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Contribution

Cinquantenaire de la première campagne nationale de vaccination

Publié par LSA
le 24.06.2019 , 11h00
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Par Farouk Zahi 
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière vient à travers sa direction générale de la prévention et de la promotion de la santé de décréter le 17 juin Journée nationale de la vaccination. A ce titre une cérémonie commémorative fut organisée le lundi 17 juin 2019. 
Rehaussée par la présence de quatre membres du gouvernement et le coordinateur résident des Nations unies, elle eut pour théâtre le Centre international des conférences (CIC).
Le discours d’ouverture de la cérémonie, prononcé par le ministre en charge du département de la Santé, le Dr Mohamed Miraoui, est revenu sur le contexte de l’époque où les ressources aussi bien matérielles qu’humaines manquaient cruellement, l’Algérie a pu mener avec brio l’une des plus belles aventures humaines, à savoir la protection sanitaire de sa population par ce grand acte préventif qu’est la vaccination de masse.
 Le souci actuel est celui de garder cet acquis précieux et de demeurer vigilant car les risques de résurgence de pathologies, parfois meurtrières, ne sont pas tout à fait écartés. Le coordinateur résident des Nations unies a, quant à lui, loué les efforts de l’Algérie en matière de protection et de promotion de la santé de sa population se prévalant comme modèle d’exemplarité pour beaucoup de pays à revenus moyens similaires devenant ainsi l’un de ceux qui ont atteint les premiers leurs objectifs du millénaire (ODM) et en bonne place pour ses objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.
A l’initiative du Dr Djamal Fourar,directeur général de la prévention et de la promotion de la santé, la cérémonie se voulait être une halte de commémoration et celle de la reconnaissance pour certaines figures médicales, sanitaires et administratives qui ont fait de l’acte vaccinal leur credo à la limite du sacerdoce. L’on ne peut évoquer ces femmes et ces hommes sans revenir sur leur parcours flamboyant dont peu de pays de par le monde peuvent s’enorgueillir.
L’immunisation des populations contre les maladies infectieuses dont certaines, hautement contagieuses, pouvaient entraîner la mort ou le handicap à vie, a été l’arme absolue entre les mains des gouvernants du XXe siècle. Elle demeure la seule parade à l’infestation du corps humain par des myriades de micro-organismes connus ou à découvrir, et dont la dangerosité  défie tout arsenal thérapeutique. Les chercheurs s’échineront encore quelque temps, pour pouvoir éradiquer le paludisme, le VIH/sida et les fléaux morbides encore préoccupants en ce 3e millénaire. 
Les travaux et les découvertes d’Edward Jenner(1) et de Louis Pasteur demeureront, en matière vaccinale, ces avancées scientifiques que l’humanité inscrira sur le fronton des victoires remportées sur la maladie et la Faucheuse. Les conflits armés ont marqué, durablement, l’imaginaire humain par leurs cortèges morbides, le plus souvent mortifères, causés par de grandes pandémies. On rattache, inconsciemment, le typhus exanthématique, la fièvre typhoïde et le choléra à la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale.  Ces maladies emportaient, plus souvent, les gens vulnérabilisés par la disette, l’absence d’hygiène et les bouleversements de tous ordres du tissu social, dut-il être archaïque. Au lendemain de la guerre d’indépendance, notre pays ne dérogeait pas à la règle. Il fallait tout entreprendre. 
La mortalité infanto-juvénile atteignait des cimes inimaginables. L’espérance de vie moyenne dans la population ne dépassait guère les 60 ans, dans les conditions les plus favorables. 
La seule et unique vaccination de l’ère coloniale se résumait à la scarification antivariolique ; et ce n’était, certainement pas par souci philanthropique qu’elle était pratiquée sur les indigènes, mais par mesure de protection de la communauté européenne. 
