Actualités : TOMBER DE RIDEAU A BLIDA
Perpétuité pour Moumen Khalifa


La décision de la présidente du tribunal criminel de Blida prononcée jeudi dernier à l’endroit de Rafik Moumen Khalifa, ex-P-dg du groupe qui porte son nom et en fuite à Londres depuis 2003, n’a pas été une grande surprise, d’autant qu’il était attendu à ce que Rafik Moumen Khalifa soit condamné par contumace à la peine maximale, à savoir la perpétuité tel que prévu par le code de procédure pénale.
En effet, Mme Brahimi a bien souligné qu’il a été retenu contre le golden boy les infractions de vol, escroquerie et abus de confiance commis toutefois au préjudice de l’Etat et ce, en vertu de l’article 382 bis du code pénal. Pour les dix autres personnes en fuite, la juge n’a pas retenu ce dernier article d’où la prononciation à leur encontre de peines réduites. A cet effet, Krim Ismaïl, Bouabdellah Salim Moulay, Baïchi Fewzi, Nanouche Mohamed, Kebbache Ghazi et Keramane Abdelwahab ont été condamnés à vingt ans de prison alors qu’il a été prononcé les peines de dix ans de prison contre Amirouchène Nadia, épouse de Moumen Khalifa, Keramane Abdenour et sa fille Yasmine, Tayebi Sakina quant à elle, elle a été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle. En sus de ces condamnations, la juge a précisé que leurs biens mobiliers et immobiliers seront confisqués. Mais la veille, le représentant du ministère public avait, rappelons-le, requis la perpétuité pour les onze personnes en fuite considérant que le préjudice causé était de l’ordre de 77 milliards de centimes, selon le constat du liquidateur. “C’est un crime aux faits aggravants ayant touché des centaines de personnes sans compter les dommages causés aux institutions publiques s’élevant à 1,5 milliard de dollars”, soulignera le procureur général avant d’ajouter : “Malgré tout cela, le tribunal a ménagé les prévenus”. C’est dire que ces peines ont été énoncées en l’absence de plusieurs des prévenus qui ont été relaxés. Apparemment, ils n’en ont cure de la décision de la juge quant à ces onze personnes en fuite qui, “par leur faute, ces dizaines d’innocents se sont retrouvés mêlés à des histoires de justice”, et obligés d’être présents journellement durant tout le long du procès. Pour l’avocate, Me Ouali, dont six de ces mandants ont été “acquittés”, considère que justice a été rendue dans cette affaire et avouera que jamais elle n’a assisté à un procès de ce niveau. “Le procès Khalifa restera dans les annales de la justice algérienne”, commentera- t-elle. Enfin, les onze personnes condamnées par défaut ont le droit d’être rejugées selon la législation algérienne mais leur jugement contradictoire restera tributaire de leur extradition.
M. B.

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