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Société

Religion et traditions en Algérie La vraie nature du soufisme

Publié par Ghazi Boucharef
le 12.09.2019 , 11h00
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«Ta tâche n'est pas de chercher l'amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l'amour.» 
(Djalel Eddin Rumi)

En ces temps de cécité et de confusion, l’individualisme n’a de cesse de se propager et le dévouement personnel n’est plus de mise. 
En Algérie, la décennie noire en a obscurci plus d’un. Le clivage qui en a découlé entre des supposés frères, n’a jamais été aussi frappant. Calomnies, préjugés et mensonges s’entremêlent dans un brouhaha de recherche de l’autre, en dépit d’une totale perte de soi. Or, selon toute vraisemblance, certains ont opté pour un cheminement spirituel dont le but est la connaissance de soi pour une proximité permanente avec le Divin. Sans sortir des valeurs d’un Islam pur de toute déviance, ils ont choisi une voie de paix, de beauté et d’amour. Cette voie, le soufisme, est malheureusement et sottement dénigrée par beaucoup. De nos jours, le soufisme pose problème à la plupart des algériens, non par ignorance mais seulement par les enseignements de pseudo-savants en carton. Certains Algériens, notamment, confondent chiisme et soufisme, d’autres réfutent, en toute conviction, le moindre lien de cette voie avec l’islam, car disent-ils, «elle n’est qu’associationnisme et innovations».  
En réalité, pour toute personne bien renseignée, le soufisme est une voie faisant partie intégrante de la religion islamique. En effet, elle est destinée à celui ou celle dont le choix est de vivre une spiritualité à la fois, vivante et discrète, sans forcément délaisser son train-train quotidien. Selon le grand saint musulman du XIe siècle, Abd al-Qader El Jilani, «…leur monde intérieur (les soufis) est purifié et illuminé de la lumière de la sagesse, de l’unité et de l’identité». Les soufis passent leur temps à purifier leur âme de toute souillure engendrée par les péchés. L’évocation du Seigneur, la prière et la bonne action sont le fonds de commerce de leur spiritualité, leur but étant l’Amour du Divin. 
Les soufis, toujours dans cette optique purificatrice, se trouvent en une guerre intérieure sans repos ni merci. A vrai dire, l’ego occupe une place capitale dans la vie de l’homme. S’il n’est pas dompté, il pourrait le dévorer de l’intérieur et le pousser donc vers un mal sans limite. Des idoles tels la fortune, la gloire, les apparences, le pouvoir ou même la passion immodérée, peuvent déterminer la façon d’être et d’agir de toute personne tâtonnant dans la méconnaissance de soi. 
Par ailleurs, l’Algérie a connu bien des saints qui ont marqué son histoire par leurs nobles actions. De ce fait, plusieurs villes ont été nommées en leur hommage tels sidi Abderahmane, le saint patron d’Alger, Sidi Fredj, Bouzaréah, Sidi Bel Abbès, Sidi Moussa etc. Cependant, en cette sainte terre, de nombreux préjugés touchent le soufisme bien que celui-ci y soit présent depuis plusieurs siècles. 
Par exemple, la tradition qui consiste en la visite des mausolées de saints est, pour la plupart, à bannir. Or, dans ce genre de cas, c’est l’intention et le sens qui importent, non la forme à elle seule. Aujourd’hui, maintes personnes ont déclaré, sans être véritablement informées, la guerre contre les soufis et contre tous ceux qui ne suivent pas la forme de leur pratique. «Bien que toute sorte d’individus, ayant différentes pratiques et convictions, rendent visite aux mausolées des saints de jadis, il serait très simpliste de généraliser leurs cas en les mettant tous dans le même sac. En réalité, ils ne sont pas tous soufis. Toute pratique étrangère à ce qu’on a l’habitude de voir en Islam n’est pas forcément soufisme, contrairement à ce que pense la plupart. Beaucoup s’autoproclament soufis sans l’être. 
Le soufisme est seulement une appellation afin d’exprimer l’aspect spirituel de la religion. Il est la dimension ésotérique de l’Islam : son noyau. En outre, la première condition pour être soufi est de ne pas aller à l’encontre du Coran et des prescriptions du Prophète (QSSSL)», affirme un spécialiste du soufisme. «D’ailleurs, ces dernières années, en Algérie, de nombreuses conférences sur le soufisme ont été organisées, clarifiant sa nature dans le but de lutter contre un faux islam importé d’ailleurs.»
«La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre principal guide. Pas votre esprit. Affrontez, défiez et dépassez votre égo avec votre cœur. Connaître votre ego vous conduira à la connaissance de Dieu.» Shams de Tabriz.
G. B.

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