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Le Soirmagazine

L’entretien de la semaine Dr Mustapha Zebdi, au Soirmagazine : «Il faudrait dresser un état des lieux et une planification des transports»

Publié par Sarah Raymouche
le 17.03.2018 , 11h00
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Dr Mustapha Zebdi, Président de l'Association de protection et d'orientation du consommateur et son environnement (Apoce), au soirmagazine : «Il faudrait dresser un état des lieux et une planification des transports»

Dans cet entretien, Dr Mustapha Zebdi, président de l'Association de protection et d'orientation du consommateur et son environnement (Apoce), dresse un constat de la situation des transports terrestres et qualifie les réclamations des usagers. De même, il revient notamment sur le manque de contrôle.


Soirmagazine : Le transport est un des énormes chantiers lancés par les pouvoirs publics...
Dr Mustapha Zebdi
: Il va sans dire qu’il y a une nette amélioration par rapport aux années précédentes. C’est indéniable. La flotte du parc roulant assurant le transport des usagers est plus importante. Cependant, la qualité des transports n’est pas du tout au rendez-vous. Elle est réellement en dessous des attentes. Elle est dérisoire. Nous pouvons prendre comme exemple les taxis. Il faut savoir qu’en 2016 a été publié le décret exécutif n° 16-82 du 1er mars 2016 modifiant et complétant le décret exécutif n° 12-230 du 24 mai 2012 portant réglementation du transport par taxi. Il est indiqué que le transport par taxi est effectué sous forme de services taxis individuels ; services taxis collectifs urbains et services taxis collectifs non urbains. L’accès à l’exploitation d’un service de taxi à titre individuel ou en société de taxis est subordonné à l’obtention préalable d’une autorisation d’exploitation accordée par le directeur des transports de wilaya territorialement compétent, après avis de la commission technique des taxis de wilaya. La loi stipule que nul ne peut postuler à l’obtention de l’autorisation d’exploitation d’un service de taxi s’il ne remplit pas les conditions requises. Il s’agit pour les personnes physiques d’être âgées de vingt-cinq (25) ans, au moins ; jouir de ses droits civils et civiques ; être de nationalité algérienne ; présenter les garanties de moralité et ne pas être frappé d’une des incapacités ou interdictions d’exercer consécutives à une condamnation ; justifier d’une assurance contractée contre les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile professionnelle. Il est exigé notamment que la demande d’autorisation d’exploitation d’un service taxi doit être déposée auprès du directeur des transports de wilaya territorialement compétent. Il lui est remis un accusé de réception. Le postulant à l’autorisation est soumis à une enquête administrative effectuée par les services de sécurité compétents qui sont tenus de faire connaître à la commission technique des taxis de wilaya leur avis dans un délai de deux (2) mois à compter de la date de la saisine. Par ailleurs, le directeur des transports est tenu de répondre au postulant dans un délai de trois (3) mois, à compter de la date de réception de la demande d’autorisation. L’autorisation est refusée si : - le postulant ne remplit pas les conditions requises ; - la demande de recours doit parvenir au ministre des Transports dans un délai d’un (1) mois à compter de la notification du refus. Toutefois et conformément aux dispositions de la loi, tout exploitant d’un service taxi peut assurer sur ses lignes régulières, moyennant rémunération, le transport des dépêches de la poste aux lettres et des colis postaux que l’opérateur de la poste lui confie. Les sanctions administratives de l’activité de transport par taxi sont prononcées par le wali, après avis de la commission de sanctions de wilaya conformément à la législation et à la réglementation. Les taxis sont rattachés à une commune et affectés à un point de stationnement. Ils effectuent leurs prestations soit à partir de leur point de stationnement, soit à tout point de la voie publique. Les radio-taxis sont dispensés de l'obligation de chargement dans les stations de taxis.

