillant chinois coté au NASDAQ, et le laboratoire national d’ingénierie de l’Université Tsinghua, avaient annoncé une collaboration pour améliorer le suivi des aliments et la sécurité en Chine. L’initiative visait à appliquer la technologie blockchain pour la traçabilité, hors ligne et en ligne, des aliments pour les consommateurs. Le 25 septembre 2018, Walmart annonce donc que dès la fin janvier 2020, ses fournisseurs de produits frais seront dans l’obligation d’assurer une traçabilité instantanée des fruits et légumes. «Nous demandons à nos fournisseurs de légumes frais de retracer leurs produits à la source, dans les fermes, en quelques secondes et pas en quelques jours ou semaines», a déclaré Frank Yiannas, viceprésident de Walmart pour la sécurité alimentaire, cité par le Los Angeles Times. Selon la même source, la décision de Walmart «pourrait bouleverser la manière dont l’industrie des produits frais contrôlera ses lignes d’approvisionnement - un système qui est en retard non seulement sur «l’ère numérique » du siècle dernier, mais aussi sur l’ère actuelle des dispositifs intelligents connectés et des capacités de cryptage des données commente le journal. Pour Frank Yiannas, vice-président de Walmart pour la sécurité alimentaire, «le moment est venu de trouver un meilleur moyen de résoudre le problème de la traçabilité des aliments» pour faire face au «solide dossier de santé publique» qui se pose aux Etats-Unis. Le Los Angeles Times rappelle à ce propos, citant des sources sanitaires, qu’il y a environ «900 épidémies de toxi-infection alimentaire chaque année» aux Etats-Unis, «causant au moins 152 milliards de dollars en coûts de soins de santé, en perte d'heures de travail et en denrées alimentaires chaque année».
Un changement «plus culturel que technologique»
La nouvelle démarche de Walmart concerne particulièrement les producteurs de laitue et d’épinards. «De la ferme à la blockchain», titre le New York Times en annonçant la décision du géant de la distribution. Pour le Los Angeles Times, le recours à la blockchain sera «plus culturel que technologique » pour les fournisseurs. Les données propriétaires des producteurs seront stockées dans un espace centralisé qui doit être protégé contre le piratage. Il s’agit de créer un site Web (et/ou une application mobile) dans lequel chaque participant fournisseur «partage et vérifie des informations limitées, liées par des codes cryptés complexes». Le premier bloc de la chaîne «proviendrait de producteurs fournissant des informations via des smartphones ou, dans certains cas, via des boîtes et des étiquettes pré-imprimées. Ensuite, les sociétés d’emballage et les transporteurs saisiraient des informations sur chaque lot de produits qu’ils traitent pour passer dans les camions avant de le verser dans le système de distribution de Walmart», explique le journal. «Chaque mouvement est connu des autres parties, qui doivent vérifier l'activité dans un système dans lequel personne ne sait tout, mais tout le monde connaît chaque mouvement». Citant des experts, le journal estime que la «conversion à la blockchain pourrait offrir beaucoup plus que des avantages en matière de sécurité alimentaire ». «Il pourrait accélérer le paiement des entrepreneurs, aider les entreprises à apprendre quels produits ont la meilleure durée de conservation et offrir aux consommateurs un aperçu de la manière dont un produit a été cultivé et récolté».
A. Z.

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