La transmission interhumaine du virus de la variole était fulgurante. Déclarée éradiquée depuis 1978 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sa réémergence n’est pas à écarter. La tuberculose, ce spectre du dénuement social jetait de pleines cohortes dans l’errance des sanatoriums ou carrément, dans l’antichambre de fin de vie. Des familles entières, stigmatisées et ostracisées, subissaient, sans recours, les affres de la contamination. On parlait alors de «mesdour» (pulmonaire) ou «m’touchi» (touché). Les foyers extrapulmonaires, méconnus par Monsieur Tout-le-Monde, passaient presque discrètement  évitant ainsi la «vindicte» populaire. Il n’y avait que les initiés qui subodoraient l’atteinte tuberculeuse d’autres organes.
Et ce n’est que vers la fin des années soixante (1968/69) (2) que le pays, encore désargenté, s’inscrivait résolument dans l’âpre lutte antituberculeuse. Il y aura lieu, ici, de saluer ces femmes et ces hommes qui ont fait de ce combat un ordre religieux : Mme Boulahbal, distinguée par l’OMS pour ses travaux de recherche sur cette maladie, Mme Aït Khaled, MM. Chaulet, Larbaoui, Oussedik, Lazib et bien d’autres sont arrivés avec presque rien… mais avec beaucoup de foi, à hisser le standard national à un modèle internationalement reconnu.
 La couvée, formée à l’ombre de ces géants n’a pas démérité, elle continue la lutte avec, cependant, les adversités propres à chaque apôtre. Contrairement à certains de leurs confrères, qui ont opté pour le confort matériel libéral, ils font de cette lutte un objectif sacerdotal pour lequel ils n’auront que la reconnaissance de leurs congénères. Leurs confrères et consœurs pédiatres à l’instar des Prs Mazouni, J-P Grangaud et leur école représentée par le défunt Belkhenchir, Laraba, Bensenoussi et bien d’autres encore et qui avaient fort à faire avec des cohortes d’enfants menacés par les suites fâcheuses de l’insuffisance respiratoire aiguë, la diarrhée infectieuse, le marasme nutritionnel, ont eu à jouer les premiers rôles dans tout ce qui touchait à cet acte préventif majeur, le calendrier vaccinal étant la pierre angulaire.
La première campagne au BCG est lancée dès l’année mil neuf cent soixante-huit (1968) par la vaccination indiscriminée qui visait les cohortes de 0 à 20 ans. Adossée législativement au décret exécutif 69/88 du 19 juin 1969, elle est rendue obligatoire et gratuite à la naissance. En plus du vaccin antituberculeux, ce texte exécutif concernait, concomitamment, la diphtérie, le tétanos la coqueluche, la poliomyélite (DTCP) et la variole. Plusieurs de celles-ci sont présentement éradiquées à l’instar de la diphtérie, le tétanos maternel et néonatal et la poliomyélite. Pour cette dernière, un salut appuyé à notre éminent neurologue Pr Ahmed Nacer Masmoudi, président du Comité national de certification de l’éradication de la poliomyélite. Quant au rustique vaccin antivariolique, il sera supprimé officiellement du calendrier vaccinal par le décret 85/282 rendant obligatoire la vaccination anti-rougeoleuse. 
La rougeole, autre maladie virale hautement contagieuse, emportait par ses complications, principalement respiratoires, de pleins contingents de la petite enfance. Selon le Pr J-P Grangaud, à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, les populations des autarcies oasiennes des ksour du Tidikelt et du Gourara, traditionnellement indemnes  de cette affection virale, la subissaient paradoxalement à l’âge adulte. 
Le désenclavement par les voies d’accès modernes a vite fait d’introduire le virus dans un milieu jusque-là vierge. Introduite en 1978, la vaccination antirougeoleuse ne devint effective et généralisée que suite à son caractère rendu obligatoire par le décret précité. Aussi, au regard de sa longue pratique, les appréhensions vis-à-vis du vaccin ne sont pas fondées et ne peuvent en aucun cas constituer un motif de rejet. L’organisation onusienne chargée de la santé (OMS) recommande vivement cette immunisation et quel que soit le statut vaccinal de l’enfant des deux paliers de l’enseignement fondamental.
