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Contribution

Pour une sortie de crise consensuelle

Publié par LSA
le 17.10.2019 , 11h00
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Par Nordine Aït-Laoussine(*)
La crise qui a ébranlé le pays, depuis la naissance du Hirak en février dernier, semble se diriger vers la mise en place des conditions nécessaires à l’organisation d’une élection présidentielle avant la fin de l’année. Ce dénouement a été recommandé par « l’Instance du dialogue » après un débat, soi-disant inclusif, conduit dans un climat de tensions extrêmes.
Ce dénouement ne fait pas l’unanimité. Il a la faveur de ceux qui redoutent les effets néfastes d’une crise sans fin qui pourraient mettre en péril l’unité de la Nation et menacer la stabilité de ses institutions. Il déçoit par contre ceux qui avaient espéré un changement plus radical du système de gouvernance qui a prévalu avant la démission du Président Bouteflika. Pour les premiers, ce dénouement est la « moins mauvaise » des solutions, pour les autres, ce n’est pas la solution visée par la révolte populaire.
Alors que faire à un moment où tous les économistes sérieux entrevoient, en cas de prolongement de la crise, une grave détérioration de la situation économique et sociale du pays, déjà fragile ? Je fais partie des nombreux Algériens qui ont éprouvé, lors du déclenchement du Hirak, un sentiment partagé entre le rêve d’un meilleur avenir pour nos enfants et une préoccupation lancinante sur le désordre qui pourrait résulter d’une transition démocratique mal assurée.
J’ai servi le pays pendant la lutte de Libération nationale et après son indépendance. Je l’ai fait avec enthousiasme pendant les deux premières décennies et sporadiquement ensuite, après avoir été licencié de la Sonatrach, chassé de mon logement bien vacant et contraint à l’exil. Fort de l’expérience professionnelle que j’ai acquise dans mon pays, j’ai exercé à partir de Genève des fonctions de conseiller international dans le domaine de l’énergie, tout en restant à l’écoute de la problématique algérienne afin d’apporter ma contribution dans les nombreux débats auxquels j’ai été convié.
C’est pour cette raison, et pour rien d’autre, que je tiens à apporter ma contribution pour un dénouement consensuel de la crise actuelle, ce qui peut paraître une tâche ambitieuse pour quelqu’un qui porte un regard forcément extérieur à ce qui se passe à l’intérieur du pays.

Reprendre le dialogue
La radicalisation du Hirak et sa détermination à persévérer dans sa révolte pacifique, malgré la multiplication des obstacles qui se dressent sur son chemin, démontrent que la solution préconisée par l’« instance du dialogue » n’a pas dégagé le consensus souhaité. Procéder à l’élection d’un nouveau Président contre la volonté d’une bonne partie de la population et notamment des étudiants risque d’aggraver les tensions sociales et, en définitive, d’exacerber et de prolonger la crise. Les améliorations apportées à la nouvelle loi électorale constituent, certes, un acquis précieux mais comment en tirer profit si les Algériens s’abstiennent d’aller aux urnes ?
La sagesse nous commande de reprendre le dialogue pour rapprocher les points de vue encore divergents dans le cadre d’un nouveau compromis, quitte à retarder l’élection du nouveau Président. Ce délai pourrait être mis à profit pour mieux structurer et organiser la participation du Hirak à un véritable dialogue inclusif. Il faudrait, pour cela, encourager l’émergence d’une nouvelle classe de jeunes dirigeants politiques au lieu de les mettre en prison. Je ne parle pas des corrompus qui doivent répondre de leurs actes devant une justice rénovée.
A ce propos, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), qui a déjà donné des signes probants d’impartialité, pourrait se rapprocher du Hirak, ce qu’elle fait déjà, pour élire (et non choisir) ses représentants au niveau des wilayas pour participer au nouveau dialogue. En cas de nouvel échec, il faudrait alors revenir à l’idée d’un Conseil d’Etat provisoire comme la première étape d’une feuille de route devant résolument conduire à l’avènement d’une nouvelle république. L’objectif ultime étant la prise en charge des revendications légitimes du Hirak et notamment de son désir de rupture avec l’ordre ancien. Le Conseil d’Etat devra alors se prononcer sur le programme qu’il entend mettre en œuvre pour amender la Constitution, organiser les prochaines élections législatives et procéder à l’élection d’un nouveau Président.
En un mot, il faudrait susciter chez les citoyens une confiance absolue dans le verdict des urnes et l’espoir d’un changement tangible sans lesquels ils pourraient s’abstenir massivement de nouveau.

