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Tendances

Tout compte fait

Publié par Youcef Merahi
le 05.09.2018 , 11h00
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Tout compte fait, « à quelque chose, malheur est bon». L’épidémie de choléra a fait réfléchir tout le monde. Ouf, enfin on se rend compte que la saleté nous environne. Nous encercle. Nous fait le bras d’honneur. On se rend compte que l’on vit au milieu de la saleté. Juste un chouia de choléra, hop ! Tous les Algériens ont l’air de se réveiller. Y compris ceux d’en haut. Maintenant, le constat est fait de manière définitive. Il ne suffit plus de jeter la pierre à quiconque, notamment à l’incivisme de la société. Cet incivisme fait partie du constat. Ça soulage de dire que nous sommes tous responsables. C’est un raisonnement bidon. Il y a une réglementation en la matière. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de les appliquer sur le terrain. Qu’un ministre pointe du doigt, sans réfléchir, le manque de civisme du citoyen ne règle en aucune manière le problème ! A titre individuel, nous avons tous le sens civique. Il faut le dire. Et le redire. C’est justement collectivement que ça coince. Le citoyen est incivique. La puissance publique est laxiste, à mourir. C’est un peu le cas des parkingueurs ; qui peut les déloger, maintenant ; les portions de trottoir sont devenues leur propriété. Comme la paix sociale est toujours sur le viseur, les pouvoirs publics, à force de tergiverser, proposeront l’autre joue. C’est pareil pour la saleté ! Que le pollueur paie, un point c’est tout ! Juste pour finir avec ce choléra qui nous colle à la peau, je voudrais dire que je suis rassuré (!), désormais. Le ministre de la Santé m’a rassuré, ainsi que le ministre de l’Eau, ainsi que le ministre de l’Agriculture. Je suis totalement rassuré. Je n’ai plus aucune crainte. Je voyais la pastèque et le melon d’un mauvais œil. Comme je voyais le robinet me proposer un filet de vibrion. Ça y est, je suis rassuré. Je consomme l’eau du robinet. Je mange à satiété la pastèque et le melon. Puis, au moindre problème, le sbitar du coin est prêt à m’accueillir. Voyons, la boucle est bouclée ! 
Un «front populaire» est sur le point de naître. C’est suite à l’appel du Président. C’est cela, même. Le Front de libération nationale ne suffit-il plus ? Où est le dilemme ? Ça fait des mois que j’entends dire que le FLN était tout, qu’il ne peut y avoir d’Algérie sans le FLN. Qu’il a libéré le pays. Qu’il a construit le pays. Qu’il a développé le pays. Qu’il a soudé la nation. Et voilà qu’un autre front populaire risque de voir le jour. Un sur-front, dirais-je ! Ce FP est là pour «préserver la stabilité et la sécurité nationales…» De quelle stabilité parle-t-on ? De quelle sécurité ? Où voit-on l’instabilité ? Quant à la sécurité, elle n’est en danger que par ceux qui écument, encore, les maquis. Le peuple, meskine, compte ses fins de mois. Il n’a tranché en rien. Encore moins pour le cinquième mandat ! Ce «front populaire» me rappelle, à quelque chose près, le «Sendouk tadhamoun». Donner sans contre-partie, voilà le fin mot de l’histoire. Pour la sécurité, il y a des institutions. Pour la stabilité, il y a des institutions. Pour la corruption, il y a des institutions pour cela. Pour le cinquième mandat, il y a les urnes. Encore faut-il qu’elles reflètent la réalité du vote ! Sinon, c’est du bla-bla de derrière les fagots. 
Les morts n’arrêtent pas de mourir sur nos routes. Les permis de conduire se retirent avec une dextérité étonnante. Il faut déplorer l’hécatombe routière. Et encourager la sévérité dans le cas du retrait. J’ai cru comprendre, il y a de cela quelques mois, qu’un permis à points allait voir le jour. Et qu’il allait régler tous les problèmes routiers, y compris l’incivisme de l’automobiliste. J’ai émis des doutes, en temps utile. Puis, le temps a passé. Les routes sont toujours meurtrières. Et le permis à points tarde à montrer le bout de son nez. C’est un phénomène propre à l’Algérie officielle : on s’emballe pour un dossier, on est tout feu tout flamme, on fait dans l’agitation, on fait dans l’activisme, on brasse de l’air à gauche et à droite, on sonne l’alerte ; puis, graduellement, tout rentre dans l’ordre du ronronnement bureaucratique. On ne sait plus ce qu’il se passe. Que devient le permis à points ? Je souhaiterais juste un petit mot d’explication. Et merci d’avance !
J’ai ouï-dire que «la France a peur de l’arrivée du choléra sur son sol». La France a raison. Une épidémie n’a pas de frontières. Ça les traverse sans visa. Tout le monde sait ça. Sauf qu’en France, il n’y a pas une source qui s’appellerait Sidi-el-Kebir. Les pastèques ne sont pas arrosées avec les eaux d’égout. Ni les melons. Ni aucune culture, du reste. Sauf qu’en France, il y a de la prospective. Et des dispositions précises applicables d’urgence, en cas de soucis de santé publique. Sauf qu’en France, les hôpitaux sont aux normes internationales. Qui se souvient du ministre de la Santé qui avait déclaré, toute honte bue, que nos hôpitaux pouvaient être assimilés aux hôpitaux américains ? C’est juste une parenthèse ! Une petite parenthèse ! Le choléra n’ira pas en France. Il y a trop de propreté, là-bas. Il y a trop de fleurs. Il y a trop de parcs publics. Il y a trop de politesse. Il y a trop de civisme. Il y a trop de médecins. Comment voulez-vous que le choléra puisse avoir le courage de se rendre en France ? Le choléra est une maladie des sous-développés. Je vois d’ici des Algériens me traiter de «hizb França». Vous qui êtes des «onetoutristes», faites le serment de ne plus vous rendre en France ! Et basta. 
Madjer est parti. Belmadi le remplace. C’est bien qu’on ait opté pour Belmadi. A priori, il a de l’envergure. Puis, on verra avec les résultats. C’est ce qui compte, non ? Les résultats, il n’y a que ça d’important. On veut de la gagne. Belmadi choisit son équipe. C’est naturel. C’est lui l’entraîneur. Comme on est trop pressé en Algérie, on trouve déjà à Belmadi des défauts. Il donne la priorité aux professionnels. De là-bas ! Et alors ? A sa place, si je pouvais faire jouer Ronaldo, je l’aurais fait. Sans état d’âme ! Parce qu’il est l’entraîneur. Et il veut gagner ! Belmadi est un professionnel, il sait ce qu’il fait. Qu’on le laisse bosser ! Puis, on verra. Dans chaque tête d’Algérien, il y a une équipe nationale. Chaque Algérien est un entraîneur potentiel. C’est un drame, wallah. Chaque Algérien est spécialiste. En tout. Pour tout. En médecine. En football. En musique. En mécanique. En astronomie. En philosophie. En religion (là, il y a des exégètes émérites). En harga. En droit. Il suffit de tendre l’oreille, vous serez convaincus. C’est comme ça qu’on tue le temps dans nos contrées. De disséquer tous les domaines. Sans n’en maîtriser aucun. Tout compte fait, je fais le spécialiste, moi aussi.  Mea-culpa !
Y. M.

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