Cette première campagne vaccinale au BCG, véritable épopée nationale,  connut ses heures de gloire et ses moments de dépit. La population, encore suspicieuse sur les intentions des pouvoirs publics, n’adhérait pas spontanément à ce geste simple pourtant gratuit et combien précieux dans la préservation de l’état de santé. La campagne vaccinale a eu le mérite de débusquer des multitudes d’enfants en marge des registres d’état civil en zones enclavées de montagne, steppique ou présaharienne. 
Le geste vaccinal et l’inscription à l’état civil «s’épaulèrent» pour appréhender ces cohortes marginalisées par la précarité sociale de l’éloignement ou de la transhumance. Les collectivités locales jouèrent le jeu des services de santé balbutiants en leur fournissant les listes approximatives des enfants par douar, fraction ou agglomération. C’est ainsi que les équipes vaccinatrices découvraient que ces listes étaient en-deçà de la réalité du terrain. Le nombre d’actes dépassait de loin celui des cibles, ce qui faisait sourire plus d’un. L’évaluation des populations cibles demeurait l’unique et principale pierre d’achoppement à l’acte vaccinal. 
Dans un trait de génie pour l’époque, le Dr Ahmed Benattalah, alors directeur des services de santé de la wilaya de l’ex-Titteri (Médéa), faisait ajouter au registre ad hoc une colonne où était mentionné le numéro d’état civil de l’individu à vacciner. Et c’est à partir de ce moment que les populations cibles furent appréhendées par année de naissance dans le cadre de l’intégration du geste vaccinal dans les activités quotidiennes des structures de soins dont leur maillage couvrait à peine les groupements humains de moyenne ou grande importance. Il aura fallu plusieurs décennies pour qu’à travers la succession des plans de développement communaux ou sectoriels se dessine peu à peu la carte sanitaire actuelle.
Les moyens de locomotion et les vivres étaient généralement à la charge des collectivités locales impliquées totalement. Ces populations, jadis, marginalisées par le fait colonial et qui se voyaient soudain faire l’objet d’attention particulière de la part du jeune Etat, n’en demeuraient pas moins circonspectes. 
Les services de l’Etat colonial qu’ils avaient connus, venaient généralement pour les rançonner par l’imposition ou la conscription. Les comportements de culture agropastorale façonnés par les besoins vitaux de subsistance, surprenaient l’esprit citadin par des réparties telles que «nous avons pensé que vous êtes venus traiter le cheptel !». 
Les agents sanitaires formés sur le tas constituant l’équipe mobile d’action sanitaire de masse (EMDASM), étaient encadrés par des adjoints techniques de la santé de l’ancien collège formés à la villa du Traité ou de jeunes adjoints médicaux frais émoulus des premières promotions post-indépendance. 
D’ailleurs, ce corps prestigieux, dont nous citerons quelques noms à l’exemple de MM. Khaldi, Bouzid, Cherchali, Mimouni et bien d’autres, a été la cheville ouvrière de toutes les actions de santé publique et parfois plus. La défunte Pr Janine Belkhodja a affirmé, lors l’une de ses interventions publiques, que faute de sages-femmes en nombre suffisant avoir eu recours à des AMSP pour faire fonctionner son service de maternité du CHU Mustapha. Ce corps fut, malheureusement, laminé à la veille de la promulgation des statuts particuliers des paramédicaux des années 1980. La vaccination au bacille de Calmette et Guérin (BCG) (3) tel est son nom, est un vaccin lyophilisé (déshydraté à basse température sous vide pour une meilleure conservation) en flacons de 100 doses. Ce conditionnement tenait compte du caractère massif de la vaccination et de la modestie des moyens financiers engagés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds international de sauvegarde de l’enfance (Unicef) s’impliquaient dans cette campagne, par des apports substantiels en moyens roulants et matériels de vaccination. Le geste vaccinal d’apparence anodin posait, cependant, de sérieux problèmes de technicité si celle-ci n’était pas bien maîtrisée.

