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Culture

Exposition «Espions» : la Cité des sciences à Paris plonge dans le monde du renseignement

Publié par R.C
le 15.10.2019 , 11h00
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Une explosion nucléaire de faible intensité a été détectée. Les services de renseignement français se mobilisent. Et, du 15 octobre au 10 août, à la Cité des sciences et de l'Industrie à Paris, ils demandent votre aide.
Pour plonger les visiteurs de leur exposition «Espions» dans le monde opaque de la guerre secrète, les organisateurs ont imaginé un scénario de crise, le plus réaliste possible, et obtenu la collaboration exceptionnelle des six services français dits «du premier cercle» et celle, plus triviale mais cruciale, des producteurs de la série française à succès Le Bureau des légendes. Le résultat est une immersion saisissante de réalisme dans un parcours qui commence avec l'entrée dans un sas de contrôle copié sur celui d'un vrai service et se poursuit, sur grand écran, par une réunion de crise dirigée par «Moule à gaufres», alias le colonel Marc Lauré, directeur du renseignement dans la série diffusée par la chaîne Canal+, joué par le même acteur, Gilles Cohen. Autour de la table, dans le décor de la série, des comdiens incarnent des fonctionnaires de la DGSE (sécurité extérieure), la DRSD (renseignement et sécurité de la Défense), la DRM (renseignement militaire), DGSI (sécurité intérieure), DNRED (enquêtes douanières), et Tracfin (renseignement financier). La «République occidentale» (pays imaginaire) a procédé à un essai nucléaire sous-terrain que les capteurs du Commissariat à l'énergie atomique (partenaire de l'exposition) ont détecté. Le détournement de technologies françaises est soupçonné. Nous avons 48 heures pour mener l'enquête et présenter un rapport que le coordinateur national du renseignement remettra au président de la République.
A partir de là, le visiteur passe dans 25 stands dans lesquels des scénographies l'immergent dans le monde secret des espions. Il devra tour à tour analyser dans un casque des conversations interceptées, apprendre les techniques de filature, analyser des prélèvements effectués par un agent clandestin infiltré en République occidentale, assister à l'interrogatoire d'un homme d'affaires français soupçonné d'être complice ou victime, «dépoussiérer» un bureau (c'est-à-dire détecter des micros ou des caméras), observer sur des images satellite les locaux des usines suspectes.
«Nous voulions faire quelque chose sur l'espionnage contemporain français», explique à l'AFP Géraldine Attié, co-commissaire de l'exposition. «Nous avons contacté les services de renseignement français. Nous les avons rencontrés, leur avons présenté le projet. Comme on écrit un film ou un livre. Les six services du premier cercle nous ont suivi.»
«C'est la Cité des sciences et de l'industrie, c'était sérieux et crédible», explique à l'AFP l'un des membres de ces services qui, comme il se doit, demande à rester anonyme. «Pour nous, cela contribue à familiariser le grand public avec la fonction de renseignement, donc il était pertinent de s'y associer.» Les deux commissaires avaient dès le départ décidé de s'appuyer sur une intrigue fictive. Le choix du Bureau des légendes, série exportée dans plus de cent pays, était évident.
«Nous sommes allés voir Alex Berger» (producteur exécutif, ndlr) : ça lui a tellement plu qu'ils sont devenus co-producteurs de l'exposition. Ils ont réalisé le scénario, des scènes de film et les décors. Pendant le parcours, qui prend en moyenne 90 minutes, le visiteur peut également s'arrêter à des bornes vidéo sur lesquelles il visionne les témoignages exceptionnels de 14 agents de renseignement en activité, filmés en ombres chinoises, qui racontent leur travail et leur monde, dans des témoignages bien sûr visés et approuvés par leur hiérarchie. Une fenêtre sur leurs «vies d'espions». Il passe ensuite à l'atelier, où il peut voir et toucher les gadgets du monde secret, dont certains sont authentiques, prêtés par les services.
Le parcours se termine dans la salle de réunion, aux côtés des membres des services incarnés par des écrans posés verticalement sur des chaises, pour la synthèse finale.
Les indices recueillis au cours de la visite coïncident, les points sont reliés et la manipulation orchestrée par les services secrets de la «République occidentale» pour se procurer la bombe apparaît au grand jour.
«Merci pour votre travail et votre rapidité», conclut l'acteur qui joue le rôle de coordinateur national du renseignement. «Je vais maintenant en informer le président de la République.»

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