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Culture

Le mouvement citoyen et le 4e art Le Hirak en citation directe !

Publié par Sarah Haidar
le 19.02.2020 , 11h00
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A travers l’exemple de deux pièces théâtrales récentes, le phénomène d’un «recyclage» du Hirak dans la création artistique apparaît de plus en plus comme une pratique appelée à se généraliser, notamment sur les planches. 
Khatini, d’Ahmed Rezzak, qui a affiché complet à Alger trois jours de suite et Rajïne de Hamida Aït El-Hadj adapté d’un texte de Tahar Ouettar sont deux parmi d’autres exemples illustrant une tendance qui prend d’assaut le théâtre algérien : le recours à la sémantique du mouvement citoyen du 22 février. 
Depuis toujours, le théâtre en Algérie ne s’est jamais dissocié des problématiques politiques du pays. C’est même l’art politique par excellence, compte tenu de son Histoire et de son caractère populaire. De Hassan El Hassani à Ahmed Rezzak en passant par Slimane Benaïssa et Medjoubi, la dérision ou la tragédie ont tenté de combiner messages politiques et œuvre artistique. 
La parabole, la métaphore et le soin porté à la forme ne sont néanmoins pas toujours au rendez-vous : la facilité et le discours direct l’emportant parfois sur le reste. Depuis le début du Hirak, le théâtre prend à bras-le-corps l’Histoire en marche et s’approprie, parfois sans grands efforts, les codes et les messages du mouvement du 22 Février, ce qui affole systématiquement l’applaudimètre et attire le grand public. 
La standing-ovation ayant couronné Khatini lors de sa générale à Alger aux cris de «Algérie libre et démocratique» illustre parfaitement le succès d’une telle formule. La pièce décrit un contexte d’anticipation où le pays est littéralement vidé de ses jeunes dont il ne reste qu’un seul, convoité par le pouvoir politique, lequel est évidemment incarné par des grabataires croulants et mesquins. Quant à Hamida Aït El-Hadj, elle reprend la nouvelle Les martyrs reviennent cette semaine de Tahar Ouettar en la mettant au goût du jour et en introduisant une forte présence féminine. 
Dans les deux pièces et, à plus forte dose, chez Ahmed Rezzak, l’ombre du Hirak plane sur la scène. Les dialogues sont en effet truffés de slogans tirés directement des manifestations du vendredi, tandis que le personnage du président et de son général caricaturent le binôme politique d’hier et d’aujourd’hui. Pour sa part, Rajïne fait porter au personnage d’un noble poète la charge dénonciatrice égrenant les injustices et les abus dont les dirigeants se sont rendu coupables. 
Le propos est généralement enveloppé dans un  canevas humoristique chez Rezzak et tend vers le  mélodrame chez Aït El Hadj. Comme souvent dans ce genre de pièces, le texte prend largement le dessus sur la forme et, notamment, la mise en scène qui, dans le cas de Khatini, se résume à une direction d’acteurs (très nombreux) qui se donnent la réplique sans discontinuer. Même verbosité dans Rajïne bien qu’on peut y déceler un certain effort formel. 
Ainsi, il y a dans la production théâtrale récente un tel engouement pour la reproduction, souvent paresseuse, des paradigmes du Hirak qu’on frôle parfois la photographie du réel avec son lot déclamatoire, moralisateur et peu élaboré artistiquement. 
Sarah H.

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