Jusque-là, l’aspect de qualité n’a été pas mentionné…
Non, j’ai abordé l’aspect administratif. Mais l’aspect qualitatif est enfin abordé dans ce texte de loi. Les taxis doivent être entretenus en bon état de marche et respecter les bonnes conditions d'hygiène. Ils doivent permettre le transport assis des voyageurs et être équipés du matériel de secours (notamment un extincteur) et de signalisation nécessaire. Mais il n’y a pas de contrôle. Donc, les taxieurs ne font pas attention à cet aspect. De plus, il n’y a pas de rigueur pour les horaires de transport. C’est une réalité vécue quotidiennement par les usagers. Il y a absence de tout moyen de transport à partir d’une certaine heure entre 17h30 et 18h. Les usagers sont à ce stade dans l’obligation de recourir à un clandestin avec tous les dangers et risques pour l’intégrité physique et les dépenses financières importantes.

En 2013, il y a eu les grandes assises nationales sur le transport. Il était prévu certaines mesures, notamment celles liées au contrôle. Qu’en est-il cinq ans après ?
A notre niveau, nous n’avons enregistré aucune avancée notable. Il y a eu peut-être des recommandations dont nous n’avons même pas reçu une copie. Nous, au niveau de notre organisation, nous participons à différentes rencontres, mais concrètement nous ne voyons pas de résultat par rapport à cet aspect. A ce jour, nous recevons des requêtes, notamment celles liées aux tarifs. Il n’y a pas de contrôle tarifaire. Il faut savoir que, selon le nouveau barème, pour le transport collectif urbain des voyageurs, le prix d’un ticket pour une ligne d’une distance de moins de cinq kilomètres est de 20 DA.Les tarifs augmenteront par la suite selon la distance parcourue (25 DA pour une distance de 5 à 10 km, 35 DA de 10 à 20 km et 45 DA de 20 à 30 km). Pour le transport inter-wilaya (plus de 30 km), le tarif est de 1,55 DA par km et par place pour une distance comprise entre 30 et 100 km, 1,9 DA par km et par place pour une distance entre 100 et 200 km, 1,85 DA par km et par place pour une distance entre 200 et 600 km et 1,75 DA par km et par place pour une distance entre 600 et 900 km. Au-delà de 900 km, le prix est de 1,70 DA par km et par place. Il y a même une confusion dans l’esprit des usagers. Malgré leur requête et notre suivi, nous n’avons pas un retour de la part de certaines directions de commerce pour le respect de ces tarifs.

Et qu’en est-il de la planification des lignes ? Dans certaines communes, à l’image d’Alger-Ouest, il y a une quasi- inexistence des transports en commun…
C’est une bonne question. Nous considérons qu’il y a une incohérence dans la planification. Il faudrait qu’il y ait un état des lieux. Nous avons établi de petites études. Sur certaines lignes, il y a une saturation et d’autres sont vides. Il faudrait dimensionner le nombre des véhicules selon les besoins. Il y a aussi le spectre de l’éventuelle autre augmentation tarifaire. Il faudrait trouver une juste moyenne entre le prix et le service.Il faut noter aussi que les réclamations varient au niveau de chaque région. Chacune d’elles a ses préoccupations. Pour les grandes wilayas, il s’agit de la disponibilité et de la tarification mais pour les autres, il s’agit surtout de tarification. Comme l’exemple de la wilaya de Laghouat où nous avons saisi le premier responsable car il y a eu une augmentation de 50% des prix.

Y a-t-il des réclamations relatives au métro et au tramway ?
Ils sont vraiment minimes par rapport aux autres moyens de locomotion. Ils ont mis en place les outils nécessaires, notamment avec une présence importante d’agents de sécurité.

De nouvelles applications mobiles pour le service de transport ont été lancées récemment. Qu’en pensez-vous ?
Cela ne peut être qu’une valeur ajoutée, d’autant plus que le client peut connaître le coût à l’avance. A notre niveau, nous encourageons ce genre de prestations, qui peuvent être considérées comme un palliatif, notamment pour réduire le nombre des clandestins.

 

 

 

 

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