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Bâtir en terre Une solution pratique et moins coûteuse pour réduire la crise du logement et préserver un patrimoine en déperdition

Publié par LSA
le 08.04.2019 , 11h00
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Par Hamid Temzi(*)
Si le Festival culturel international de la promotion des architectures en terre, à travers ses différentes éditions précédentes (la 6e édition s’est tenue du 22 au 26 avril 2018 à Alger), avait pour vocation la sensibilisation des futurs acteurs de la préservation du patrimoine et de la construction, il a permis aussi de renouer avec un art de bâtir millénaire en harmonie avec le milieu naturel.

En effet , les vestiges et autres monuments bâtis en terre à travers le monde : palais et temples, églises et mosquées , entrepôts et châteaux, enceintes fortifiées, en passant par les maisons rurales ou urbaines, les plus modestes ou les plus prestigieuses, sur tous les continents et latitudes…, jusqu’à la muraille de Chine, témoignent de ce savoir-faire.
Par ailleurs, l’attrait pour cette technique de construction traditionnelle pourrait susciter un vif intérêt chez le simple citoyen, notamment comme palliatif salutaire en matière d’habitat, en termes de coût économique moindre, d’une part , et contribuer à la préservation du patrimoine, d’autre part.
L’étude ci-après ,réalisée en région kabyle (wilaya de Tizi-Ouzou), constitue une ébauche sérieuse pour démarrer une prospection non exhaustive sur les possibilités offertes par l’art de bâtir en terre.
Résoudre ou du moins atténuer les effets de la crise du logement, c’est possible ,à condition qu’il y ait des propositions concrètement substitutives dans le choix de l’utilisation des matériaux de construction , à celles actuellement utilisées (ciment, acier, brique , etc.).
Loin de vouloir prétendre remplacer celles classiques, en vigueur actuellement, les techniques de constructions  en terre crue appliquées à court terme pourraient s’avérer payantes et d’un apport non négligeable pour les populations rurales, notamment kabyles.
Avec une prédominance de montagnes et de piémonts (environ 94% de la surface totale), la wilaya de Tizi-Ouzou possède un relief accidenté, ce qui impose évidemment des contraintes au développement de la région,particulièrement en matière d’habitat.
De plus, si la composante humaine de cette région à majorité rurale, rompue aux difficultés et aléas de la nature et aux repères et valeurs culturels bien établis, a su garder des pans inaltérables d’une culture séculaire, il n’en reste pas moins que celle-ci, ces dernières années ,ait été tentée par une pseudo-modernité empreinte d’une obsession quasi-permanente, empressée ,parfois injustifiée pour le modèle de consommation (occidental donc), notamment en matière d’habitat.
Ainsi ,des techniques et des normes de construction pour la plupart occidentales sont venues supplanter tout un savoir -faire local dans l’art de bâtir ;aux matériaux de construction traditionnels (pierre, tourbe , roseau ,torchis,etc.) ont été substitué d’autres (brique cuite, ciment , acier...).
En examinant les programmes successifs de développement de la région dans le domaine de l’habitat, initiés par les pouvoirs publics, on trouvera ceux-ci enfermés dans un système de normes évacuant toute expérience locale et tout élément spécifique à cette région ,mais insister beaucoup plus sur des normes de construction en vigueur sous d’autres cieux, principalement des pays développés mais sans grand profit pour la majorité de la population locale.
Toutefois, ces initiateurs, au lieu d’essayer d’intégrer dans ces programmes la dimension culturelle, à savoir certaines techniques ancestrales et les réadapter à la réalité présente, ils n’ont fait que verser dans la facilité du choix ,c’est-à-dire opter pour les techniques et matériaux de construction coûteux.