La seringue graduée munie d’un piston métallique était de petite contenance 
(1 millilitre) soit l’équivalent de 10 doses et extrêmement fragile. Le dixième de millilitre devait être injecté dans l’épaisseur de la couche supérieure de la peau de l’avant-bras gauche, chose peu aisée même pour des mains expertes, particulièrement chez les nourrissons. Le produit techniquement bien injecté, donnait une bulle intradermique de forme lenticulaire. La mauvaise vaccination aboutissait à des incidents plus ou moins fâcheux que le médecin, quand il existait, prenait thérapeutiquement en charge. Ces pionniers que l’on ne doit pas cesser de sublimer, ont lutté contre plusieurs fléaux à la fois.
L’obscurantisme charlatanesque encore prégnant dans une société désalphabétisée et acculturée par le déni d’équité et le non-droit, la malnutrition, terreau idéal de la maladie et le dénuement socio-sanitaire chronique, furent les principaux obstacles qui se mirent au travers des intentions généreuses du promoteur de santé. Les quelques médecins installés dans le secteur libéral embryonnaire, faisaient les gorges chaudes en matière d’efficience de la démarche imprimée à l’acte sanitaire délégué. On déniait au paramédical une quelconque compétence en matière vaccinale, considérant l’acte vaccinal comme un geste purement médical. Faute de généraux, il fallait quand même mener la lutte avec les troufions qui étaient sous la main. Nous ne manquerons pas à partir de cette tribune de rendre hommage à l’aide-soignant et l’épique accoucheuse rurale qui ont été le fer de lance de cette belle aventure humaine. Le sous-encadrement patent n’offrait pas beaucoup de choix.
Le cœur vaillant, on lançait dès la fin de l’année 1972, la première campagne de lutte contre la poliomyélite. Les résultats de la précédente campagne nationale de vaccination encourageaient les promoteurs à aller de l’avant. Le groupe d’épidémiologistes, pédiatres, infectiologues et neurologues constitué à la section de PMI dirigée par Dr Malika Ladjali a décidé de venir à bout du virus sauvage de la poliomyélite qui faisait bon an, mal an près d’un millier de cas de séquelles handicapantes irreversibles si ce n’est pas le trépas. Le panel d’épidémiologistes qui a fait de la médecine sociale son credo, était constitué des Drs Abdelkrim Soukehal, Belkacem Hadj Lakhal,  Nacer Djelloul, le défunt Abdekrim Ouchefoun et Abdeslam Chakou qui lutte présentement contre la maladie. 
La petite enfance faisait les frais de cette maladie invalidante. Il est rare de nos jours, voire exceptionnel, de voir  un enfant déambulant avec un appareillage métallique. Le rouleau compresseur de cette campagne devait débouter hors du milieu naturel, le virus sauvage de la maladie. On allait utiliser pour la première fois un vaccin oral à germes vivants atténués. 
L’enfant vacciné par ce virus va constituer, selon la truculente expression du Pr A. Soukhal, «une petite usine de fabrication de virus vaccinal qui, évacué dans la nature, va débouter le virus sauvage dont la virulence a alimenté la maladie jusqu’ici». Si le problème de technicité ne se posait pas beaucoup, le spectre d’une chaine de froid défaillante était bien là et la répétition du geste à quatre reprises n’était assurément pas une tâche aisée. Cette fois-ci, des moyens plus importants furent déployés en matière d’équipement réfrigérant. L’Institut Pasteur a eu la lourde tâche de s’équiper de camions frigorifiques pour livrer le vaccin à demeure pendant que les wilayas furent dotées de chambres froides. 
Le personnel vaccinateur découvrait la boite-isotherme en polystyrène et l’ice-box ou pochette de glace. 
Le thermomètre-mouchard qui devait renseigner sur la température ambiante du refrigérateur de stockage, n’est venu que bien plus tard. L’écueil de l’absence d’energie éléctrique dans les zones éparses fut avantageuseument réglé par l’acquisition de réfrigérateurs à gaz. La défection des usagers pouvait faire capoter l’opération à tout moment. Il ne fallait surtout pas rater le coche. 