L’élection d’un Président n’est pas une fin en soi
Nous souhaitons tous que notre prochain Président soit porteur d’un véritable projet d’Etat et de société moderne. Mais le choix d’un nouveau Président, même démocratiquement élu, ne constitue pas une fin en soi. Tout dépendra de sa capacité, et celle de son équipe, à mettre en place un programme d’action concret et balisé dans le temps pour regagner la confiance du citoyen en restituant leur juste valeur à l’honnêteté, au travail et à la compétence. Sa performance doit en permanence être jugée à l’aune de ses promesses électorales et des progrès accomplis, sous son mandat, en faveur de la satisfaction des revendications citoyennes.
La réhabilitation de l’image de l’Etat aux yeux des citoyens implique aussi que le Président s’investisse personnellement et en permanence dans le rétablissement de la communication entre l’Etat et le citoyen, entre l’Algérie et le monde extérieur. Pour ce faire, il faudrait que notre prochain Président réponde de façon incontestable aux critères de compétence, d’expérience, d’intégrité et de crédibilité, tant sur le plan national qu’international. Que sa vie passée, privée, professionnelle et publique n’offre aucune prise à toutes formes de pressions susceptibles de provenir de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. En un mot, qu’il n’appartienne à aucun clan et qu’il soit à même de dépasser les faux clivages (culturels, régionaux, spirituels ou autres).
Peu importe qu’il soit civil ou qu’il provienne de l’institution militaire, l’essentiel étant qu’il soit en état – et clairement perçu comme tel – d’exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles dans le cadre d’une entente totale et de soutien mutuel et permanent avec l’institution militaire, un véritable pacte voué à l’amour du pays et au service du citoyen qui sacralise sa dignité, ses libertés, ses biens et son droit à la justice (el-jaïch, echaâb, khaoua khaoua).
Fort de ce pacte, le nouveau Président sera en état de puiser en lui-même toute l’énergie qui lui permettra d’insuffler l’espoir dans les cœurs et les esprits indispensable au vrai départ de l’Algérie vers le traitement effectif de son mal et son redressement décisif.

Le pays est à la croisée des chemins
L’Algérie est à la croisée des chemins entre la fin du régime politique qui a prévalu depuis l’indépendance et l’avènement d’une nouvelle république. Tous les Algériens souhaitent une transition pacifique. Ils veulent vivre sous un régime civil moderne, capable de leur assurer l’emploi, l’égalité des chances, le progrès et la paix sociale.
Nous savons tous que le mal dont nous souffrons provient d’une crise de confiance du citoyen dans la volonté et la capacité de l’Etat à régler ses problèmes les plus urgents. C’est cette crise qui a creusé un fossé entre l’Etat et le citoyen. Pour traiter ce mal, il faudrait tout d’abord assainir le climat politique pour ramener le citoyen vers l’Etat en démontrant, en priorité et au plus vite, que les gouvernants sont capables de répondre à la préoccupation principale du citoyen, à savoir sa sécurité, au sens physique étroit du terme comme au sens large, celui lié aussi bien aux conditions de sa vie quotidienne qu’à ses perspectives d’avenir.
Vers un nouveau départ pour de meilleurs lendemains
Le redressement décisif nécessite un nouveau départ vers de meilleurs lendemains qui ne consiste pas à faire simplement table rase du passé. Le passé doit entrer en ligne de compte pour tirer des enseignements de l’expérience vécue dans la conduite des actions présentes et à venir, afin d’éviter les mêmes erreurs.
Le nouveau départ doit reposer sur le socle constitué par les progrès réalisés depuis l’indépendance, notamment au cours de ces deux premières décennies, qui ont permis à toutes les classes de la société algérienne d’accéder à l’école, aux soins, à la consommation moderne et au progrès social grâce au développement intensif d’infrastructures matérielles publiques, éducatives, sociales et économiques. Il doit sacraliser nos valeurs fondamentales d’unité, d’identité, de souveraineté et de solidarité nationale.
C’est un fait, quand bien même incontestable, que certaines de nos réalisations et nos acquis, de même que la prise de contrôle de nos richesses nationales et l’apport bénéfique de notre politique étrangère dans les relations internationales sont du bon côté de l’histoire de notre jeune indépendance. Le nouveau départ doit cependant être fondé sur des ajustements, voire des réformes dans de nombreux secteurs pour répondre rapidement aux aspirations nouvelles de progrès, de prospérité et de plus de justice sociale.
Les échecs à inscrire du mauvais côté de notre jeune histoire sont le résultat d’une gouvernance défaillante qui n’a pas été en mesure d’assurer la pertinence des objectifs de développement et des politiques économiques suivies. Notre incapacité à mettre en œuvre des réformes a conduit à l’appauvrissement continu d’une frange importante de la population qui a été réduite au chômage, à la « hogra » et à la « harga ». L’Algérie, qui servait de modèle de réussite pour des pays en voie de développement au lendemain de l’indépendance, est maintenant prise comme exemple d’un « pays riche peuplé de pauvres ».

