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Importation de véhicules neufs Le pari électrique officialisé

Publié par Belkacem Bellil
le 20.04.2021 , 11h00
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Le projet de décret modifiant le cahier des charges réglementant l’activité des concessionnaires automobiles a été examiné par le Conseil des ministres lors de sa session de dimanche dernier. Il propose des réajustements et de nouvelles dispositions visant à simplifier les procédures administratives pour l’accès à ce secteur.

À cette occasion, le président de la République a mis en avant la nécessité de lutter contre «tous les phénomènes de fraude et d’escroquerie autour des conditions fixant l’exercice de cette activité», et de «prendre en considération les normes de sécurité environnementale et les exigences de l’approvisionnement du marché national du carburant, en vue de rationaliser l’importation des véhicules neufs». Le Président insistera aussi sur «l’affectation d’un quota de 15% du total des véhicules importés aux véhicules électriques, à condition de réduire au minimum les véhicules diesel». Des orientations pour une relance encadrée des importations de véhicules neufs gelée depuis deux années et éviter ainsi les prédations à grande échelle relevées précédemment et qui ont nui à l’image de cette activité et sérieusement perturbé le marché de l’automobile local avec comme principale et unique victime le client algérien.

Potentiel électrique solaire inépuisable
Et au-delà des amendements contenus dans ce projet de décret, et dont nous présentions quelques détails dans notre édition de samedi dernier, on soulignera surtout la décision du président de la République d’instaurer un quota de 15% de véhicules électriques dans le lot des importations à venir. 
Une décision importante qui permettra sans doute à l’Algérie de se préparer dès maintenant à cette nouvelle révolution technologique qui est en train de bouleverser en profondeur l’industrie automobile mondiale.
Notre pays est condamné à s’aligner dans cette trajectoire pour ne pas continuer à être le déversoir des sous-normes de dépollution. A un moment où l’Europe prépare le passage de la norme Euro 6d à l’Euro 7, l’Algérie continue à tolérer des motorisations Euro 2 et Euro 3 particulièrement polluantes et boulimiques. L’Asie, l’Europe et d’autres régions de la planète se sont fixé comme échéance l’année 2030, certains pays scandinaves ont même rapproché cette date-butoir à 2025, pour tourner définitivement la page de la technologie du moteur thermique. Aussi, notre pays ne saurait se permettre le luxe de rester en marge de cette déferlante électrique, d’autant que les prévisions sur la pérennité du potentiel national en hydrocarbures sont alarmantes et a contrario, le potentiel électrique d’origine solaire est inestimable et inépuisable.

Près de 30 000 véhicules électriques dans un marché déstructuré
Toutefois, 15% d’un volume approximatif de 200 000 véhicules à importer, c’est pas moins de 30 000 unités électriques à prévoir au cours de cette année ou l’année prochaine. 
Un chiffre important dans un marché déstructuré où les règles de fonctionnement d’une concession automobile sont en totale perdition et où les perspectives sont loin d’être rassurantes avec l’arrivée annoncée de nouveaux opérateurs dans le domaine, sans l’expérience et le savoir-faire nécessaires à ce métier à part entière. Un pari audacieux qui conforte le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chems Eddine Chitour, dans sa démarche et qui, lui, avait tablé sur quelques dizaines de véhicules à mettre en circulation au niveau du parc gouvernemental, pour défricher le terrain à une plus large adhésion des entreprises, des administrations et aussi de la population.
En tout état de cause, le choix d’une telle option, du reste irréversible, nécessite une préparation technique préalable, à travers un réseau de bornes de rechargement généralisé à l’ensemble du pays. Le ministre avait, rappelons-le, évoqué l’installation, à titre expérimental, de ces bornes dans les stations services, mais qui doivent être étendues à d’autres structures publiques, comme les parkings, les centres commerciaux et même des bornes domestiques.

Un service après-vente inadapté
En plus des bornes de rechargement, la technologie sensible du véhicule électrique nécessite une prise en charge spécifique en matière de suivi et d’entretien. 
Elle exige surtout une expertise adaptée à la complexité de la technologie et sa fiabilité toujours à l’épreuve dans les contrées où elle a été adoptée depuis plusieurs années. 
Et quand on sait que le service après-vente pour véhicules thermiques est aujourd’hui en Algérie dans un état de délabrement avancé, l’appréhension ne peut être que de mise pour l’électrique.
Troisième facteur déterminant pour la généralisation de l’électrique, c’est le prix de vente qui reste pour l’heure assez élevé, 18 000 euros pour la petite citadine entrée de gamme. Il est vrai que des efforts et des projets sont signalés en Europe et en Chine, notamment, pour développer des modèles lowcost et permettre, ainsi, un accès à tarifs étudiés à un plus grand nombre de clients à travers le monde. 
Beaucoup de pays consentent des aides financières à leurs citoyens pour les encourager à acquérir un véhicule électrique. En sera-t-il le cas en Algérie ?
Ceci étant, notre pays se devait, tôt ou tard, d’étrenner cette nouvelle révolution technologique qui ne manquera pas de modifier radicalement les valeurs intrinsèques de la mobilité. Il ne manquait que la décision politique pour franchir le Rubicon.
B. Bellil

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