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Le monde des sports en Algérie ébranlé par le Coronavirus Feu Tedjani, la peur et la rumeur !

Publié par Mohamed Bouchama
le 30.03.2020 , 06h00
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Depuis la déclaration du premier cas de Covid-19 dans le pays dû à un coopérant italien travaillant au Sud(Ouargla), l’Algérie retient son souffle. Malgré un zeste de plaisanterie due notamment à l’inconscience des gens du danger du nouveau coronavirus, l’alerte est générale et les nouvelles, vraies et fausses, sont légion.
C’est le monde des sports qui, d’après le corps médical, a le plus souffert de la rumeur. Difficile de répondre aux bobards que par des bobards de même acabit. Et ainsi va la rumeur… Réellement, la première mauvaise nouvelle fut le décès d’un ancien judoka, Othmane Tedjani originaire de Médéa, qui a été emporté par le cruel virus. L’athlète qui a accompli le petit pèlerinage(Omra) n’a pu résister à cette infection et est décédé à l’hôpital Mohamed-Boudiaf de Médéa le 18 mars. Il allait avoir 47 ans le 24 juin prochain. Dans le pays, peu de monde prenait conscience que le plus grave est à venir. Le jour de l’annonce du décès de Tedjani par la DSP de Médéa, soit le jeudi 19 mars, l’Algérie comptait 9 victimes pour 90 cas positifs recensés. C’était surtout la première victime relativement jeune parmi les personnes décédées et la première dans le monde des sports. La seule, d’ailleurs, Dieu merci. Car après, que de rumeurs ! Des joueurs de football, mais également des entraîneurs, ont été annoncés positifs alors qu’en fait, ils ne faisaient qu’observer l’obligation de se confiner à l’instar des autres catégories de la société. La notoriété d’Abdelkader Amrani (entraîneur du DH Jadida) qui rentrait du Maroc, de Mokhtar Belkhiter(défenseur international algérien du Club Africain de Tunis), qui revenait de Tunisie avant d’être confiné par mesure préventive dans une cité universitaire de Souk Ahras et de beaucoup d’autres sportifs aura été fâcheuse. Tellement les familles, les proches amis et l’ensemble de l’opinion sportive ne pouvaient imaginer qu’un tel malheur ne pouvait atteindre des gens en bonne santé, des sportifs de haut niveau de surcroît.
L’exemple des cas confirmés dans les milieux sportifs  est à ce titre édifiant sur la dangerosité du coronavirus et de son style peu « chevaleresque» : ceux qui connaissent Sofiane Nechma, l’entraîneur de l’USM Blida déclaré positif lui  et son épouse, Mohamed Bacha, nouvel entraîneur de l’US Béni Douala, qui est originaire de Blida où il a évolué à l’USMB équipe qu’il avait dirigée plusieurs fois, ou encore le président du club de la ville des Roses, Sid-Ali Bencharchali, savent bien que ce sont des personnes qui ont, malgré quelques petits soucis bénins de santé, la forme olympique. Ce sont, avant tout, des sportifs accomplis et ont à peine la cinquantaine. Pour dire que l’âge et les qualités physiques des populations ne sont pas des facteurs avantageux et que seule une discipline de fer quotidienne pendant la période du confinement pourrait réduire les risques de contamination. Ce n’est pas une «blague» non plus que d’entendre Sofiane Nechma rappeler qu’il n’a pas chopé le coronavirus parce qu’il exerce à Blida, le «cluster» algérien en la matière, mais à cause d’une visite d’un membre de la famille vivant en Europe.

Les «expats» veulent rentrer
A bien saisir le propos de Nechma qui est en bonne voie de guérison, le mal nous vient d’ailleurs. Et cet ailleurs représente, selon les statistiques établies par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière  plus de 90% des cas positifs enregistrés. Le retour en masse des Algériens émigrés ou simples touristes qui ont interrompu leurs vacances dès l’annonce de la fermeture des frontières (air, mer et terre) a apporté son lot de malheurs et les autorités du pays, mises entre le marteau et l’enclume, se devaient de prendre les bonnes décisions. Cette frénésie de retourner au pays a déjà coûté la vie à une trentaine de personnes, la plupart contaminées suite à un voyage à l’étranger ou par des membres de la famille ou des proches rentrés exceptionnellement en Algérie pour «fuir» la pandémie. Dans le lot des personnels exerçant à l’étranger des sportifs, des athlètes, des entraîneurs et d’autres auxiliaires dans le monde des sports (médecins, kiné, etc.). C’est ainsi que l’on a appris que les sportifs algériens qui exercent en Arabie Saoudite ont demandé aux autorités algériennes de prendre en considération leur doléance par l’ouverture d’un corridor aérien entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite. C’est l’entraîneur  Kheireddine Madoui qui s’occupe de la barre technique d’Al-Khalidj Saoudi qui a lancé ce SOS invitant la représentation algérienne à Riyad à prendre en charge la requête de la cinquantaine de coopérants sportifs algériens. «Nous sommes en confinement depuis trois semaines. Nous ne pouvons sortir de nos lieux de résidence. Nous communiquons entre nous à travers WhatsApp. Si le championnat saoudien est définitivement arrêté nous préférons rentrer au pays», a-t-il confié à la radio nationale. D’autres sportifs algériens évoluant en Tunisie et au Qatar ont exprimé le même désir mais semblent convaincus que le mieux serait de rester confiné dans les pays d’accueil où en Tunisie, à titre d’exemple, ils bénéficient d’un traitement privilégié au sein de leurs clubs employeurs. De son côté, l’ex-coach du NA Hussein Dey, Azzedine Aït Djoudi, qui est coincé en France depuis deux semaines, a préféré poursuivre son séjour auprès de sa fille à qui il rendait visite. Une décision que l’ancien driver de l’ASAM a prise malgré le fait qu’il ait laissé le plus des membre de sa famille au pays. Contacté samedi, Aït Djoudi qui accomplissait quelques courses réglementées (autorisation préfectorale) a assuré que «c’est un choix mûrement réfléchi. Ma fille est seule ici alors j’ai décidé de l’accompagner pendant cette période critique.»
M. B.

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