Nécessité d’un projet global de redressement économique et social
La conception du projet global de redressement économique doit s’articuler autour d’un certain nombre de mesures radicales :
1. La libération de toutes les énergies créatrices de richesses doit devenir la règle, ce qui n’est pas incompatible avec la présence de l’Etat-actionnaire dans les secteurs où il a fait ses preuves. Le choix n’est ni entre le « tout Etat » et le « pas du tout d’Etat », ni entre l’ « Etat-providence » et la « démission de l’Etat ». Le choix est moins d’Etat dans certains secteurs et plus d’Etat dans d’autres. Il convient donc d’encourager le privé et l’intégrer pleinement dans l’effort de développement afin qu’il apporte sa juste contribution à la croissance et au progrès de la Nation.
2. La diversification de l’économie nationale, entamée au début de notre indépendance qui avait pratiquement assuré le plein-emploi au début des années 1980, doit revenir au centre de nos préoccupations afin de résorber le chômage qui a atteint, depuis, un niveau critique, notamment chez les jeunes diplômés. La diversification de notre économie doit demeurer un objectif primordial car elle constitue, en outre, le seul moyen de nous mettre progressivement à l’abri des aléas de la conjoncture pétrolière.
3. La politique énergétique nationale doit faire l’objet d’une véritable refondation dans toutes ses dimensions.
En amont, il convient de dépasser la problématique de nos rapports avec nos partenaires étrangers et nous dégager progressivement de notre obsession à augmenter notre capacité de production d’énergies fossiles à un moment où le monde entrevoit la fin prématurée de l’ère du pétrole au profit du développement des énergies renouvelables. La finalité de toute politique chez nous ne peut pas se limiter à la maximisation des recettes fiscales mais devrait se rapporter, aussi et surtout, à la promotion du développement économique et social du pays et donc au développement hors hydrocarbures.
A ce propos, les récentes manifestations contre le projet de nouvelle loi pétrolière sont motivées non seulement par le rejet d’une décision qui n’incombe pas à un gouvernement de transition, de surcroît illégitime, mais aussi par un ras-le-bol populaire à l’égard des nombreux aménagements apportés à notre loi pétrolière depuis l’indépendance qui, en définitive, ne contribuent pas à l’amélioration du bien-être des citoyens qui profitent très peu des richesses du pays. Ce ras-le-bol ressort clairement du fait que les manifestants n’ont probablement pas eu accès au contenu du projet ni saisi ses principales avancées par rapport au régime actuel.
En aval, il convient de poursuivre l’effort de réduction des subventions des prix des produits consommés localement et du retour progressif à des tarifs basés essentiellement sur le coût technique afin de réduire le gaspillage et la contrebande. Nous consommons toujours deux fois plus d’énergie que la moyenne mondiale pour produire la même richesse. Il est maintenant démontré que le régime des subventions, tel qu’il est appliqué chez nous, est inefficace et même contraire à sa finalité. Il profite davantage aux couches les plus aisées de la population qu’aux classes défavorisées. Il faudrait lui substituer un système de subventions ciblées ou de compensations directes au profit des plus pauvres (et d’un nombre limité d’industries à forte valeur ajoutée) pour corriger l’effet pervers du système actuel.
La nouvelle politique pétrolière ne peut pas ignorer que l’industrie pétrolière fait face, dans son ensemble, à une menace existentielle. Le réchauffement climatique est clairement en voie d’accélération de sorte que ses conséquences dramatiques sur l’environnement reçoivent désormais une attention universelle (notamment de la part des jeunes générations) et sont l’objet d’une très grande préoccupation. L’industrie pétrolière est tenue pour principal responsable du réchauffement climatique et se trouve sévèrement critiquée pour ses réactions jugées inadéquates. Cette tendance n’augure rien de bon pour le secteur pétrolier en amont où la stratégie des opérateurs sera davantage axée sur les projets à court cycle de production au moindre coût et donc plus lucratifs. La relance de l’activité en amont chez nous dépendra, en définitive, de la compétitivité de la Sonatrach.
Les revenus engendrés par l’exportation de nos richesses pétrolières ont, jusque-là, permis, tant bien que mal, à faire face aux besoins grandissants de la population mais ils risquent de s’effondrer.
En effet, au train où vont les choses :
- Nous avons suffisamment de réserves d’hydrocarbures pour couvrir nos besoins pendant une génération pour le pétrole et davantage pour le gaz si nous développons à temps nos réserves non-conventionnelles.
- Si la transition énergétique vers les énergies renouvelables est retardée ou mal assurée et si notre modèle de consommation n’est pas rénové en matière d’efficacité énergétique, il y a lieu de s’attendre à un déclin prononcé de nos exportations d’hydrocarbures.
- Cette perspective conduirait à terme à l’épuisement de la rente pétrolière et menacerait nos équilibres budgétaires, sauf si des progrès notables sont réalisés en matière de diversification de l’économie nationale.
- La transition énergétique au service du développement durable doit s’appuyer sur l’exploitation intensive et accélérée de notre patrimoine en énergies renouvelables. Elle garantirait notre indépendance énergétique à long terme, tout en accélérant le processus d’industrialisation et de diversification de l’économie nationale et donc d’encourager la participation du privé et la création d’emplois.
- Comme tous les pays exportateurs d’hydrocarbures, l’Algérie doit s’attendre à un avenir incertain marqué par une volatilité intense tant sur le prix du Brent que sur ses exportations de gaz naturel. Il est donc urgent qu’elle s’engage dans la création de nouvelles sources de richesse pour assurer et stabiliser le flux de ses futurs besoins en revenus financiers.
4. Nos futurs dirigeants doivent donc faire le meilleur usage des réserves d’hydrocarbures encore disponibles et s’engager dans une politique volontariste en faveur des énergies renouvelables et de la transition énergétique dont tout le monde parle et qui tarde à se concrétiser. Il faut provoquer un véritable choc et s’engager, sans tarder, dans une démarche qui doit s’inscrire dans une trajectoire crédible et durable.

