Rubrique
Société

LA PRODUCTION DES RAISINS DE TABLE À TIPASA Des vestiges et de vieux souvenirs

Publié par Houari Larbi
le 07.08.2019 , 11h00
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Est-ce que la prolifération de la maladie du mildiou aurait affecté aussi gravement la production des raisins de table dans la wilaya de Tipasa, à l’instar du muscat, en le rendant indisponible ?
La gestion des vignes à l’aide du système pergola, quoique coûteuse, assure un meilleur rendement et une grande productivité dans plusieurs cépages comme le gros raisin noir, le raisin dattier, ainsi que les raisins de type Italia, Victoria, Red Globe et le Palleli. Les supports pergola étaient utilisés dans les années 1970 et 1980 dans la wilaya de Tipasa, avec le cépage Sabel et le Red Globe qui, malheureusement, n’a pas connu l’évolution tant attendue. Aujourd’hui, le raisin de table de Tipasa, qui est, pourtant, un produit de renommée nationale, avec le célèbre muscat de Cherchell, est commercialisé avec des prix prohibitifs qui avoisinent les 300 dinars le kilo.
À quoi est due la raréfaction de la production ?

Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer cette crise, notamment l’absence ou l’insuffisance d’accompagnement par l’Etat d’une formation au profit des jeunes vignerons qui, dans leur majorité, ignorent tout de la vigne en recourant à la solution de facilité et procèdent à l'arrachage de la vigne ; cela d’une part, d’autre part, plusieurs vignerons semblent méconnaître les techniques de la taille des pieds de vigne et, partant, leur gestion traditionnelle qui nécessite une formation. Certains révèlent que la vigne en système pergola utilise les mêmes phases de gestion que les autres vignes mais diffère dans la technique de la taille du pied de vigne, l'irrigation au goutte-à-goutte et la fertilisation. Ils indiquent également que la production du raisin en pergola permet un rendement de 4 à 5 fois supérieur que la vigne traditionnelle. Enfin,ils soulignent, en outre, que la maladie du mildiou, à l’instar des autres wilayas, affecte durement la production des raisins de table dans un taux de 60% environ. Cette maladie a, en effet, touché la quasi-totalité des vergers. Les fellahs ont eu la malheureuse idée d’opter pour un seul cépage, indique un autre vigneron. On nous apprend, par ailleurs, que la diversification des cépages dans certaines wilayas observe le respect du cycle évolutif de chaque cépage . Rappelons, en marge de cette situation, d’autres problèmes, comme la crise induite dans l’arboriculture fruitière et l’infection due au feu bactérien qui n’a pu être résolue que par l’arrachage des arbres, en se basant sur l’expertise des spécialistes des pays voisins qui ont une expérience dans ce domaine, et qui ont opté pour des cycles de formation au profit des agriculteurs. A l’image de ces expériences, des experts révèlent que le rendement à l'hectare se situe entre 250 et 400 quintaux, selon le cépage et recommandent l'utilisation de nouvelles technologies en abandonnant les méthodes traditionnelles. Hélas, les beaux muscats et dattiers ont partiellement disparu de nos tables depuis plusieurs années, en raison, notamment, de leurs prix élevés. Le raisin, qui est le fruit le plus prisé et le plus présent lors des fêtes, n’est disponible dans les marchés que pour la gamme des bas prix. Malgré ces qualités de troisième choix, ce produit reste mieux classé que la pastèque, le melon, ou la pêche. Il faut dire, par ailleurs, que la production du vignoble a connu, ces dernières années, un engouement de la part des jeunes agriculteurs. Quant au muscat de Cherchell, son inexorable disparition ne s’explique pas par les faibles potentialités agricoles réduites comme peau de chagrin, à la suite de l'application des décisions politiques, d’arracher tous les vignobles, quelques années après l'indépendance de l'Algérie, malgré les promesses de l'Etat de faire redémarrer le secteur agricole au niveau de la wilaya de Tipasa. Bien entendu, la viticulture sera appelée à jouer, de nouveau, son rôle dans la stratégie du développement agricole de la wilaya, bien que la superficie globale pour la viticulture s'élève à 1 078 ha. Dans le cadre du plan national de développement agricole, la région a, pourtant, bénéficié d'un programme de 490 ha de plantation de vigne, dont 150 ha étaient destinés à la transformation. La superficie productive, qui est estimée à 891 ha, a, pourtant, permis d'obtenir 45 500 q de raisin pour une production de 70 litres de vin à partir d'un quintal de raisin. Par déduction, l’ensemble des campagnes précédentes auraient permis à la région de produire plusieurs millions de litres de vin. La destruction des caves vinicoles de Tipasa à l’instar de celles de Sidi Amar, de Sidi Ghilès et de Cherchell ne voit subsister que les caves de Meurad, Bourkika, et Ahmeur-el-Aïn, ayant une capacité globale de stockage de près de 100 000 hl, tandis que leur capacité globale de transformation s'élève à près de 90 000 q. S’agissant de la vigne de table, la wilaya de Tipasa enregistre une superficie productive de 2 734 ha sur un total de 3 080 ha. Les prévisions sont estimées à plus de 200 000 q, soit un rendement de 75 q à l'hectare. Quant au muscat de Cherchell, il est devenu raisin de table dès les années 1950. C’étaient sa saveur, sa forme, sa couleur et son goût qui le rendirent très aimés par les Algériens.
Houari Larbi

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