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LES RÉVÉLATIONS DE Me FAROUK KSENTINI Comment Ould Abbès a été mis en prison

Publié par Abla Chérif
le 15.08.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

Les jours qui passent lèvent progressivement le voile sur les incroyables affaires anti-corruption qui se succèdent. Celle qui concerne Djamel Ould Abbès nous est révélée ici par son avocat.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Me Farouk Ksentini tient, de prime abord, à s’expliquer : «Je n’accuse pas, je ne condamne pas, je relate uniquement ce qui s’est passé.» Tout commence à la mi-juin dernier, lorsque la justice fait parvenir à l’ex-tout-puissant patron du FLN une convocation l’invitant à se présenter le 7 juillet à la Cour suprême.
Djamel Ould Abbès traverse à ce moment une zone de turbulences intense qui a déjà happé deux anciens Premiers ministres et trois ex-ministres. Sa famille s’est déchirée. Son fils, Mehdi, a été incarcéré à la prison de Koléa, quelques semaines auparavant, pour des faits que la justice qualifie de crimes. Son autre fils, El Wafi, est en fuite depuis plusieurs mois car il fait l’objet d’un mandat d’arrêt. A l’ouest du pays, son neveu, qui s’adonnait à des pratiques réprimées par la loi pour défendre l’honneur de la famille, a été également écroué. C’est aussi un moment où Djamel Ould Abbès apprend, comme beaucoup d’autres anciens hauts responsables, son expulsion de la villa qu’il occupait à Club-des-Pins.
A la date dite, il se rend à la Cour suprême «confiant et détendu car s’étant préparé à justifier toutes les accusations dont il pouvait faire l’objet», rapportent des personnes auxquelles il s’est confié quelques jours plus tôt. Me Ksentini déclare, de son côté, «mon client a été convoqué par le conseiller instructeur auprès de la Cour suprême.
La convocation portait sur une plainte qui concerne des malversations ayant eu lieu entre 2010 et 2013. A cette époque, il occupait alors le poste de ministre de la Santé. Une fois arrivés sur place, nous avons été surpris de nous voir interrogés sur des faits datant de l’époque où il occupait la fonction de ministre de la Solidarité. Les documents avec lesquels nous pouvions nous défendre, les justificatifs des faits qui lui ont été reprochés n’étaient pas en notre possession». Les griefs retenus contre l’ancien ministre sont au nombre de trois. Ils sont surtout lourds.
Djamel Ould Abbès est accusé d’avoir détourné entre 500 et 560 milliards, montant des autobus devant être mis à la disposition pour le transport scolaire. Le second chef d’inculpation porte sur le «détournement de 1 200 ordinateurs, dons de l’Etat, devant être distribués à des associations».
Il est accusé, en troisième lieu, d’avoir «détourné des tentes (environ une cinquantaine) devant servir à un rassemblement de scouts à Boumerdès». «Nous avions tous les justificatifs, les décharges attestant que les bus et les ordinateurs avaient été reçus par leurs destinataires, explique Me Farouk Ksentini, mais ils étaient restés au bureau. Le seul justificatif que nous n’avions pas concerne les tentes devant parvenir aux scouts car ce n’est pas lui qui s’était chargé de l’évènement».
L’avocat témoigne : «Ould Abbès a protesté comme il a pu, il était atterré d’apprendre sa mise sous mandat de dépôt. Il a insisté sur le fait qu’il avait 85 ans, qu’il entrait dans sa 86e année, mais le juge ne l’a pas écouté. A présent, on attend l’étude du dossier de fond afin de pouvoir nous défendre. Je suis sûr qu’en voyant ces documents, le magistrat y verra plus clair. Nous n’avons pas encore été convoqués car les magistrats croulent sous les dossiers». A travers son avocat, Djamel Ould Abbès tient, par ailleurs, à se distinguer des affaires impliquant ses deux fils, El Wafi et Mehdi, poursuivis pour d’autres motifs, «son nom n’a jamais été cité dans ces dossiers», indique l’avocat.
Me Ksentini décrit aussi l’Etat de son client en prison : «Il est complètement déstabilisé, ébranlé, il renvoie l’image d’un homme âgé qui souffre. Comme les autres prisonniers, il reçoit le couffin, ses médicaments, sa littérature, il est traité convenablement.» Djamel Ould Abbès partage la cellule avec trois autres personnes dont les noms ne nous ont pas été révélés.
A. C.

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