Nous avons besoin d’un nouveau projet fédérateur
La lutte de Libération nationale n’a été couronnée de succès que parce que toutes les composantes de la société algérienne (hommes et femmes, jeunes et vieux, étudiants et ouvriers) ont uni leurs efforts pour combattre le colonisateur avec un objectif fédérateur, l’indépendance du pays. La révolution a propulsé le pays vers un rôle de premier plan dans les relations internationales qui lui a valu de servir d’exemple dans la lutte contre le colonialisme, la défense des intérêts du Tiers-Monde, la promotion du Dialogue Nord-Sud et l’épanouissement de l’Opep.
Nous avons besoin d’un projet fédérateur capable de mobiliser toutes nos énergies matérielles et humaines pour lutter contre les principales tares du régime actuel, notamment son incapacité à créer de nouveaux emplois. On pourrait réfléchir sur le type de projet national qui répondrait le mieux à nos moyens matériels et humains. Dans cet ordre d’idées, on pourrait retenir un projet qui consisterait à faire de l’Algérie l’un des principaux producteurs et exportateurs d’électricité verte vers l’Europe compte tenu de notre riche potentiel et notre vivier de compétences maintenant avérées.
L’Algérie dispose d’un des plus grands réservoirs d’énergie solaire dans le monde avec un potentiel pratiquement illimité, largement supérieur à celui de l’Europe dans son ensemble. Le réchauffement climatique a conduit les pays européens à réduire rapidement les émissions de carbone tant au niveau national qu’à l’échelle de l’Union, ce qui nécessite la fermeture des dernières centrales à charbon. L’Agence internationale pour le développement des énergies renouvelables (Irena) a récemment déclaré que la création d’emplois nouveaux dans la mise en valeur des énergies renouvelables à l’échelle mondiale pourrait dépasser les emplois créés par l’ensemble des projets de développement des énergies fossiles. Une analyse récente a affirmé qu’un investissement d’un million de dollars créerait trois postes d’emploi supplémentaires s’il était consacré aux énergies renouvelables par rapport au même investissement dans les énergies fossiles.
Il s’agirait d’un projet intégré à l’image de ce qui a été proposé par Desertec il y a une dizaine d’années avec, cependant, une plus grande intégration de l’industrie locale, un management algérien et le concours éventuel de partenaires étrangers.

Conclusion
La situation de crise que le pays traverse aujourd’hui exige des solutions radicales pour mettre un terme à l’ordre établi. Ces solutions ne seront possibles qu’avec de nouvelles institutions démocratiquement élues, des dirigeants intègres et compétents et la participation enthousiaste de la population dans le cadre d’un nouveau projet fédérateur.
L’Algérie a les moyens, les ressources et l’expérience, sinon la culture, nécessaires pour imprimer des réformes profondes à un coût social supportable, alliant efficacité économique et justice sociale, enrichissement justifié et solidarité nationale.
N. A.-L.
(*) Ex-ministre de l’Énergie et expert international.

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