Périscoop : BAZOOKA
Pourquoi c'est compliqué ?
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Les discussions vont reprendre entre le ministère de l'Education et un syndicat agréé. Passons sur le fait que le ministère continue d'ignorer les autres syndicats et voyons les faits. Les enseignants continuent de percevoir des salaires de misère du primaire au supérieur. Prenons le cas de cet enseignant universitaire qui a déclaré à la presse qu'après plus de quinze ans de carrière il touchait dans les trente sept mile dinars.
Décortiquons les dépenses possibles avec cet argent. S'il loue un logement modeste, il lui faudrait débourser au minimum quinze mille dinars. Calculez le reste et dites-moi s'il peut encore s'acheter des livres dont les prix minimum tournent autour de mille deux cents dinars. Refaites le même calcul pour les enseignants du secondaire et du primaire. Voyez s'ils ont une chance de posséder un jour un logement AADL, une voiture, de payer les factures de gaz et d'électricité et de s'acheter des livres aussi, bien sûr. A quel prix peuvent-ils le faire, au prix de quels privations ? C'est le cas des vétérinaires, des médecins, des ingénieurs de la fonction publique. Un couple de médecins a réussi à obtenir un logement AADL au nom du mari et a acheté une voiture à crédit au nom de la femme. Les remboursements qu'ils doivent effectuer et les charges qu'ils doivent payer leur laissent rien, presque rien. Tout cela serait acceptable si dans la société et dans leur environnement immédiat il restait une échelle des valeurs salariales. Et surtout si le pouvoir ne développait pas, de temps en temps, un discours éloquent sur la fuite des cerveaux, sur l'importance de la science et des technologies, sur la caractère primordial de la formation, etc. C'est le seul moment où le pouvoir arrive presque à comprendre que la formation, la culture et la science mettent en jeu des questions de société. Et cette question, les jeunes la perçoivent mieux que quiconque quand ils disent à leurs parents (s'ils sont instruits) inquiets de les voir mal travailler en classe : “Et qu'avez-vous réussi avec votre instruction?“ Le pouvoir ne peut pas éternellement glorifier le savoir en paroles et le dévaloriser dans les faits. Vous comprenez pourquoi les enseignants en exigeant un statut digne de leur métier défendent l'avenir de toute l'Algérie.
M. B.

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