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Sous pression des nationalistes La Suède se cherche un gouvernement

Publié par Agence
le 11.09.2018 , 11h00
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Une période d'incertitude s'ouvrait hier en Suède après les législatives qui ont confirmé l'ancrage de l'extrême droite et accouché d'une équation à trois inconnues : qui a gagné ? qui va gouverner ? avec qui ? 

La formation d'un nouveau gouvernement pourrait prendre «des semaines, voire des mois», a prévenu hier Anders Ygeman, président du groupe social-démocrate au Parlement. 
D'ordinaire, devient Premier ministre le dirigeant du parti qui a rassemblé le plus de suffrages ou celui jugé le mieux à même de former un gouvernement.  
Mais le paysage politique extrêmement fragmenté de la Suède complique tous les calculs. Aucun des deux grands blocs dominants de l'échiquier politique n'a obtenu la majorité face à une extrême droite qui progresse encore, quoique moins qu'elle n'espérait. 
Si les partis traditionnels veulent contenter l'opinion, «il leur faudra beaucoup d'imagination», prédisait dimanche le quotidien Svenska Dagbladet. 
Le bloc «rouge-vert» sortant jouit de la plus petite avance possible sur l'opposition du centre et de droite : un seul siège. Et il reste à dépouiller le vote des Suédois de l'étranger, souvent favorable à la droite. Ce sera fait mercredi. 
Les sociaux-démocrates, qui restent le premier parti de Suède, ont perdu 2,8 points par rapport à 2014, et réalisé leur plus mauvais score depuis plus d'un siècle. 
La gauche avec qui ?
La gauche compte rempiler pour un nouveau mandat de quatre ans, mais avec qui ? 
Les dirigeants de l'opposition lui ont exprimé une fin de non-recevoir, appelant le Premier ministre à démissionner. 
Stefan Löfven peut tenter de refaire le coup de 2014 : former un gouvernement minoritaire avec les écologistes et le soutien au Parlement du parti de gauche (ex-communistes), puisque le camp d'en face est encore plus minoritaire. 
Il serait alors sous la menace permanente de l'opposition, en embuscade pour l'empêcher de légiférer et le faire tomber à la première occasion, par exemple sur le budget dès octobre, avec les voix de l'extrême droite. 
Il pourrait aussi jouer l'ouverture et inviter libéraux et centristes à la table des négociations, tout en restant, là encore, minoritaire. 
Tout dépendra du rapport de force final. 
«Si le bloc gauche-vert est plus important, le Centre et les libéraux ont la clé, et non plus le dirigeant d'extrême droite Jimmie Åkesson», a estimé Mikael Gilliam, professeur de sciences politiques à l'Université de Göteborg, à la radio publique SR. 
Pure politique fiction à ce stade : libéraux et centristes sont membres de l'Alliance du centre et de la droite, avec les conservateurs et les chrétiens-démocrates. Et leur objectif est de tenter de former ensemble un gouvernement comme ce fut le cas entre 2006 et 2014, emmené cette fois par le conservateur Ulf Kristersson. 

Droite en position délicate
La partie ne s'annonce pas facile : ils auront forcément besoin de voix de l'extrême droite, qui a obtenu 17,6% des suffrages — une hausse de près de cinq  points, et cela ne sera pas gratuit. 
«Nous avons 62 mandats, cela veut dire que nous ne pourrons pas obtenir tout ce qu'on veut mais je m'attends à une influence proportionnelle à notre taille», a annoncé M. Åkesson à SR. En Autriche, l'extrême droite, au gouvernement depuis décembre, s'est félicitée du résultat, qui montre que «les partis qui croient pouvoir ignorer ou nier les problèmes résultant de l'immigration massive» sont «punis» par l'électeur. 
M. Kristersson privilégie plutôt des compromis avec les sociaux-démocrates, comme ce fut le cas ces quatre dernières années avec la signature de 26 accords, sur l'immigration, l'énergie et le climat notamment. 
Au cas où la défaite du centre-droit se confirmerait, cette continuité semble la moins mauvaise des solutions pour lui, estime David Ahlin, directeur du département opinion de l'institut Ipsos. 
Mais «la situation est extrêmement incertaine. Seulement 30 000 voix séparent les deux blocs et mercredi seront comptées les 200 000 votes des Suédois de l'étranger», rappelle-t-il. «Le plus probable est que l'Alliance reste constituée en coalition et essaie d'obtenir un soutien de l'autre côté de la ligne des blocs». 
A Stockholm, les électeurs étaient dans l'expectative. 
«Certains évoquent la possibilité d'une nouvelle forme de gouvernement (...) avec des blocs autour de questions politiques spécifiques, ce qui est une nouvelle possibilité et peut-être la seule solution compte tenu de la polarisation actuelle des deux blocs, je ne serais pas surprise si cela se passait», estimait Anna, une chercheuse. 
Le porte-parole de l'UE, Margaritis Schinas, s'est dit confiant dans le fait que le prochain gouvernement «continuera à travailler dans l'esprit du fort engagement de la Suède à l'Union européenne». 

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