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Le marché poursuit sa chute vers des niveaux alarmants Le pétrole pour illustrer l’entrée en récession économique mondiale

Publié par A. Maktour
le 31.03.2020 , 06h00
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Ça spécule, ça pousse, ça joue des influences dans tous les sens depuis le milieu de la semaine dernière pour provoquer un rendez-vous entre les membres de ce qui constituait encore l’Opep+ jusqu’au début de ce pénible mois finissant.
Les mauvaises langues diront que c’est depuis que l’industrie américaine de l’or noir est entrée dans le rouge que les choses se sont mises à bouger comme jamais pour tenter de rééquilibrer le marché du mieux que le pourront les acteurs ayant une influence sur le cours des événements en ces temps exceptionnels qui augurent un choc pétrolier majeur, en parallèle à une récession qui s’annonce on ne peut plus effroyable pour tous, comme le soulignent aussi bien les têtes pensantes des institutions monétaires et financières internationales que les analystes économiques de par le monde. Si au début de l’année, l’or noir ne souffrait surtout que de la rétraction chaque semaine un peu plus alarmante de la demande chinoise dans un contexte qui avait déjà depuis des mois incité de «faux amis» à s’allier pour tenter de remettre les cours à un niveau plus ou moins acceptable pour tous, aujourd’hui tout le monde parmi les pays producteurs, même les mieux portants malgré la crise des prix, se retrouve au pied du mur. A commencer par les Américains qui – bouleversement majeur dans l’histoire du marché pétrolier – se dirigeaient allègrement à devenir exportateurs nets après avoir, il y a un peu moins de deux ans, ravi la place de premier producteur mondial aux Saoudiens et aux Russes. La donne a changé presque du tout au tout et voilà les Américains sous la menace de la déflagration de la bulle économique qu’illustrent parfaitement les chiffres publiés jeudi dernier concernant l’emploi pour illustrer le début de la récession. En effet, en une semaine, plus de 3,2 millions de personnes se sont inscrites au chômage aux États-Unis, alors qu’une petite semaine auparavant, ils étaient un peu plus de 280 mille à le faire. Pour couronner le tout, les prévisions de Goldman Sachs and Morgan Stanley annoncent que le PIB américain pourrait reculer de 24 à 30% en rythme annualisé. Des données qui donnent froid dans le dos aux chantres de l’économie américaine qui, entre autres craintes et indépendamment de la situation sanitaire qui voit les États-Unis depuis le week-end dernier devenir l’épicentre du Covid-19, craignent désormais pour le devenir immédiat de centaines de leurs compagnies spécialisées dans l’industrie des huiles de schiste.
«Les contrats à terme sur le Brent et le WTI sont près de terminer la semaine en nette baisse malgré les efforts de relance des décideurs du monde entier contre la destruction de la demande causée par les conséquences de la propagation rapide du coronavirus. Les deux marchés (Londres et New York/ndlr) ont baissé de près des deux tiers cette année et le ralentissement de l'activité économique et de la demande de carburant devrait s'aggraver à mesure que les sociétés pétrolières réduisent leurs investissements dans l'activité future», écrivait dans un éditorial la publication online de référence Oil Price, vendredi dernier avant la fermeture des marchés pour alerter : «Le pire est encore à venir pour les marchés pétroliers.» En fin de compte, la clôture de vendredi est intervenue en entérinant une nouvelle chute résultant logiquement d’une très timide demande et une offre toujours aussi effroyablement excédentaire, le baril de WTI terminant à 21,51 dollars, soit près de 5% de perte par rapport au prix de la veille, alors qu’à Londres, le baril de Brent a atteint, à un moment de la séance, son plus bas prix depuis 2003, pour finir à 24,93 dollars.
Le marché n’a, ainsi, pas été boosté par l’information venue du «front» qu’animent Russes et Saoudiens. Une information, faisant état de la «possibilité» d’un nouvel accord dans le cadre de l’Opep+, dont s’est fendu le patron du Fonds souverain russe d’investissement. Une possibilité de réactivation de l’accord Opep+ qui conforte les Américains et le Président Trump qui, lui, s’est assigné depuis quelques jours la mission de convaincre les Saoudiens de revenir à un niveau de production plus acceptable par le marché. Une agitation dans tous les sens qui devrait repartir de plus belle eu égard aux indices indiquant que le pétrole n’est pas près de se reprendre sur les marchés et, maintenant, que les dirigeants du monde entier, ceux qui font et défont la vie économique, agréent, sans que personne les force, un déclin dont les répercussions rappellent, à bien des égards, la grande crise d’il y a près d’un siècle bien que dans bien des cas, comme en Europe où, bien que les Etats de l’Union aient décidé de sortir la grosse artillerie budgétaire tel que l’a fait l’Allemagne avec un fonds de stabilisation de 600 milliards d’euros, les économistes les jugent insuffisantes pour parer à ce qui s’annonce comme dépression. Hier, à la réouverture des marchés, le pétrole affichait à la mi-journée des cours qui disent tout de l’état des lieux. Le baril de Brent s’échangeait contre un prix qu’il n’avait pas vu depuis 17 ans. Il valait 22,89 dollars sur le marché de Londres, soit en baisse de 8,18% par rapport à son prix de clôture de vendredi.
Sur le marché new-yorkais, le baril de WTI est même passé sous la barre des 20 dollars pour ensuite se relever et se vendre à 20,46 dollars. Une première moitié de séance sur les deux marchés principaux qui confirmaient, ainsi, la tendance prise dès l’ouverture en Asie avec des cours choquants, auxquels les producteurs et les investisseurs devraient s’habituer pour un certain temps.
Azedine Maktour

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