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Rubrique Constances

Ce que veut mon cœur et ce qu’il ne veut pas

Dans l’une de ses merveilleuses chansons, Lounis Aït Menguellet passait en revue tout ce qu’il désirait, tout ce qu’il aimait et tout ce dont il rêvait pour son pays et le reste de la communauté humaine. Bien sûr, en homme réaliste et comme poète dont on connaît la philosophie du pessimisme, il a aussi clamé ce qu’il n’aimait pas. Hier, alors que je me préparais à meubler cet espace, je suis tombé sur quelques faits de l’actualité nationale ordinaire qui m’ont spontanément rappelé cette chanson. En l’occurrence, il ne s’agit évidemment que d’une lointaine et un tantinet capricieuse analogie. Vous ne trouverez dans les faits en question ni la hauteur de ce qu’ambitionne le poète ni l’esthétique légendaire de son œuvre. Il n’y a donc aucune comparaison possible entre ce que je vous livre aujourd’hui dans cet espace dédié aux petites choses de la vie et une infime partie de l’œuvre monumentale de Lounis. Simplement et humblement, j’ai (encore) vu des images d’une orangeraie de Skikda. Les fruits sont beaux, la production abondante, des agriculteurs heureux et des promesses de développement bien réelles. J’ai aimé ça, vraiment sans façon et sans… problème. Hier, j’ai vu d’autres images qui m’ont rappelé un passé encore tout proche. On ne peut pas vraiment parler de bons souvenirs, loin s’en faut. Il s’agit d’images de distribution de logements «dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire». Je n’ai pas aimé, alors pas du tout. On n’a pas à montrer à la télé une famille qui vient d’avoir un appartement. Le fait d’en avoir souffert de longues années durant n’est pas normal. Le fait d’y accéder par contre est quelque chose de tout à fait normal parce que c’est un droit. Hier, j’ai lu dans mon journal que le ministre de la Pêche a déclaré à Oran que notre pays était prêt à exporter des bateaux de pêche vers les pays africains. J’ai beaucoup aimé. D’abord parce que le fait d’exporter est un indice de savoir-faire, donc de développement, et j’aime tout ce qui peut suggérer qu’il y a une amélioration dans un domaine de l’activité nationale. Ensuite, j’ai aimé l’info parce que personnellement, j’ai une affection particulière pour l’Afrique et j’ai toujours souffert du rachitisme de nos rapports économiques, culturels ou… politiques avec les autres pays du continent.
Dans la foulée, je me suis rappelé que le niveau de développement de la pêche dans notre vaste et beau pays est toujours d’un niveau inquiétant. La formule est usée jusqu’à la corde mais je vais quand même la reprendre, faute de mieux : je n’aime pas, alors là pas du tout que l’Algérie tourne le dos à la mer !
J’adore Youcef Atal, le footballeur de génie, issue de ma localité qui plus est. Je n’aime pas la gestion de sa carrière, ses blessures, ses petits travers qui lui ont fait rater une immense carrière. Je n’ai surtout pas aimé qu’il aille signer dans un club turc de dernière zone. Vraiment pas.
S. L.

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