Traditions, techniques et moyens de construction locaux
Longtemps ce qui a caractérisé l’habitat en Kabylie , c’était l’entraide qui se manifestait lors de la construction d’un nouveau foyer, car l’esprit communautaire comme l’assistance dans le travail étaient omniprésents chez les populations.
Cette mise à contribution de chaque membre de la famille et parfois des voisins, à apporter, à l’exception des vieillards, leur part de travail était en fait un devoir appelé «touiza»,malheureusement de nos jours ,cette bonne habitude revêt un aspect presque insignifiant.
Naguère, dans cette région ,les moyens de construction et la qualité des matériaux étaient essentiellement liés aux ressources locales.
La forme de l’habitation variait peu et ce n’était qu’à la diversité des aspects extérieurs qu’il était possible de différencier les maisons ; celles-ci qu’elles aient été en roseaux et branchages avec revêtement de boue, ou en moellons de grès, les mêmes manifestations rituelles dans leur édification observées.
Les murs étaient en pierres ,matériaux préférés par les habitants . La pierre devait être à grain fin et dur, facile à tailler et susceptible d’être extraite en moellons de 20x25x30 cm environ ,donnant un volume facilement transportable à dos d’homme ou mulet.
L’approvisionnement en pierres se faisait entièrement avant que n’ait commencé la confection du mur, car le «tailleur» était également le plus souvent maçon et il exerçait successivement ses spécialités.
Le liant utilisé était souvent un mortier d’argile,concurrencé parfois par la chaux et le ciment. Des murs étaient aussi montés en pierres sèches, c’est-à-dire simplement posées les unes et les autres.Tous les angles des bâtiments étaient confectionnés avec beaucoup de soin.
Certaines constructions montrent encore aujourd’hui de jolis appareillages, lesquels sont le résultat d’un travail exécuté avec un outillage amélioré et des connaissances plus étendues sur la taille et la pose des pierres.
Enfin, pour effectuer le montage d’un mur qui donnera les meilleures garanties de solidité, le propriétaire devait disposer de certaines ressources financières car la main-d’œuvre ne faisait pas partie de la touiza.
Lorsqu’on ne trouvait pas des pierres, on utilisait des matériaux, comme le pisé, la terre battue ou les parois de roseaux, une amélioration a toutefois été apportée à l’un des procédés.
Les murs de terre battue montés en éléments préfabriqués coulés sur le lieu même de la construction dans les caisses sans fond qui permettaient d’obtenir de grosses briques facilitant le montage et l’assemblage des murs ,une  fois dressés, étaient enduits à l’intérieur avec des mortiers de compositions diverses.
Concernant les ouvertures aménagées, la porte en était l’ouvrage de menuiserie le plus important ; les fenêtres très petites étaient beaucoup plus des lucarneaux que des baies normales ; elles ne servaient d’ailleurs qu’à permettre une aération toujours insuffisante.
S’agissant de la couverture ,les murs moulés formaient pignons aux extrémités dans la plus petite dimension. Entre ces deux appuis reposaient les poutres de frêne (trois, en général) que l’on nomme «issoulas». Ces pannes étaient soulagées sur la longueur par de supports en forme de fourches «tiguejdai».
Sur cette charpente sommaire étaient disposés les chevrons «tassaiouine» sur lesquels étaient déployés des lits de roseaux jouant le rôle de liteaux ;une chape en terre y était coulée ,elle recevait les tuiles rondes ou encore les tuiles plates, dites mécaniques. Dans certaines régions ,la tuile était absente et la chape de terre était alors plus épaisse ;on l’appelait une terrasse.
On constate peu de variétés dans l’aspect des maisons kabyles, sinon pour les différents modes de couverture. En règle générale, toutes les constructions étaient recouvertes d’un abri à deux pentes, soit en terrasse, soit par des tuiles, forme de tuile la plus fréquente, ou en diss, dans une faible proportion.
Enfin, les dépendances dans les maisons kabyles, telles que : toilettes ,buanderies, cuisines ,etc. étaient inconnues ,la cour et la rue servaient successivement d’endroits où l’on préparait les repas à l’abri d’un petit appentis et de voie d’évacuation pour les ordures et les eaux vannes .Outre  ces carences, ces maisons étaient démunies de plafond ,de cheminée ,disposaient d’un confort très réduit et une solidité très relative. 

