Spécial Coupe du Monde 2006 : GROUPE H
TUNISIE- ARABIE SAOUDITE, Ë MUNICH (17H)
Derby arabe des seconds couteaux


Le match Tunisie- Arabie Saoudite propose un derby arabe des seconds couteaux, éclipsés par les favoris de leur poule, l'Ukraine et l'Espagne, aujourd’hui pour la première journée du groupe H du Mondial-2006 de football. Ces deux nations en sont à leur 4e phase finale, pour un maigre bilan. Les Tunisiens n'ont jamais pu franchir le premier tour.

Et le seul succès en phase finale des “Aigles de Carthage” remonte à 28 ans (3-1 face au Mexique). Leur sélectionneur français, Roger Lemerre, aimerait pourtant briller dans une Coupe du monde pour faire oublier son humiliation en 2002 à la tête des Bleus (élimination au premier tour, avec un seul point et zéro but). Sous sa houlette, les “Aigles” ont remporté la Coupe d'Afrique des nations en 2004 sur leurs terres (élimination en quarts en 2006). Après ses premières déclarations - ”pourquoi est-ce qu'une équipe africaine ne remporterait pas une Coupe du monde ?” - Lemerre est revenu sur terre : “tout le pays rêve de se qualifier une fois dans son histoire pour les 8es de finale”. Mais l'entraîneur est confronté à une cascade de blessures, et pas des moindres, puisqu'il ne sait pas quand “pourra de nouveau jouer” son attaquant vedette Santos, touché à un genou. “La pression monte et on pourrait presque penser que tout le monde est frappé de paralysie, mais une fois le coup d'envoi donné, la peur va disparaître”, se rassure Lemerre. L'heure de gloire des “Fils du désert” d'Arabie Saoudite reste une qualification pour les 8es de finale en 1994. Mercredi, ils voudront surtout gommer le souvenir de leur cuisante défaite inaugurale devant l'Allemagne au Mondial-2002 (8-0). Leur sélectionneur brésilien Marcos Paqueta se réjouit à l'avance de ce “derby arabe”, même s'il reconnaît le manque “d'expérience” de ses joueurs. Seul le capitaine Sami al Jaber, 33 ans, quatre coupes du monde à son compteur, a réussi à “s'exporter” dans le passé, le temps d'un passage éclair dans le club anglais de Wolverhampton. Mais Paqueta a annoncé, hier, que son attaquant vedette ne serait pas titulaire contre la Tunisie. Il compte sur lui “comme joker”.

Lemerre veut chasser les fantômes

Le sélectionneur de la Tunisie, le Français Roger Lemerre, rêve de conduire son équipe en 8es de finale du Mondial-2006 de football, ce qu'il n'avait pu faire à la tête de l'équipe de France au Mondial-2002, humiliée au premier tour, avec un point et zéro but inscrit. La plaie est encore vive en France. Champions du monde 1998 avec Aimé Jacquet (dont Lemerre était l'adjoint), champions d'Europe en 2000 sous la houlette de Lemerre, les Tricolores avaient été ridiculisés au Mondial en Asie. Sorti par la petite porte de la “Maison bleue”, Lemerre rebondit alors de l'autre côté de la Méditerranée, à Tunis, puisque les “Aigles de Carthage” remportent la Coupe d'Afrique des nations sur leurs terres en 2004. Depuis cette date, ce technicien, qui aura 65 ans le 18 juin, est devenu le héros de tout un pays. Avant l'entrée des “Aigles” dans le Mondial- 2006, mercredi face à l'Arabie Saoudite (groupe H), son contrat avec la Tunisie a d'ailleurs été prolongé jusqu'en 2008, avec option de prolongation automatique jusqu'en 2010, en cas de qualification au prochain Mondial. Mais le Normand refuse l'étiquette de “Sorcier” des entraîneurs européens qui réussissent en Afrique. “Je ne me vois pas en faiseur de miracles, mais plutôt comme un professeur, répète-t-il souvent. Si nous réussissons, c'est parce que les joueurs eux-mêmes veulent bien faire”. Il se moque de son image laissée en France, celle d'un entraîneur arc-bouté sur la discipline, impavide face aux médias. “Ça ne m'intéresse pas, seule compte l'image que j'aie dans mon équipe, commente- t-il. Plutôt que de discipline, je préfère parler de respect mutuel”. Il y a quelques mois, il s'était amusé à bomber le torse, lançant : “Pourquoi est-ce qu'une équipe africaine ne remporterait pas une Coupe du monde ? Ça va bien finir par arriver un jour”. Depuis, il est revenu à des objectifs plus humbles. “Tout le pays rêve de se qualifier une fois dans son histoire pour les 8es de finale (c'est la 4e participation de la Tunisie à une phase finale de Coupe du monde). Moi aussi”. Un rêve qui lui permettrait d'en finir avec un cauchemar vieux de quatre ans.

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