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Ce monde qui bouge

Choléra, l’Algérie fait peur

Publié par Hassan Zerrouky
le 30.08.2018 , 11h00
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L’Algérie fait peur à ses voisins. Non à cause de son modèle de développement dont on connaît les brillantes performances, mais à cause du choléra. Depuis que cette maladie hydrique s’est déclarée, la Tunisie, le Maroc, la Libye et jusqu’à la lointaine Egypte ont émis des alertes et décidé de mesures sanitaires préventives à leurs frontières terrestres et aériennes. 
Sur cette épidémie, beaucoup de choses ont été pointées. A commencer par  le retard d’allumage des autorités. Pas de mise en place de cellule de crise comme cela se fait dans d’autres pays. Plus fâcheux, il n’y a même pas eu de communiqué officiel. De deux choses l’une : ou bien le gouvernement, comme à son habitude, a minimisé la gravité de la situation, attendant que la tempête passe, ou alors il avait la tête ailleurs. Résultat, face à une communication officielle atone, la panique, amplifiée par les réseaux sociaux, s’est emparée d’une partie des Algériens. 
Quant aux partis politiques qu’on a beaucoup entendus à propos du 5e mandat, le moins qu’ils auraient pu faire aurait été d’interpeller les pouvoirs publics et de les mettre face à leurs responsabilités. Pourquoi n’ont-ils pas demandé  – je parle des partis qui siègent à l’APN – à leurs députés qui se dorent la pilule quelque part sur les plages tunisiennes où il n’y a pas de risque de se faire agresser par des gardiens de parkings, d’interrompre leurs congés pour exiger une convocation en urgence de l’APN. 
Cette épidémie de choléra a surtout mis en évidence l’insalubrité régnante et le laisser-faire coupable des autorités. Le choléra n’est pas une punition divine. Quand on jette des ordures n’importe où, quand elles ne sont pas ramassées, quand on laisse des plages, des bords de mer et de rivière se transformer en dépotoirs polluants, quand on ne sanctionne pas des gens qui ne respectent même pas un minimum d’hygiène publique (mégots de cigarettes, chemma (tabac à chiquer), sacs d’ordures, journaux, bouteilles de plastique jetées sur la voie publique ou dans les égouts, crachats, il ne faut pas s’étonner de ce qui arrive. Quand des agriculteurs irriguent leurs cultures avec des eaux usées sous le regard complice ou indulgent des autorités locales, rien de surprenant que le fruit consommé soit source de maladie. Et ce, sans compter ces égouts, parfois de vrais étangs, qui se forment en plein air et qui sont sources de maladies infectieuses parce que les autorités tardent à réparer ou ne réparent pas du tout les canalisations d’évacuation. Et que dire des toilettes… 
Il ne suffit donc pas d’appeler les Algériens à se laver les mains, à laver les fruits et légumes, à ne pas boire de l’eau non contrôlée, où d’organiser des volontariats de ramassage d’ordures et de nettoyage des rues pour venir à bout de l’insalubrité qui envahit de nombreuses localités.  
Par ces temps de réchauffement climatique inquiétant, la protection de l’environnement, l’écologie, la lutte antipollution, la propreté en général, qui n’ont jamais été une préoccupation majeure des pouvoirs politiques qui se sont succédé, ne sont pas réservées aux seuls pays riches. Cela s’apprend. A commencer par l’école où au lieu de bourrer le crâne des enfants à coups d’interdits religieux, on devrait leur inculquer le civisme, la protection de l’environnement. Surtout dans un pays de 42 millions d’habitants, avec des villes surpeuplées où corruption aidant, des Kamel el Bouchi sévissent et saccagent l’environnement, multipliant les constructions illicites sur des terres riches et boisées, avec des fosses septiques à proximité de nappes phréatiques… 
Il ne suffit pas de voter des lois de protection de l’environnement applicables au seul peuple d’en bas, et non aux puissants qui les transgressent comme ces gens qui s’accaparent en toute illégalité des terrains cultivables, des bouts de forêts et qui convoitent Bouchaoui et Baïnem. 
A titre d’exemple, en Turquie, outre l’Etat, on voit les adultes intervenir quand des enfants jettent le moindre papier dans la rue. Leurs villes – j’en suis témoin – Istanbul, Ankara, Konya et dans la moindre localité au fin fond de l’Anatolie  sont aussi propres que dans certains pays européens. Il en est de même dans les pays du Golfe que j’ai visités. En Irak, j’ai encore en mémoire la propreté de Baghdad, Kirkouk, Nadjaf, Babylone... Le 8 avril 2003, la veille de la chute de la capitale irakienne, j’observais de ma chambre de l’hôtel Palestine, les éboueurs de la ville nettoyer les rues, d’autres, à bord de leurs bennes à ordures de couleur jaune, ramasser les ordures placées dans des endroits indiqués par la municipalité. Malgré les bombardements, elle était restée relativement propre jusqu’à la veille de l’entrée des forces américaines. 
H. Z. 

 

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