Normes de construction
L’introduction dans notre pays des normes de construction occidentales par les colonisateurs a été opérée afin de recréer celles existantes en Europe, et destinées, en fait, à protéger la seule frange d’administrateurs européens et coloniaux.
L’indépendance retrouvée ,les décideurs politiques du pays ont conservé ces normes coloniales ,pourtant étrangères aux besoins de la majorité de la population et sans aucun rapport avec les moyens des habitants.
La wilaya de Tizi- Ouzou notamment n’a pas échappé à cette réalité .Cependant, un rapport(1) établi pour le Conseil international des unions scientifiques par trois urbanistes éminents de l’Inde, du Nigeria et de l’Argentine, critique le système normatif en matière d’habitat, appliqué dans les pays du tiers-monde, notamment en Algérie, en relevant les points suivants :
- qu’il résulte d’un transfert très souvent malséant, opéré des pays développés vers les pays sous-développés pendant la période coloniale ,ou récemment introduit, en ignorant toute expérience locale dans ce domaine ;

- son incompatibilité avec les faibles moyens financiers des habitants ;
- sa prédilection pour l’urbain ,du fait de son orientation occidentale ;
- qu’il ne peut être appliqué dans la plupart des cas (sauf pour les habitations des riches et les logements publics destinés aux revenus moyens), du fait qu’il soit rigide et statique.
Ce rapport, par contre , fait état de l’existence de normes culturelles ,lesquelles constituent un capital expérience au cours des siècles ,car tirées des techniques traditionnelles tolérées et acceptées par la majeure partie des habitants.
D’autre part, ces normes culturelles ,estime le rapport, sont beaucoup plus réalistes pour répondre aux besoins humains que les normes officielles ,car elles misent sur les ressources locales et savent souvent résoudre écologiquement et sainement les contraintes locales en matière de ressources.
Aussi ,le fait qu’elles soient présentes dans la conscience des peuples et aient souvent une valeur religieuse ne fait que conforter la thèse de vouloir bâtir en terre crue ou autres matériaux traditionnels , particulièrement chez les peuples à forte croyance.
Enfin, et c’est le point le plus important, les normes culturelles sont flexibles, à la différence des normes officielles, qui elles, sont fixées une fois pour toutes.

Le choix des matériaux de construction : un véritable dilemme ?
Au-delà de son orientation quasi-urbaine, le programme d’habitat de la wilaya de Tizi-Ouzou ,initié dans les années 1970 par des planificateurs dédaignant toute méthodologie de travail allant dans le sens qui permettrait à la population locale, essentiellement rurale, d’acquérir et de développer une industrie de matériaux de construction à partir des ressources locales mais aussi d’amorcer un véritable essor dans le domaine de l’habitat rural.
De cette attitude, donc, a découlé une irrésistible ascension dans la consommation de matériaux industrialisés : ciment et béton, briques cuites ou aciers, malheureusement sans contrepartie productive significative pour ces produits.
Les pouvoirs publics, le citoyen  se sont mis en tête qu’un logement décent acquérait l’utilisation de ces seuls matériaux, croyant ainsi que c’est l’unique voie d’accéder à un habitat confortable.
Aujourd’hui encore, cette mentalité s’apparente à une véritable obsession ,car connaissant l’insuffisance de l’offre pour ces matériaux conventionnels sur le marché national, les auto-constructeurs s’échinent toujours à se les procurer à des coûts spéculatifs.
Les différentes formes de gaspillage observées ,l’inadaptation des constructions aux traditions de la région, la non-maîtrise des normes de construction officielles et l’absence de rationalité dans la gestion de ces matériaux de construction ne font que confirmer le mauvais choix réalisé par les planificateurs de l’époque quant à l’utilisation d’un système normatif venu d’ailleurs.
À ce propos, l’architecte algérien Noui Mehdi, lequel a séjourné plusieurs mois dans nos campagnes dans le cadre d’un projet officiel visant à construire 1 000 villages socialistes ,a rapporté dans l’Environnement africain(2) que les paysans savent exactement ce qu’ils veulent : « Une maison permanente en béton ,avec un sol en béton .Par rapport aux bâtiments en pierre et en «diss»(paille) qui leur ont donné du fil à retordre pendant toute leur vie ,le béton leur donne un sentiment de sécurité.
Connaissant la dotation insuffisante en unités de matériaux de construction classiques de la région, le long processus qu’est la mise en place de celles-ci ,un processus souvent compromis par un environnement économique hostile ,une solution urgente et impérative devrait être dégagée pour atténuer un tant soit peu cette crise du logement.
La terre en tant que matériau abondant et pratique pourrait être un élément favorable dans l’approche de cette solution .Enfin, et à titre d’exemple, on relèvera qu’une production moyenne de ciment exige un fort investissement, une grosse dépense d’énergie, une disponibilité de matières premières et des installations importantes.

