Rubrique
Ce monde qui bouge

Économie, Ouyahia, M. pétrole et Cuba !

Publié par Hassan Zerrouky
le 19.04.2018 , 11h00
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La Banque mondiale table sur une reprise de la croissance algérienne en 2018 de 3,5% contre 2,1% en 2017. Mais cette croissance du PIB (Produit intérieur brut), selon l’institution de Bretton Wood, ne sera que de 2% en 2019 et de 1,3% en 2020, ce qui est insuffisant pour absorber les quelque 350 000 jeunes ou plus qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le taux de chômage, qui est passé de 10,5% en 2016 à 11,7% en 2017, va donc augmenter. Et voir des diplômés convertis dans la petite restauration, les fast-foods, le commerce informel, en n’ayant que ça pour tout horizon, n’est guère rassurant.
Autres indicateurs inquiétants, l’inflation est estimée à 7,5% en 2018, 8,1% en 2019 et 9% en 2020. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, lui, est persuadé du contraire : d’après lui, l’inflation est passée de 5,2% en janvier 2018 à 4,9% en février 2018 et va poursuivre sa baisse. Accordons-lui le bénéfice du doute et attendons de voir comment l’inflation va évoluer durant les prochains mois.
Plus préoccupant encore, un modèle de croissance tirée exclusivement par les hydrocarbures, un vrai guêpier, qui fait que pour financer le déficit commercial qui a dépassé les 16 milliards de dollars à fin 2017, les autorités ont dû puiser dans les réserves de change pour financer les importations de besoins incompressibles. Résultat, elles sont passées sous le plafond des 100 milliards de dollars en 2017 et ont baissé de 17 milliards de dollars par rapport à leur niveau de 2016 (114 milliards de dollars). Ceci pour dire que ce modèle de croissance actuel basé sur la rente pétrolière – et tous les experts sont d’accord là-dessus – plus tourné vers l’importation que vers des investissements productifs créateurs d’emplois durables, a fait faillite. Et que dans cette affaire, le financement conventionnel, à savoir la planche à billets, est un pis-aller. Tout comme l’est cette politique de contingentement des importations parce qu’elle n’est pas accompagnée d’une stratégie claire de substitution. La logique voudrait que si un produit (ou plusieurs) n’est pas importé c’est parce qu’entre-temps, on a mis les moyens pour le fabriquer localement. Or, ce n’est pas le cas…
Ce qui fait problème, c’est qu’il n’y a pas de débat sur ce qu’il faut faire pour sortir de l’impasse actuelle. Le pouvoir, pris au dépourvu par une crise qu’il n’a pas vue venir ou anticiper, a son idée et déclare qu’il n’y en pas de meilleure que la sienne. Ici et là, des voix s’expriment et émettent des pistes de réflexion. Or, face à la gravité de la situation, il faut un vrai débat national, associer toutes les expertises y compris les binationaux comme le font nos voisins marocains et tunisiens, et sortir avec de vraies propositions alternatives. Pour l’heure, un peu grâce à «monsieur pétrole» — le baril est à plus de 70 dollars – l’Algérie dispose d’un répit et peut souffler, mais elle n’est pas tout à fait à l’abri tant la tentation est grande, surtout à l’approche du Ramadhan, de financer à coups de milliards de dollars des importations de produits alimentaires à la grande satisfaction du lobby des importateurs qui n’a rien à cirer de l’intérêt national.
Partons pour Cuba. Raul Castro, 86 ans, au pouvoir depuis 2006, passe la main. Son successeur, à l’heure où s’écrit cette chronique, sera probablement Miguel Diaz-Canel, un civil de 57 ans, ingénieur en électronique, aux faux airs de l’acteur américain Richard Gere selon l’AFP, qui n'a évidemment pas connu la révolution de 1959. Il ne dispose donc pas de la légitimité révolutionnaire acquise dans les maquis comme ce fut le cas des frères Castro. C’est donc un homme relativement jeune, neuf, et non choisi parmi la vieille garde des «historiques» que le Parlement cubain va désigner aujourd’hui comme chef de l’Etat afin de poursuivre la transition ayant débuté sous l’ère de Raul Castro.
Miguel Diaz-Canel est attendu sur le terrain économique avec, dit-on, pour modèle l’exemple chinois. Bien que le tourisme, en très forte hausse sur l’île – avec plus de 5 millions de touristes par an, Cuba (11 millions d’habitants) est devenue l’une des principales destinations touristiques de la planète – soit une des principales sources de devises du pays, il ne permettra pas de faire face aux défis qui l’attendent. Or, Cuba a d’autres atouts, notamment un potentiel intellectuel et scientifique sans équivalent en Amérique latine.
H. Z.

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