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Culture

10e FICA Lutte des classes, féminisme et questions africaines au menu

Publié par Sarah Haidar
le 05.11.2019 , 10h00
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Trente-deux films participeront cette année à la 10e édition du Festival international du cinéma d’Alger dédié au film engagé qui se tiendra du 7 au 16 novembre à l’Office Riadh-el-Feth.
Les dates habituelles du Festival international du cinéma d’Alger seront décalées cette année pour cause d’agenda électoral. Ainsi, au lieu du traditionnel mois de décembre, le 10e Fica s’ouvre ce jeudi à la salle Ibn Zeydoun avec le long-métrage d’animation Wardi réalisé par le Norvégien Mats Grorud. 
Autre nouveauté 2019 : le festival durera plus longtemps que d’habitude ; dix jours entiers de cinéma engagé venu de dix-sept pays dont l’Algérie, Cuba, l’Égypte, la Tunisie, le Sahara Occidental, le Burkina Faso, le Niger, la Serbie, l’Italie, l’Espagne, etc. 
Lors d’un point de presse animé par la directrice du Festival Zehira Yahi et son directeur artistique Ahmed Bedjaoui, ces derniers ont exposé les grandes thématiques de cette 10e édition, à savoir les questions de cohésion et de dislocation sociales, la lutte des classes, le féminisme, l’Afrique, etc. 
Parmi les longs-métrages fiction sélectionnés cette année, citons le dernier de Merzak Allouache Paysages d’automne qui sera projeté en avant-première mondiale le mardi 12 novembre à 19h. On y retrouve Salima Abada dans le rôle d’une journaliste d’investigation travaillant à la fois sur des meurtres de lycéennes embrigadées dans un réseau de prostitution et sur la tragédie de réfugiés subsahariens traversant l’Algérie pour rejoindre l’Europe. 
Le célèbre cinéaste égyptien Khaled Youcef sera également de la partie avec son film Karma qui raconte l’interversion de deux vies que tout oppose : celle d’un homme d’affaires musulman menant une vie terne et d’un chômeur copte peinant à joindre les deux bouts. Quant à la section documentaire, elle verra le passage de plusieurs films percutants à l’instar de Corleone, le parrain des parrains de Mosco Boucault, Le silence des autres d’Almudena Carracedo qui revient sur l’amnésie organisée autour des crimes du régime franquiste en Espagne ; on aura également l’occasion enfin de découvrir le dernier film de Hassen Ferhani 143, rue du désert qui sera projeté en avant-première nationale. 
L’une des nouveautés de cette 10e édition est l’instauration de la compétition court-métrage où l’Algérie est présente en force : Youcef Mahsas qui raconte dans Hadi hya le passé ténébreux de Sarah, jeune mère de famille luttant au jour le jour avec son époux pour gagner de quoi vivre ; Mennad Embarek qui revient sur le trauma de la décennie noire avec La fausse saison où une jeune recrue de la mouvance islamiste armée est chargée d’assassiner son voisin chanteur de cabaret ; Yanis Khelloufi qui dresse le portrait du militant politique et associatif Farès Kader Affak ; Abdallah Aggoun qui raconte dans Soutra le destin d’un ancien patriote ayant combattu les terroristes islamistes ; Saâdia Gacem qui questionne dans Felfel ahmar le code de la famille et le code de sa famille, etc. 
Les jurys fiction, documentaire et court-métrage seront présidés respectivement par Pierre-Henri Dellau, Saâd Khiari et Mouni Boualem. Deux rencontres sont également prévues au cours du festival à l’instar d’une table ronde autour du thème «Femmes de cinéma, femmes au cinéma» à laquelle participeront la productrice algérienne Amina Haddad, la militante associative italienne Anna Bucca, la réalisatrice burkinabaise Apolline Traoré, la réalisatrice française Jacqueline Gozland et l’écrivaine italienne Luciana Castellina.
Interrogés sur l’absence du long-métrage à succès international Abou Leila de Amin Sidi-Boumediene de la programmation du Fica, les organisateurs affirment qu’il était bel et bien prévu avant que l’équipe du film ne change d’avis. Ce fut aussi le cas pour Heliopolis  de Djaâfer Gacem qui a retiré son film à la dernière minute pour «lui donner l’occasion de faire sa carrière à l’international». 
Ahmed Bedjaoui précisera à ce propos que ces deux œuvres ayant été financées par le contribuable, devraient d’abord être vues par le public algérien d’autant plus que les festivals internationaux n’exigent pas l’exclusivité pour ce qui est des  avant-premières dans les pays producteurs. 
S. H.

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