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LA COMMISSION EUROPÉENNE RECOMMANDE DE PASSER OUTRE L’ARRÊT DE SA PROPRE JUSTICE Bruxelles cautionne le brigandage

Publié par Aziouz Mokhtari
le 13.06.2018 , 11h00
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De notre bureau de Bruxelles Aziouz Mokhtari
Le contournement de l’arrêt de la Cour de justice européenne proposé par les commissaires de l’UE est-il une trahison ? Un risque majeur par le gouvernement de l’UE ? Un diktat de deux Etats membres, France et Espagne ? Une provocation à des desseins inavoués ?
 Mis à part la trahison à exclure dans ce cas de figure, l’UE n’a jamais voulu abandonner les actes de brigandage au Sahara-Occidental et seul le Maroc peut lui garantir cet état de fait, de non-droit, les autres hypothèses peuvent être disséquées. Le risque majeur, notamment. Les juges  de Luxembourg-City n’ont pas demandé -  comment pouvaient-ils seulement l’envisager ? - aux dirigeants européens d’interpréter leur décision, mais de l’appliquer en considérant au premier chef «le Sahara-Occidental, distinct du Maroc» et qu’en conséquence ni Bruxelles, ni Rabat ne peuvent légalement y faire commerce. Pourtant, comme d’habitude, les 28-7 (brevet oblige) veulent passer outre et s’asseoir sur l’arrêt de la cour de leur propre justice. La série de mensonges pour faire croire que l’on ne dupe personne. Bruxelles n’a pas consulté les Sahraouis comme prétendu, à moins de considérer les colons marocains comme des Sahraouis pour proposer ces nouvelles directives de la rapine. La Coordination des associations du Sahara-Occidental, 89 au total, avait, l’on s’en souvient, communiqué là-dessus. Les représentants de la société civile du Sahara-Occidental ont exigé de l’Union européenne qu’elle négocie avec le Front Polisario, uniquement avec le front Polisario. Mohamed Sidati, reçu il y a quelques semaines par des membres de la DG de la Commission, leur avait signifié la disponibilité du Polisario à ne pas mettre en péril les intérêts des agriculteurs et pêcheurs marocains, si toutefois Bruxelles acceptait de parler du Sahara-Occidental non pas avec la puissance occupante (le Maroc) mais avec les représentants du peuple (Polisario et République sahraouie). Les commissaires français, Michel Barnier et Pierre Moscovici, véritables lobbyistes marocains, renforcés par les Espagnols, stressés par l’affaire et soumis aux oukases de Paris, font adopter le contournement d’avant-hier dans lequel il font semblant d’appliquer la décision de justice tout en la piétinant. 
Le tout enrobé dans une littérature sciemment complexe pour désarçonner les adversaires  et rassurer dans leur camp. Comme l’exécutif européen a indiqué avoir «adopté deux propositions relatives à un accord sous forme d’échange de lettre passé entre l’UE et le Maroc…»
Ensuite, il y a ceci : «La proposition apporte des modifications au protocole n°4 et au protocole n°1 de l’accord d’association UE-Maroc et prévoit l’octroi de préférences aux produits du Sahara-Occidental…»
Ensuite, les rédacteurs du texte n’hésitent pas à aller vers l’escroquerie, le canardage en écrivant «les services de la Commission et de l’action extérieure soutiennent avoir mené un large exercice de consultation des populations du Sahara-Occidental».
Ce qui est évidemment faux. Sidati, au nom du Polisario, et les associations de la société civile sahraouie le rejettent catégoriquement. Les formules pompeuses de la communication européenne veulent, tout simplement, indiquer que Bruxelles et rabat continueront de piller les ressources naturelles du Sahara-Occidental en pactisant avec le Maroc. Fureur de Sidati, ministre sahraoui. Gilles Devers, barreau de Lyon et principal avocat du Polisario à Luxembourg-City, avait pressenti, il y a quelque temps, que les commissaires préparaient un coup tordu. Il les avait avertis. «Attention, attention, là, il ne s’agit pas de politique, mais de justice, l’UE risque gros en ne s’y conformant pas.» Dans les coulisses du Parlement européen (PE), où il était invité, il lâche cette prémonition : «Préparons-nous à la demande des saisies des navires de pêche et ceux transportant les produits agricoles du Sahara-Occidental. Les compagnies d’assurances, les banques, les investisseurs, les actionnaires doivent savoir qu’ils paieront fort et cash s’ils poursuivent l’aventure avec la Commission européenne dans ce territoire (S. Occidental-ndlr.).»
Nous sommes rentrés dans le m’saqui (plat principal). L’UE se fourvoie encore une fois et elle ose pleurnicher quand Trump l’humilie, l’insulte, ne la calcule pas et la traîne dans la boue !
A. M

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