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SAÏD SADI ET LA RÉVOLUTION TRANQUILLE DU 22 FÉVRIER Pour que le rejet du système se transforme en projet alternatif

Publié par Mohamed Kebci
le 14.03.2019 , 11h00
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©PPAgency
Saïd Sadi ne veut surtout pas que cette insurrection citoyenne née le 22 février écoulé subisse le même sort, triste sort, que celui des précédents soulèvements populaires, plaidant pour que ce rejet massivement exprimé contre le système en place se mue en véritable projet alternatif.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - L’ancien président du RCD ne veut surtout pas que «le train de l’espoir ayant démarré le 22 février dernier ne traîne dans des gares peu recommandables ou, pire, qu’il déraille».
S’exprimant, hier mercredi, au forum du quotidien Liberté, il appellera à la poursuite et au renforcement de la pression de rue car avertira-t-il, «si la volonté populaire faiblit, le clan au pouvoir aura gagné et le chaos par lequel il a menacé, en vain, le citoyen, mais qu’il parvient encore à vendre à certains partenaires, adviendra inéluctablement et ce sera terrible pour l’Algérie et la région nord-africaine».
D’où son appel, maintes fois renouvelé, à la nécessité historique de transformer ce rejet massif et inégal du système en place en un «projet alternatif», mettant l’accent sur la «vigilance» pour déjouer les velléités de détourner cette révolution tranquille de son cours historique, d’officines qui ne cessent de distiller, entre autres «mots d’ordre» qu’il «n’y a pas d’opposition ni d’opposants » ou que «les politiques se valent tous», vieilles antiennes du DRS, réchauffées et agrémentées pour les besoins de la cause», estimera-t-il.
Considérant que «peu de peuples sont capables de réaliser ce qu’accomplit actuellement le peuple algérien (…). Au regard de ce que j’observe dans la ferveur de cette jeunesse, nous sommes en mesure d’inventer et d’accomplir ce que d’autres peuples de la région n’ont pas su réaliser». Sadi recommande la «poursuite des «actions de protestation de masse par des marches mais par des grèves dont il faut savoir étudier les modalités appropriées». Car convaincu que le chef de l’Etat « pour des raisons subjectives et objectives, ne partira pas sans un rapport de force qui le contraint à l’abdication». « Il vient lui-même faire une fois de plus la démonstration de son addiction au pouvoir. C’est pour cela que la pression doit être maintenue et renforcée jusqu’à son départ d’autant plus que l’armée donne à penser que pour l’instant elle privilégie son soutien à l’homme et à son clan plutôt que la fidélité au peuple.»
Une armée dont l’ancien président du RCD désapprouve les sorties «hésitantes», «maladroites» et «contradictoires» de son chef d’état-major. «Une nouvelle société est en marche. Elle accouchera d’une nouvelle Algérie. Cette marche consacre la fin de l’armée politique et son emprise sur la Nation. Celui qui n’a pas compris cet appel est condamné à rester sur le bas-côté de l’histoire », a affirmé Sadi qui estime que ces interventions du chef de l’état-major «témoignent des «rapports de forces internes qui agitent le sérail et qui prennent en otage la Nation».
Appelant à l’effacement de l’ancienne génération dont la sienne qui doit se rendre utile sans avoir de prétentions à l’exercice du pouvoir, Sadi invite ses pairs de génération «d’aider, quand cela est possible et nécessaire, à passer le gué mais non à postuler à des responsabilités organiques ou exécutives». Et de soutenir n’avoir aucun ambition partisane ou «exécutive».
Et pour faire échec aux manœuvres souterraines d’acteurs ou d’organes parallèles ayant tissé leurs réseaux, construit leur force et amassé leur fortune dans les entrailles du système ou à sa périphérie et qui n’ont, aujourd’hui, d’autres recours que de se fondre dans la dynamique citoyenne pour tenter d’en infléchir le cours et, pourquoi pas, en faire avorter les objectifs » et ce «travail de diabolisation des luttes menées pour les alternatives démocratiques et la volonté de fractionnement des expériences qui participe d’une stratégie d’isolement du mouvement du 22 février pour en faire un ectoplasme informe et acéphale, livré à terme à l’usure ou, si possible, aux manipulations», Sadi plaide, par souci «d’être aussi concret que possible pour aller vite, car le temps presse», pour une «période de transition comme sas devant permettre l’ouverture de discussions annonçant un nouveau départ, est aujourd’hui admise, la démission du chef de l’Etat et de son gouvernement avant l’installation d’un gouvernement chargé de liquider les affaires courantes, l’installation d’une équipe (ou d’un binôme) chargée d’assumer les fonctions de la représentation symbolique de l’État, la mise en place d’une commission d’organisation (et non de surveillance) des élections », et enfin « la définition des postulats démocratiques ou des clés de sécurité auxquels doit souscrire tout compétiteur est bienvenue pour la majorité des acteurs politiques».
M. K.

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