Bâtir en terre ou la volonté de résorber la crise du logement
L’utilisation de la terre crue dans la construction n’est pas nouveau .En effet, ,les hommes , il y a des siècles ,ont utilisé ce matériau pour édifier des cités entières, des palais et des temples ,des mosquées et des églises ,des entrepôts et des châteaux ,des enceintes fortifiées et d’orgueilleux monuments.
Depuis la fameuse Muraille de Chine ,bâtie  en terre sur de longs tronçons ,il y a plus de 20 siècles (plus tard, d’autres matériaux furent introduits et utilisés), jusqu’aux maisons rurales ou urbaines les plus modestes ou les plus prestigieuses sur tous les continents et sous tous les climats ,sous toutes les latitudes et dans quasi toutes les cultures et civilisations pré-industrielles ,on a fait usage de ce matériau si humble et abondant.
Ce matériau a su prouver la diversité de ses usages, l’extraordinaire multiplicité des formes et des fonctions qu’il peut assumer, comme il a su prouver sa force et sa solidité quand on l’utilisait correctement à une fin architecturale.
Aujourd’hui encore, plus de  la moitié des humains habite des constructions en terre ,même si le type de construction ou le nom des techniques varient d’un pays à l’autre.

Avantages et inconvénients
Dès lors que l’on s’accorde à énumérer les avantages de ce matériau, on conférera à ce dernier qu’il est bon marché et abondant, donc fréquemment utilisé ; qu’il présente une excellente isothermie (l’intérieur d’un bâtiment en terre est plus frais l’été, plus chaud l’hiver, qu’une construction en béton) ; il possède une parfaite compression, et permet donc de construire des murs solides.
Quant aux inconvénients ,ils sont pour la plupart physiques, et certains ne sont pas sans gravité : 
- une érosion facile par l’eau ,donc difficile à utiliser dans les régions à forte pluviométrie ou fréquemment inondées ;
- une faible résistance à la rupture et ne convient donc pas à la construction des toits ;
- une absorption importante d’eau ;
- une absence de prise sur le bois ;
- les murs en terre s’endommagent facilement ;
- les rongeurs et les voleurs peuvent s’y creuser un passage.
Ces inconvénients ,par contre, ils peuvent être supprimés grâce à l’amélioration de l’architecture en terre et des techniques de construction inhérentes à celle-ci ,principalement par :
- la stabilisation : l’addition d’autres matériaux (bitume, chaux, ciment) à la terre pour en améliorer la solidité et la résistance à l’eau ;
- l’architecture : celle-ci peut tirer parti des avantages de la terre et minimiser les inconvénients. Les rues étroites sous un climat chaud et les toits en surplomb minimisent les dégâts provoqués par les pluies;
- les techniques de construction :dans diverse parties du monde ,on alterne coffrages et couches de terre pour que les murs puissent soutenir le toit.

