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Ce monde qui bouge

Ouyahia-Sellal, l’élection et ses incertitudes

Publié par Hassan Zerrouky
le 12.12.2019 , 11h00
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On ne va pas s’attendrir sur le sort du duo Ouyahia-Sellal et leurs complices. Les deux hommes se sont sucrés largement. On ne va pas non plus jubiler. Quinze ans c’est lourd. Mais voir deux ex-Premiers ministres s’expliquer pitoyablement comme de vulgaires malfrats restera un fait marquant. Toutefois, l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb qui a mis au point cette combine d’usines de montage SKD automobile – car c’en est vraiment une – est en fuite. Et n’eût été le 22 février, ces ex-responsables et leurs complices auraient continué à se servir dans les caisses de l’Etat et à narguer les Algériens.
Reste que cette corruption à grande échelle était connue. Mais au lieu de condamner des journalistes et des blogueurs pour avoir révélé la face cachée de l’iceberg de la corruption, le Parlement (APN et Sénat), dont c’est le rôle, aurait pu s’en saisir. Il aurait dû interpeller le gouvernement, constituer des commissions d’enquête parlementaire comme le prévoit la Constitution. Il n’en a rien été, ce qui a permis aux oligarques de continuer à s’empiffrer en toute impunité pendant des années. L’Algérie a ainsi perdu du temps et surtout des milliards de dollars.
Un mot encore pour faire observer qu’à travers la condamnation du duo Ouyahia-Sellal et de leurs complices, c’est aussi le procès d’un système, de ses pratiques et de ses politiques «industrielles» qui a été instruit.
En toile de fond, ces trois semaines de campagne électorale nous ont donné à voir deux Algérie. Celle qui sort chaque vendredi et qui rejette la feuille de route du pouvoir politique transitoire dont la mission prendra fin le 12 décembre. Et celle, minoritaire de mon point de vue, qui pense que le scrutin du 12 ouvrira la voie à un changement de régime. Cette Algérie-là ira donc voter ce jeudi dans un climat de tensions extrêmes.
L’appel au calme lancé par des personnalités – Abdelaziz Rahabi, Ali Yahia Abdenour, A. Benbitour, Taleb Ahmed, Ali Yahia Abdenour… – sera-t-il entendu ? Quel sera le niveau de la participation ? Avec quel pourcentage de voix sera élu le nouveau Président ? C’est tout le pari de ceux qui ont tablé sur la tenue de cette élection où la possibilité d’un second tour n’est pas à exclure tout à fait. Autres questions : quel sera l’impact de ces affaires révélées opportunément en pleine campagne, qui ont visé les candidats Abdelmadjid Tebboune et Ali Benflis et que ce dernier a dénoncées ? La réponse à ces questions, on l’aura quand tomberont les premières estimations jeudi en soirée.
En tout cas, quelle que soit l’issue de ce scrutin, les partenaires de l’Algérie, soucieux de leurs intérêts – je parle de ceux qui comptent, à savoir les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, la Russie et la Chine – seront plus qu’attentifs à l’après-présidentielle. Car l'équation de fond – les revendications du Hirak – ne disparaîtra pas l'instant d'un scrutin comme si on effaçait une ardoise. Et à moins d’être totalement irresponsable, ce que je ne crois pas, le nouveau Président ne pourra pas mettre entre parenthèses près de 11 mois de soulèvement populaire citoyen. Il est condamné à faire une ouverture en direction de l’opposition et du Hirak car l’exigence d’un changement radical du système est la chose la mieux partagée par tous les Algériens, y compris par une partie de ceux qui voteront ce jeudi.
H. Z.

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