Rubrique
Soit dit en passant

Au chevet du Daesh local, une femme !

Publié par Malika Boussouf
le 17.02.2020 , 11h00
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Une enseignante est mise au ban de l’école parce qu’elle a refusé de porter le voile et vous voilà renouant aussitôt avec ces années funestes où la mort planait sur la tête de celles qui exerçaient le même métier. Elles étaient égorgées pour les mêmes raisons quand elles ne l’étaient pas pour avoir tenu tête aux barbares des groupes armés en continuant à donner cours alors qu’on leur ordonnait de rester chez elles. Les mentalités n’auraient donc pas évolué depuis. Au contraire, les intégristes, qui ont déjà prouvé qu’ils ne lâchaient jamais rien et sacrifiaient tout à leur idéologie meurtrière, veillent au grain.
On n’est pas tous obligés, au motif qu’il faut coller à l’actualité, de s’aligner sur les discours qui fleurissent ici et là, et encore moins sur la nervosité qui les accompagne pour nous empêcher de triompher de l’adversité.
La directrice du CEM, où en principe officie la mère de deux enfants jugée inapte à enseigner dans son établissement, menace de la muter ailleurs. Dans un autre CEM, sans doute, jugé par elle mieux adapté aux comportements déviants et aux fortes têtes, à l’image de l’enseignante qui ose dire non. De quel pouvoir dispose cette dernière pour décider d’une sentence à appliquer à une fonctionnaire ? N’est-ce pas à la tutelle de statuer sur la sanction à lui infliger ou, au contraire, de stopper le harcèlement dont elle est victime ?  Convoquer un conseil de discipline pour lui faire payer ce qu’elle considère comme un écart de conduite relèverait-il de ce genre d’abus favorisés par le fait d’exercer loin des services du ministère ? Un département censé veiller à ce que la démocratisation de l’enseignement, tellement vantée, on se demande bien pourquoi, ne fasse pas la part belle à un corps de fonctionnaires dont des enseignants qui, chemin faisant, la livrent à la médiocratie ambiante. 
Que sommes-nous en droit d’attendre des responsables du ministère ? Vont-ils sévir contre la directrice qui se comporte en tenancière de harem au lieu de conduire son établissement au niveau d’excellence attendu ou faire la sourde oreille pour ne pas se mettre à dos les conservateurs locaux qui conditionnent à l’échec ?   
M. B.

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