Les murs en terre
Il existe à travers le monde une vingtaine de techniques traditionnelles de construction en terre crue .Mais on distingue deux principaux procédés de murs porteurs en terre : la brique et le pisé.
La brique traditionnelle d’adobe est montée à la main dans un cadre en bois où l’on tasse un mélange de terre, d’eau et de paille hachée ,puis séchée au soleil.La fabrication moderne des adobes se fait en préparant un mélange approprié de terre ,d’eau et d’un stabilisant (par exemple ,un très faible pourcentage de ciment : 2 à 3 %).
Ce mélange est ensuite fortement comprimé dans des presses mécaniques qui produisent beaucoup plus vite des adobes, beaucoup plus performantes et robustes.
Quant au pisé traditionnel ,il consiste à comprimer de la terre mélangée d’eau et de la paille hachée dans des coffrages en bois mobiles placés de part et d’autre du mur à élever (de 40 cm d’épaisseur au minimum).
Cette technique a été aussi modernisée en remplaçant dans le mélange de la terre ,la paille par un faible dosage de «stabilisant» et compression manuelle au pilon par un damage pneumatique. Autre technique utilisée, celle dite «clayonnage-garnissage» , et consistant à enduire un clayonnage en terre .
Toutefois ,ces briques en terre séchées au soleil ,leur adaptation en milieu kabyle, au milieu humide et abondamment arrosé en hiver(certaines régions de la wilaya dépassent 1200mm/an),doivent être suivies de précautions d’emploi ,car celles-ci se désintègrent plus facilement à l’humidité ,d’où leur fragilité ,si elles ne sont pas protégées par un toit en surplomb et de solides fondations. En cela donc, les blocs en terre-ciment se prêtent à la construction de bâtiments assez élevés (jusqu’à trois étages) et résistent mieux aux intempéries.
Par ailleurs ,on retiendra d’autres techniques de construction peu coûteuses. Celles-ci consistent à alterner briques cuites et briques séchées au soleil avec une épaisseur de 34 cm ou briques cuites et mortier (au lieu des briques séchées au soleil). Les murs seront ainsi plus stables. Le jointement de ces briques se fera à l’aide d’un mortier d’adobe.
Enfin, pour éviter l’érosion de la base du mur par les eaux de ruissellement pendant la saison des pluies, il est suggéré que celle-ci soit réalisée en briques cuites et ciment.

Les toits en terre
Une seule technique, celle de la coupole et de la voûte, permet la réalisation solide des toits en terre, en briques séchées au soleil.
Cette technique n’est efficace que sous les latitudes à faible pluviométrie (inférieure à 640 mm/an).
En conclusion, et en guise de complément ,une autre variante technique pourrait être exécutée donc, celle en l’occurrence consistant en la réalisation de fondations en moellons irréguliers ,d’un sol avec une couche de graviers recouverte de ciment (évidemment ces dernières sont communes aux variantes suscitées) et des murs en briques séchées au soleil posées entre les piliers (colonnes) de briques cuites reposant sur un toit reposant sur une charpente en bois.

Les mesures préventives
Si les inconvénients auxquels peut faire face la construction en terre crue sous un climat humide (pluviométrie de l’ordre de 760-1270 mm/an) sont essentiellement les tassements et les fissures de retrait ,l’érosion des murs et des fondations provoquée par les eaux de ruissellement ,et enfin les dégâts mécaniques, les mesures préventives y afférentes, elles, s’articulent principalement autour :
- d’un bon choix de terre ;
- d’un bon agencement et d’écoulement ;
- d’un dallage en béton autour du bâtiment ;
- de gouttières et de tuyaux ;
- d’une bonne couverture et d’un toit en surplomb et véranda.
Intéresser les populations rurales à ces techniques de construction en terre crue reste toutefois lié à la réhabilitation d’une tradition séculaire et méditerranéenne dans l’acte de bâtir tout en pensant à l’améliorer et la perfectionner à l’aide d’outils ou de moyens modernes.
Les collectivités locales doivent, en outre, avec la collaboration des bureaux d’études, des entreprises, mettre en œuvre des programmes utilisant ces techniques (élaboration des projets pilotes, confection de guides de vulgarisation pour les auto-constructeurs, conseils techniques, etc.). La mise à la disposition aussi de moyens matériels, tels que la presse «Cinva», serait la bienvenue pour ces mêmes auto-constructeurs.
Qui sait, peut-être qu’une fois toutes ces mesures prises, on assistera aussi à l’avènement de l’éco-habitat sous nos contrées ?
Enfin, il est nécessaire de signaler que l’utilisation de ces techniques de construction se répand de plus en plus à travers le monde, même dans les pays riches.
H. T.

(*) Inspecteur en bâtiment, Montréal, Québec (Canada).
Bibliographie 
1- Environnemental Aspects of Human, A, L Mabogunje,1989.
2- K. Noui-Mehedi, African Environment, Vol II ; Nos 1-2,Dakar,1976.

Glossaire
Adobe : mot d’origine arabe ou berbère, assimilé en espagnol et transmis aux Amériques, où il est aussi utilisé en anglais.
Pisé : mot français apparu à Lyon en 1562 et repris dans plusieurs langues.
Cinva (la presse) : la presse à bélier Cinva est une machine simple ,bon marché, portative, pour fabriquer des blocs de construction et des carreaux en terre.

 

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