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Marché pétrolier Des lueurs, mais des perspectives toujours peu favorables

Publié par A. Maktour
le 24.09.2020 , 11h00
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Les perspectives que le cours du baril de Brent atteigne le prix moyen de 50 dollars à la fin de cette pénible année s’amenuisent chaque semaine un peu plus. Un coup dur pour l’Algérie et d’autres pays producteurs qui escomptaient voir leurs recettes financières s’améliorer afin de se rapprocher autant que faire se peut de l’équilibre budgétaire.
Revoir l’économie mondiale repartir sur des bases telles que la demande atteigne un niveau plus ou moins proche de celle qui permettrait d’aspirer la surabondance de pétrole prend les allures d’une chimère pour les mois qui s’annoncent et bien au-delà dans le temps, si l’on se fie aux toutes dernières perspectives qui font état d’un redémarrage effectif de la machine économique mondiale dans au minimum trois années.
Ainsi, l’Agence des Nations-Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) juge qu’une reprise, fût-elle importante, ne parviendra pas à gommer d'un trait les effets de la crise. Déjà, l’hypothèse d'une croissance mondiale de 5% en 2021 paraît de plus en plus peu envisageable en raison de la persistance de la pandémie de Covid-19. En chiffres, même avec une croissance de 5% envisagée pour 2021, le manque à gagner de l’économie mondiale est estimé à 12.000 milliards de dollars fin 2021 par rapport aux prévisions de 2019, selon le rapport de la Cnuced. « Le commerce s'effritera d'environ un cinquième cette année, les investissements directs étrangers (IDE) pourraient chuter jusqu'à moins 40% et les envois de fonds des travailleurs migrants seront amputés de plus de 100 milliards de dollars », annonce l’agence onusienne qui rejoint, de la sorte, nombre d’analystes sur les très particulières questions liées aux hydrocarbures en général, le pétrole en particulier.
Des perspectives qui, immanquablement, déteignent sur le marché pétrolier qui, cette semaine, et malgré quelque éclaircie, n’en finit pas de naviguer presque à vue pour des raisons qui sont venues se greffer à des données déjà bien assimilées à l’instar de l’indiscipline de certains pays producteurs auxquels des remontrances ont été adressées par les leaders du groupe de pays signataires de l’accord Opep+ pour n’avoir pas été aussi respectueux de leurs quotas de production que la plupart des pays pourtant rudement impactés par la chute des prix, comme c’est le cas de l’Arabie Saoudite où des acquis sociaux ont été remis en cause pour des raisons budgétaires ou de l’Algérie qui se retrouve en principe sur le point de s’engager dans des réformes économiques de grande envergure pour, justement, ne plus avoir à dépendre du prix du baril de Brent. Des données sont donc venues s’ajouter aux perspectives pas très réjouissantes du marché pétrolier. La plus importante de ces tout derniers jours ayant trait au retour de la Libye sur le marché, en dehors des incidences du prolongement plus impactant que prévu de la pandémie de Covid-19. «Les discussions sur le retour du pétrole libyen semblent faire craindre une surabondance mondiale de pétrole alors que les attentes de la demande vacillent dans le contexte des nouvelles restrictions relatives au coronavirus au Royaume-Uni et en France», a expliqué Phil Flynn de Price Future Group dans des propos repris par le site spécialisé Prix du baril lors de la séance du marché de mardi, lorsque les cours des deux barils de référence se reprenaient après une réouverture du marché pour le moins peu encourageante. Après la levée du blocus imposé par les troupes fidèles à Haftar à l’est du pays, la compagnie libyenne du pétrole a, en effet, annoncé la reprise de ses activités de production et d’exportation.
Un retour qui contrarie bien des plans, même chez les plus grands pays producteurs à l’instar notamment des États-Unis. Il faut savoir, en effet, que la baisse de la demande mondiale de pétrole et de carburant lors de la pandémie a fait chuter les exportations américaines de pétrole brut par rapport à leur niveau record de 3,7 millions de barils par jour (b/j)depuis février et chaque mois jusqu'en juin, selon un rapport de l’EIA (Energy Information Administration). Les exportations américaines de pétrole brut sont tombées de 3,708 millions de b/j en février à 2,753 millions de b/j en juin, selon ce rapport. Toutefois, malgré la baisse des exportations pendant les mesures prises à l’échelle mondiale pour freiner la propagation du coronavirus, les exportations américaines de pétrole brut au premier semestre 2020 étaient toujours plus élevées qu'elles ne l'étaient au premier semestre 2019, et ce, grâce aux approvisionnements effectués par la Chine qui s’était livrée à la chasse aux bonnes affaires pour du pétrole américain très bon marché en avril. Mais, qu’on se le dise, les plus élevées qu'elles ne l'étaient au premier semestre 2019 n’ont pas sauvé des dizaines de compagnies américaines, notamment celles du schiste. Et au regard des perspectives, malgré quelques lueurs, la réalité du redémarrage économique fait que les temps difficiles sont loin d’être proches de la fin.
Azedine Maktour

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