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Alphabet made in bladi(2)

Publié par Youcef Merahi
le 17.07.2019 , 11h00
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K, comme koursi. Le koursi, chez nous, n’est pas seulement un artifice d’utilité temporaire. Il est plus que cela. C’est un totem. Une idole. Une fin en soi. Un emblème. La clé du trésor. Sauf qu’il y a des retours de manivelle difficiles à avaler. Car le koursi est synonyme de corruption. Je crois qu’il est utile, pour ma chronique, de tenter un néologisme : koursieur. Les koursieurs sont légion en Algérie. Dès que le koursieur pose son popotin sur le fameux koursi, il ressent une jouissance, à niveau du nirvana, qu’il s’y accroche, au mépris de toute éthique. De toute morale. De tout bon sens. Aussi, le koursieur grenouille. Et broute. Et goûte toutes les herbes. D’ici et d’ailleurs. Puis, le koursi est comme la fameuse pile Wonder de mon époque, qui ne s’use que si l’on s’en sert. Attention, ce n’est pas n’importe quel koursi. Ce dernier est ergonomique. Il épouse les contours qu’il faut. Il maintient les lombaires. Et ceinture le dos. Peu importe donc l’âge du koursieur, il se tient droit. Et quand la mauvaise fortune survient, parce que la mauvaise fortune arrivera bien un jour, le koursieur sécrétera, de tous les pores de son corps, toutes les maladies liées au koursi. Aux dernières nouvelles, les koursieurs se sont donné rendez-vous à El-Harrach.
L, comme « leska ». De la glu, en somme. Pas n’importe laquelle. De la super. De la solide. De l’increvable. De la très bonne marque. Oui, la leska qui colle tout. Toutes les matières. Du caoutchouc. Du plastique. Du zinc. De l’argile. De l’aluminium. De la leska, bien de chez nous. Il faut penser à son exportation. Puis, il n’est pas donné à n’importe qui de s’en servir. Cette leska est réservée à une certaine classe. Ouais, ceux de la « Haute ». Principalement, les koursieurs. Au premier regard sur le koursi, il pense déjà – avant de s’y poser – de l’enduire de cette leska algérienne. De peur de se faire déloger. Mais le peuple a trouvé l’antidote. Oui, ce peuple existe dans notre contrée. Il a longuement réfléchi. Des années et des années. Mais le peuple a réussi une trouvaille géniale : le « dégagisme ». A coups de « dégages » pacifiques, le peuple récupère presque tous les koursis squattés. O miracle, la leska ne tient plus. Elle n’est pas aussi futée qu’on le dit, cette leska ! 
M, comme Mahrez. Mahrez, le bien-nommé ! Ce footeux, talentueux à souhait, a mis la « nervaza » algérienne de côté dans son jeu. Et a épousé le flegme anglais. Son pied magique a rendu un peuple heureux, le temps d’un match de foot. Ce que nos gouvernants n’ont pas réussi à faire depuis 62. Coup franc. Il prend d’autorité le ballon. Tire. Et propulse notre équipe nationale en finale. Tenez-vous bien, à une seconde du sifflet final. Mahrez m’a rendu heureux, je le dis franchement. C’est ça un grand joueur. Celui qui marque au bon moment. Celui qui sauve son équipe. Cette équipe a de l’allant. Du charme. De la niaque. Je lui prédis une finale victorieuse. Je fais un aveu public : la qualification de l’équipe nationale est la plus belle nouvelle depuis 1999. L’insinuation est à peine voilée ; c’est du moins mon sentiment. 
N, comme « Noun ». Ce n’est pas seulement un caractère, c’est aussi une librairie du même nom : « Espace Noun ». Il y a déjà quelques années de cela. Un espace culturel parti pour être à la pointe. Malheureusement, nos amis Nacéra et Kiki n’avaient que leur volonté pour ce faire. Le nerf de la guerre faisait défaut. Nacéra et Kiki ont essayé. Le livre ne nourrit pas son homme. Le livre ne fait pas recette. On parle, dès lors, de déficit de lecteur. Mais, la faute à qui ? D’aucuns prédisent la mort du livre, version papier. C’est leur droit ! Nacéra et Kiki ne seraient pas d’accord, malgré leur expérience malheureuse. Je ne vois pas les gens lire sur des tablettes. Ou sur mobile. Les jeux font fureur. Au point où il m’arrive de penser que nos potaches ne font que s’amuser en classe. Revenons à l’Espace Noun ! Il y avait un air de liberté. De la bonne musique. De la convivialité. De la poésie. Des rencontres. Puis, le bail a atteint le point de non-retour. Dès lors, Nacéra et Kiki ont fait contre mauvaise fortune bon cœur. Voilà, l’histoire d’une librairie en deux mots. Mais l’histoire des femmes et des hommes, comme eux, ne s’arrêtent pas sans lutte quotidienne. 
O, comme ordre. L’ordre, c’est bon. Pourvu qu’il ne soit pas tyrannique. Qu’il ne va pas à l’encontre de la volonté populaire. Qu’il ne puise pas ses racines de la volonté d’un seul homme. L’ordre ne peut répondre qu’à un contrat social. Sinon, il va droit vers une dictature. Hitler a mis de l’ordre chez lui. Tout comme Staline. Au prix de quoi ? De la vie humaine. Tout simplement. L’ordre relève d’un consensus global. L’ordre inique formule le désordre. Ça ne peut relever de la puissance d’un seul homme. L’ordre est populaire, ou il n’est pas. Ça relève du bon sens. En ce moment, je ne le vois pas, ce bon sens. Et les ordres intimés peuvent dégénérer. A Dieu ne plaise ! 
P, comme patate. Chez nous, on dit « batata ». On dit que les Allemands sont les champions de la patate. Et les Belges, les champions de la frite. Au point où on parle de friterie. Ouais, ya kho ! Et nous, sommes-nous champions de quelque chose ? Je vous le donne en mille. Nous sommes champions des « frit’omelette ». Un « frit’omelette », un ! D’un coup, d’un seul, l’assiette tombe. Une bonne assiette. Bien servi. Les œufs lient les patates entre elles. Et de l’huile, cuite et recuite, rajoute au charme du plat. De la viande ? Non, inutile ! Il suffit d’une bonne cuillerée d’harissa. Du pain, beaucoup de pain. 
Et le tour est joué ! Il faut donc crier haut et fort, nous sommes les champions des « frit’omelette ». Le chawarma n’a qu’à aller se rhabiller. Ainsi que le « houmous » syrien. Au fait, avez-vous remarqué la mode des restos syriens ?
Q, comme Q. Je ne veux pas me mêler de ces histoires de Q ! Désolé, c’est comme ça. Et pas autrement !
L’alphabet est inachevé. J’y reviendrai très certainement. En attendant, la finale est pour vendredi. Tiens, tiens, un vendredi ! Djibouha ya laoueled ! Mais, je ne connais pas la date de la grande finale entre l’Algérie officielle et l’Algérie populaire.
Y. M.

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