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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE Refus et appui des uns, tergiversations chez d’autres

Publié par Mohamed Kebci
le 17.09.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

Maintenant que la voie de l’élection présidentielle est désormais balisée avec la convocation, avant-hier dimanche, du corps électoral pour le 12 décembre prochain, l’heure est à la «décantation» parmi la classe politique, la société civile dans tous ses compartiments dont les plus «indécis» seront appelés à se déterminer, le temps des hésitations étant révolu.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - C’est maintenant clair, le pouvoir qui y tient le plus tôt possible, vient de fixer l’élection présidentielle pour le 12 décembre prochain. Ce qui ne laissait pas l’ombre d’un doute quand on se rappelle que la «suggestion», il y a une quinzaine de jours, du vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée, a été aussitôt suivie d’effet. D’abord le défunt panel que coordonnait Karim Younès qui n’a pas, en effet, tardé à annoncer la fin de sa médiation et de son dialogue, avec à la clé, les projets de loi instituant pour l’un, une Autorité nationale indépendante des élections, et pour l’autre, amendant la loi portant régime électoral. Ensuite, le Parlement dans ses deux Chambres qui a pris le relais pour adopter, sans y apporter aucun moindre changement, ces deux documents. Ce qui fut fait en tordant le cou au règlement intérieur régissant l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation, celui-ci ayant été jusqu’à commettre une première, légiférer un vendredi.
Plus que cela, ladite Autorité nationale indépendante des élections a même été installée, dimanche matin, bien avant la promulgation de son texte au Journal officiel, l’urgence d’être du rendez-vous du 15 septembre «suggéré» pour la convocation du corps électoral autorisait tous les écarts.
Et maintenant que la date des élections est fixée, ce qui montre on ne peut plus clairement que le pouvoir est déterminé à mettre en œuvre sa feuille de route en dépit d’un climat qui ne prête pas à la tenue d’un scrutin apaisé et de surcroît de la taille d’une élection présidentielle, il ne reste pas de place au doute, à la tergiversation, à l’hésitation et au «wait and see».
Car si l’option de cette présidentielle a été saluée bien avant la fixation de sa date par ce qui faisait office d’allégeance, le FLN, le RND, le TAJ, le MPA, Islah et autres nano-partis et organisations de masse gravitant autour qui ont retrouvé l’usage de la parole qu’ils ont perdue depuis le 22 février, elle a été et demeure catégoriquement récusée par de larges pans de la classe politique, de la société civile et notamment le mouvement populaire qui voient en ce prochain scrutin une velléité du régime de se régénérer sur le dos de la révolution tranquille que mène le peuple algérien depuis le 22 février écoulé.
A l’ex-allégeance se sont également joints ceux qui tiennent le «bâton par le milieu», le front el Moustaqbal, le parti des Avant-Gardes des libertés, Fadjr el Djadid, et autre UFDS (union des forces démocratiques et sociales). Un ralliement «naturel» qui tient du fait que ces partis présentent la particularité d’être inspirés par un personnel ayant fait ses classes au sein des deux principales béquilles partisanes du régime, le FLN et le RND. D’ailleurs, Ali Benflis et Abdelaziz Bélaïd ne tarderont pas à signifier leurs candidatures même si l’ancien chef de gouvernement tente de maintenir un «faux suspense», réitérant ses réserves sur le caractère permanent de l’Autorité nationale indépendante des élections, et continue de réclamer, sans trop forcer, les conditions politiques et un climat apaisé pour les élections du 12 décembre prochain.
Du côté de l‘opposition, la chose semble être entendue chez le pôle des forces prônant une alternative démocratique. Ce pôle formé du FFS, du RCD, du PT, du PST, du MDS, du PLD, de l’UCP et de la LADDH, rejette la tenue des élections organisées par le pouvoir». Il a retenu, à l’issue de sa convention nationale tenue le 9 septembre dernier, l’idée de la tenue d’un débat national pour une période de transition. Il a également réaffirmé son appel aux Algériens à «s’engager dans un processus constituant souverain» et «l'impératif d'aller vers une période de transition pour concrétiser l'Etat de droit que le peuple revendique depuis le 22 février.

L’énigme islamiste
Et si les choses semblent entendues chez l’ex-allégeance qui tente de se redéployer et de reprendre du «service», c’est l’énigme totale concernant le camp vert, demeuré, pour sa grande partie, dans l’incertitude. Mis à part les mouvements Islah, Nahda et el Binaa qui s’inscrivent en droite ligne de l’option présidentielle, le flou persiste notamment chez le FJD et le MSP. Avec, cela dit, ce silence troublant chez le second qui continue, une fois de plus, à user de son double langage. A l’assurance de son président lors de son université d’été que le mouvement était prêt à toute élection, le président du MSP observe un silence inhabituel quant à la position à adopter face à l’élection présidentielle dont la date a été fixée, lui l’habitué à tirer sur tout ce qui bouge et à réagir instamment, notamment sur les réseaux sociaux.
Il semble que c’est la position de la rue qui continue toujours à clamer haut et fort son refus de toute élection avant le départ de tous les symboles du régime, notamment ceux du long règne du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, qui serait derrière la prudence observée par le MSP. Son président Abderezzak Makri est conscient de toute la complexité de la situation qui n’autorise aucune erreur de positionnement qui risque de lui coûter cher à l’avenir.
M. K.

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