Cette belle aventure lancée par le défunt Pr Omar Boudjellab, ministre de la Santé, et Abdelaziz Bouteflika, ministre des AE d’alors, renseignait si besoin était sur la volonté politique affichée. Il est revenu à tous deux l’honneur historique de déposer chacun dans la bouche d’un enfant deux gouttes de produit vaccinal à travers un petit morceau de sucre. L’acte de sensibilisation mené par la section d’éducation sanitaire de l’Institut national de santé publique (INSP) dirigé par Dr Amar Benadouda, était porté par un spot sanitaire radiophonique et télévisuel. C’est ainsi que le cartoon Mamiche devenait un personnage central dans l’éducation des ménages à l’acte de santé. Les anciens se rappellent encore du couplet «Talt echhour Tatim louel…T’nach n’chhar el iada» porté par des voix enfantines dans un spot qui passait juste avant le journal télévisé du soir. 
Si la campagne du BCG n’est passée qu’une seule fois et en une dose unique, l’antipoliomyélitique, campagne à cheval sur deux ans (1972-73), comportait 4 phases, les 3 premières à 1 mois d’intervalle l’une de l’autre et un rappel de consolidation, 1 an après. 
Elle concernait l’enfant âgé de 3 mois révolu à l’âge préscolaire (5 ans). La deuxième campagne de consolidation entreprise en 1985, était faite sous le mandat de Djamal Houhou, ministre de la Santé et de la Population. Elle était lancée par le défunt président Chadli Bendjedid lors de l’inauguration de l’hôpital de Hassi Bahbah dans la wilaya de Djelfa. Présentées sur un document filmé à l’Assemblée générale des Nations unies, ces performances en matière de droit à la santé (un des droits humains fondamentaux), valurent à notre pays une standing-ovation de plusieurs minutes. Cela pour l’histoire et ça n’a rien d’un panégyrique. On impliquait pour la première fois le personnel des secteurs sanitaires naissants.
Les équipes mobiles opérant à partir des wilayas, cédaient graduellement leurs prérogatives aux nouveaux Bureaux de prévention qui se créaient à travers le territoire national. On intégrait ainsi  aux soins dispensés dans le réseau national, l’acte vaccinal. Acte majeur de soins de santé de base s’il en fut, il fera partie des gestes quotidiens de toute structure de santé de proximité. Trois dates majeures marqueront cette saga dont peuvent en être fiers les pionniers, la promulgation de l’ordonnance portant gratuité des soins de santé en décembre 1973, la mise en œuvre dès 1977 du Plan élargi des vaccinations (PEV) et la mise en place du Système national de surveillance épidémiologique en 1979 qui mettait dès lors la sécurité sanitaire de la population sous contrôle.
Le calendrier vaccinal national, débuté par l’antique BCG, ne concerne, actuellement, pas moins de onze  pathologies. Cette volonté de couvrir une frange encore vulnérable de la population scolarisée, n’est point une opération conjoncturelle sous-tendue par un quelconque motif politique, mais la recommandation d’un panel de scientifiques au diapason avec ce qui se fait de mieux de par le monde. Qu’est-il observé aujourd’hui, après près d’un demi-siècle, de la première campagne de vaccination de masse lancée par le département chargé de la Santé ? Il est regrettable qu’avec plus de connaissances et de moyens de communication à travers le web et les réseaux sociaux, des équipes médicales sont empêchées violemment d’accomplir l’une des missions les plus nobles et les plus généreuses en direction de l’enfance : la sauvegarde de sa santé. Il nous souvient, jadis, que quand des localités ou des franges de population étaient occultées par une prestation sanitaire, elles le ressentaient comme un déni d’équité. Une société qui en arrive à «tabasser» son médecin ou son institueur est appelée à s’automultiler jusqu’à disparaître.
F. Z.

(1) Edward Jenner (1749-1823). Médecin britannique. Il réalisa la première vaccination en découvrant que l’inoculation de l’exsudat des lésions de la vaccine de la vache conférait l’immunité contre la variole.
(2) Mme le Pr Boulahbal fut distinguée  par l’OMS pour ses travaux de laboratoire sur la tuberculose.
(3) Albert Calmette (1863-1933). Médecin et bactériologiste français. Il a découvert avec Guérin le vaccin antituberculeux.
Camille Guérin (1872-1961). Vétérinaire et microbiologiste français, chef de service à l’Institut Pasteur de Lille. (Source : Le Petit Larousse).

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