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Culture

Un nouveau Ciné-club voit le jour à Fouka «Redonner vie à une ville culturellement moribonde»

Publié par Sarah Haidar
le 09.10.2019 , 11h00
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Fouka, l’une des villes du Centre les plus déshéritées culturellement, vient de se doter d’un nouveau ciné-club. Créé par la comédienne Leila Touchi, le «Ciné 7ouma» sera inauguré ce samedi 12 octobre. 
C’est dans l’ancienne salle de cinéma de Fouka (commune de la wilaya de Tipasa), transformée depuis de longues années en salle polyvalente servant entre autres à célébrer des mariages, que le nouveau ciné-club verra le jour. La première projection qui aura lieu ce samedi à 15h30 célébrera la mémoire du cinéaste Moussa Haddad, décédé le 17 septembre dernier, à travers la présentation-débat de son dernier film Harraga blues (2012). 
Sur la genèse de son projet, la jeune comédienne Leila Touchi raconte que l’idée fermente depuis quelques années mais une certaine atmosphère hostile dans sa ville l’en a longtemps dissuadée. L’actrice fut, pour rappel, victime d’une agression en février 2018 à cause de son métier. «J’ai longtemps réfléchi à la question et, ayant fait l’effort de dépasser mes peurs, j’ai compris que seule la culture pouvait venir à bout de telles pratiques et mentalités misogynes et obscurantistes», nous dit-elle. 
Leila bénéficiera ensuite d’une formation dans la gestion des ciné-clubs dans la ville tunisienne de Hammamet où elle a été envoyée par les Rencontres cinématographiques de Béjaïa. Cela lui a permis de penser son projet avec plus de détermination et de mener des tractations assidues avec les autorités locales afin de récupérer la salle de cinéma de Fouka. Le «Ciné 7ouma» voit donc le jour avec un programme thématique mensuel à raison d’une projection tous les samedis. 
Pour le mois d’octobre, la salle de cinéma abritera le cycle du cinéma algérien : après «Harraga blues», le ciné-club prévoit de programmer Jusqu’à la fin des temps de Yasmine Chouikh (2018) et Le puits de Lotfi Bouchouchi (2015). Les autres thématiques ainsi que le choix des films dépendront également des préférences et propositions des habitants de la ville que Leila Touchi compte bien associer à la programmation. 
En effet, l’une des motivations majeures de la jeune comédienne découlait du fait que la population de Fouka était en forte demande d’une activité artistique dans une ville où l’encéphalogramme culturel était totalement plat : «Fouka est un désert culturel. La ville la plus proche où on pouvait assister à des concerts ou des pièces de théâtre, c’est Koléa ou bien Alger pour le cinéma. Or, tout le monde n’a pas les moyens de se déplacer. Il existe, néanmoins, des associations ici mais complètement dépourvues de moyens», déclare Leila. 
S. H.

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