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Géopolitique Le front contestant l’hégémonie du dollar s’élargit

Publié par Lyas Hallas
le 13.09.2018 , 11h00
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L’Iran et l’Irak se sont passés du dollar dans leurs échanges bilatéraux, élargissant le front des pays contestant l’hégémonie du billet vert qui, dès 2014 en réaction aux sanctions décrétées à l’encontre de la Russie, a vu cette dernière convenir avec la Chine de régler ses achats de pétrole en Yuan.
La création d’un système de paiements interbancaires internationaux hors de portée des Américains occupe de plus en plus de place dans les débats politiques, aussi bien en Europe qu’en Asie. Pas plus tard que la fin août, le ministre allemand des affaires étrangères a émis le vœu de voir les transactions commerciales internationales échapper à l’hégémonie du dollar en déclarant qu’«il faudrait peut-être réfléchir à un système de paiements n’ayant aucune relation avec le dollar».
Or, ce débat, qui occupe le monde depuis pratiquement l’annonce des sanctions économiques à l’encontre de la Russie en 2014 dans le sillage de la crise ukrainienne, s’accentue ces derniers temps à cause de la guerre commerciale que mène le président américain Donald Trump au reste du monde. La semaine passée, ce sont l’Iran et l’Irak, deux pays voisins, qui ont convenu de se passer du dollar dans leurs échanges commerciaux bilatéraux.
Ainsi, ils ont emboîté le pas à la Russie et la Chine qui ont conclu en août 2014 un contrat pétrolier portant sur le paiement en monnaie chinoise de l’équivalent de 400 milliards de dollars de pétrole russe sur 30 ans. Un accord pétrolier que la Russie et la Chine compte élargir au fur et à mesure au reste des biens et services échangés entre les deux pays.
De quoi le dollar est-il le problème ? Selon l’essayiste français Hervé Juvin, «le dollar est la principale arme américaine de sanction contre la corruption mais aussi de l’application américaine d’embargos à l’encontre d’autres pays dont certains sont unilatéraux et ne font pas consensus au sein de la communauté internationale».
Hervé Juvin a expliqué, il y a quelques jours sur le plateau de la chaîne russe Russia Today, que pour mieux cerner le problème, «il faut rappeler la décision de l’ancien président américain, Richard Nixon, en 1971, décrétant que le dollar n’était plus convertible en or, une décision entérinée par les accords de la Jamaïque en 1976 (accords faisant suite à la réunion du comité intérimaire du Fonds monétaire international confirmant l’abandon du rôle légal international de l’or, ndlr)».
Ce faisant, a-t-il noté, les taux de changes sont devenus flottants. Il a ajouté : «C’est la merveilleuse formule du directeur trésor américain : le dollar est peut-être notre monnaie, mais, c’est votre problème ! Concrètement, quand les Etats-Unis s’endettent, c’est le reste du monde qui paie.
Cela donne un avantage inouï aux Etats-Unis qui peuvent complètement négliger leur balance des paiements, et leur déficit extérieur puisque le reste du monde les finance. C’est ce qui se passe avec le Japon ou la Chine par exemple, premiers détenteurs d’obligations libellés en dollar». Et de conclure : «Si l’Allemagne et la Chine et quelques autres pays mettent en place un système de paiement hors dollar, là peut-être les équilibres mondiaux changeront.»
En tout cas, la Russie, comme l’a annoncé son ministre de l’énergie, Alexandre Novak, est entrain d’examiner la possibilité d’effectuer les paiements pour le pétrole en monnaies nationales avec la Turquie et l’Iran.
L’abandon du dollar par les exportateurs de pétrole serait-il un sérieux déclencheur en vue de remanier le système financier ? Le dollar sert aujourd’hui pour le règlement de 70% des échanges commerciaux mondiaux et confère aux Etats-Unis un pouvoir hors normes qui est de plus en plus contesté à cause de restrictions économiques qui n’ont jamais fait consensus, imposées unilatéralement à certains pays. Et l’euro est une option sérieuse pour le contourner…
L. H.

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