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Prix du mouton, organisation des points de vente, sensibilisation… Le président de l’Association des consommateurs s’explique

Publié par Salima Akkouche
le 19.08.2018 , 11h00
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L’association algérienne pour la protection du consommateur (Apoce) est l’une des associations qui fait le plus parler d’elle. Et pour cause, elle n’a pas cessé ces dernières années de lancer des campagnes de boycott sur plusieurs produits de première nécessité, et dont le prix est jugé excessif. La dernière campagne en date est celle du boycott de la volaille. Une campagne qui a, d’ailleurs, rencontré un franc succès, selon son initiateur, vu que le prix de ce produit a connu une baisse. Cependant, actuellement, le consommateur est désemparé devant le prix trop élevé du cheptel ovin. L’Apoce n’a pas élevé la voix face à cette situation ni devant la prolifération des points de vente informels. Mustapha Zebdi, président de cette association, estime qu’au contraire, son équipe, qui fait un travail de sensibilisation, est depuis plusieurs semaines sur le terrain.

Le Soir d’Algérie : Vous avez appelé à plusieurs reprises au boycott de certains produits dont le prix était trop élevé. Actuellement, le consommateur se plaint du prix excessif du mouton, mais nous ne vous avons pas trop entendu durant cette période.
Mustapha Zebdi : Si, nous sommes très actifs sur le terrain, nous sommes chaque jour sur les marchés de vente pour sensibiliser le consommateur notamment à l’importance de l’achat du mouton au niveau des points de vente agréés. C’est vrai que le prix du mouton est excessivement cher, mais nous ne pouvons pas lancer une campagne de boycott contre ce cheptel car il s’agit d’un acte spirituel. Face à cette situation, nous ne pouvons que contribuer par la sensibilisation du consommateur et inciter les pouvoirs publics à instaurer un environnement sans spéculation. Nous œuvrons, d’ailleurs, depuis des années, à ce qu’il n’y ait que des professionnels qui puissent intervenir sur ce marché. Si nous arrivons à atteindre cet objectif, les prix du mouton baisseront d’eux-mêmes. Puisque la situation que connaît actuellement le marché du cheptel ovin est la même que celle des prix des fruits et légumes. Les prix des fruits et légumes sont abordables au niveau des agriculteurs mais excessifs sur le marché. C’est le cas pour le mouton, son prix reste abordable au niveau des éleveurs mais hors de portée sur les points de vente.

Justement, les points de vente prolifèrent dans chaque coin de rue dans la capitale. Sont-ils tous agréés ?
Malheureusement non, ce n’est pas tous les points de vente qui sont agréés. Nous sommes en train de vulgariser les points de vente formels pour que le consommateur sache où acheter.

Le prix actuel du mouton sur le marché est-il justifié ?
Il faut savoir que le prix du mouton en Algérie est le plus élevé au monde.

Comment expliquez-vous cela, alors que nous avons une autosuffisance ?
Ce qui explique cette situation est le fait que nous ayons une race qui est de très bonne qualité et le coût d’élevage revient trop cher pour les éleveurs.

Cela justifie-t-il les prix pratiqués ?
Non, c’est vrai, nous ne pouvons pas justifier ni accepter les prix pratiqués actuellement, c’est pourquoi nous avons demandé la diversification de la race de ce cheptel de manière à ce que la viande soit à la portée de tout le monde.

Vous appelez donc à l’importation de nouvelles races ovines ?
Oui, pourquoi pas, cela va contribuer énormément à faire baisser le prix de ce produit. D’autant que nous avons un climat au Grand Sud qui est le même que celui des pays d’origine.

Que préconisez-vous d’autre pour que le prix du mouton soit abordable ?
Nous avons demandé à ce qu’il y ait des points de vente directs entre éleveurs et consommateurs. C’est une procédure qui permettra de mettre fin à la spéculation. Cela est en train de se faire petit à petit depuis un certain moment. Mais c’est vrai, nous n’avons pas encore atteint une stabilité des prix.

Que faites-vous actuellement pour tenter de remédier un peu à cette situation ?
Nous sommes en contact avec la Fédération algérienne des éleveurs pour que les prix soient abordables et à la portée du consommateur algérien. Nous avons fait une tournée hier (vendredi, ndlr), au point de vente de la Safex à Alger, et les prix ne sont pas les mêmes que ceux pratiqués dans d’autres points de vente notamment informels.

Avez-vous pris attache avec les ministères de l’agriculture et du commerce ?
Nous n’avons pas pris contact avec le ministère du commerce, par contre, nous sommes en contact avec son homologue de l’agriculture. D’ailleurs, aujourd’hui (hier, ndlr), nous avons été en réunion avec le ministre de l’agriculture et nous avons abordé plusieurs sujets dont les préparatifs de l’Aïd et les mécanismes de mise en place des réseaux de vétérinaires pour le contrôle de la carcasse.

Justement, le consommateur, où peut-il se diriger pour solliciter un vétérinaire le jour de l’Aïd el-Adha ?
Ils sont dans tous les bureaux d’hygiène communaux qui se trouvent dans chaque APC.

Les mesures prises par le ministère de l’agriculture sont-elles satisfaisantes ?
Le ministère de l’agriculture a mobilisé des moyens humains et matériels importants pour les fêtes de l’Aïd el-Adha afin de réussir à couvrir les besoins du consommateur sur tout le territoire national. Cela nous réconforte.

Vous ne craignez pas que le scénario de la viande verdâtre de l’année précédente se reproduise ?
Il peut effectivement se reproduire, mais même si cela arrivait, ça ne serait pas autant que l’année précédente, vu que le consommateur a pris conscience pour ne pas acheter son mouton dans n’importe quel point de vente.

Quel est votre conseil pour le consommateur ?
C’est d’acheter son mouton uniquement au niveau des points de vente agréés pour éviter tout désagrément. Il faut savoir qu’aucun mouton ne rentre au niveau du marché formel sans son carnet de vaccination.
S. A.

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