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Il fait siennes les revendications du peuple La volte-face de Ouyahia

Publié par Mohamed Kebci
le 19.03.2019 , 11h00
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Alors qu’il n’y a pas longtemps, il vilipendait sans retenue les porteurs de l’idée d’une transition démocratique, voilà qu’Ahmed Ouyahia adopte la démarche, certainement sous la pression des millions de manifestants qui, depuis le 22 février, ne cessent de réclamer le départ du système, des manifestants dont il a été et demeure, malgré son renvoi, l’une des cibles «tristement privilégiées».
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Volte-face surprenante de l’ancien Premier ministre. S’adressant, hier lundi, aux militants de son parti, le RND, Ouyahia ne se limite pas à saluer l’insurrection citoyenne enclenchée le 22 février écoulé, mais invite le système qu’il incarne à «répondre dans les meilleurs délais» aux revendications du peuple exprimées pacifiquement afin d’éviter à «l’Algérie toute dérive, et pour lui permettre de reprendre son souffle pour poursuivre le processus de développement économique et social». Car, pour celui que ce même peuple qu’il salue et à qui ne cesse de tresser des lauriers, «il n’y a rien de plus cher» que de sauver l’Algérie de l’impasse ou de la crise. «Il n’y a ni pouvoir, ni gouvernement plus cher que l’Algérie», a-t-il affirmé. «Tout le monde salue les revendications pacifiques du peuple. Il est nécessaire de les satisfaire dans les plus brefs délais pour éviter à notre pays tout dépassement et pour que l’Algérie reprenne son souffle et poursuive son chemin vers le développement économique et social», a-t-il dit.
Et d’inviter tout «le monde» à accepter des «concessions» dont il ne dira pas un mot quant à leur nature, afin de convaincre les citoyens de la «crédibilité du processus de transition démocratique» proposé par le président de la république. Ce dont justement cette même rue ne veut pas, elle qui plaide pour le départ du système en place.
«Lors de sa participation aux consultations et au dialogue, le RND défendra une conviction essentielle: la nécessité d’accepter toutes les concessions pour convaincre les citoyens de la crédibilité de la transition démocratique proposée par Monsieur le Président de la République», a encore affirmé Ouyahia. Et cette lettre a figuré en bonne place lors de la réunion marathon (près de quatre heures), hier lundi, du secrétariat national du RND. Un conclave qui était la première activité de Ouyahia depuis son départ de la coordination de l’exécutif, lundi dernier.
Par ailleurs, le mouvement de redressement du RND revient au-devant de la scène à la faveur de cette insurrection citoyenne qui a coûté sa place de Premier ministre à Ouyahia. Un de ses membres réclame de nouveau le départ d’Ahmed Ouyahia de la tête du parti, appelant au «renouvellement» et au «rajeunissement» de sa direction, en accordant plus de chances aux compétences existantes au niveau de la base.
«L’histoire n’attend pas, ne pardonne pas et n’oublie pas», écrit Tounsi Boussahia, dans un communiqué où il invite également à l’assainissement du parti de ceux qui l’ont «dévié des principes sur lesquels il a été créé». Cet appel, selon Boussahia, vient en «réponse aux aspirations du peuple algérien pour un changement radical» exprimées dans le sillage de l’insurrection populaire en cours sur l’initiative de la «génération de la liberté, de la dignité et des valeurs».
M. K.

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