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Entretien

INSTITUT PASTEUR Le difficile décollage

Publié par Samira Azzegag
le 09.06.2018 , 11h00
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Fondé pour devenir le plus grand complexe de production de vaccins en Afrique, l'Institut Pasteur d'Algérie peine à décoller. Il avait pour objectif de produire des vaccins et des sérums pour satisfaire les besoins locaux et aller même vers l'exportation. Douze ans après son inauguration, l'IPA a perdu sa vocation et est devenu un simple Epic d'importation.
Créé en 1894, l’Institut Pasteur d’Alger avait pour mission principale la prise en charge de la rage. Il devient, en décembre 1909, l’Institut Pasteur d’Algérie. Il restera une filiale de la fondation «Institut Pasteur de Paris» jusqu’en 1962 et devient, en 1971, un institut algérien créé par l’ordonnance n°71-45 du 21 juin 1971, comme établissement d’utilité publique sans but lucratif, doté de la personnalité civile.
Il est érigé en établissement industriel et commercial par le décret n°94-74 du 30 mars 1994, eu égard à ses activités de production et de commercialisation de sérums, de vaccins et de produits biologiques. Cependant, la mission de l’institut est limitée à l’importation de vaccins depuis la fin des années 1980, alors qu’en 1980, d'importantes doses de vaccins contre la rage étaient exportées.
Le paradoxe est que ce même produit est actuellement importé, pour couvrir les besoins du marché local. L’institut n’arrive à réaliser et couvrir que le tiers des besoins du marché local, soit 20 000 à 40 000 doses de sérum antirabique. En bref, 110 000 doses sont importées annuellement, puisque tels sont évalués les besoins. La moitié de la production du sérum anti-scorpionique était également exportée. Hélas, aucune opération n'a été enregistrée depuis plusieurs années.
Aucun vaccin à usage humain n’est produit par l’institut. Le seul, réalisé pour le compte du ministère de l’Agriculture, est à usage vétérinaire. Le grand siège implanté à Dely-Ibrahim sur une superficie de 28 hectares est resté à l’état de carcasse de béton pendant une vingtaine d’années. Il était question d’en faire un grand complexe en Afrique, pour la production de vaccins et de sérums pour satisfaire les besoins algériens et aller même vers l’exportation.
Un projet inscrit par décision en août 1975 dans le premier plan quadriennal. Les travaux du grand building n’ont été relancés qu’en 2006 par Amar Tou, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à l’époque, qui comptait remettre les choses en ordre. Le siège fut inauguré par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le 15 avril 2007. Depuis, l’institut assure principalement l’importation des vaccins en quantité suffisante certes, mais aucun effort n’est enregistré pour la production, limitée au sérum anti-scorpionique, à raison de
80 000 doses, anti-vipérins pour une quantité variant de
8 000 à 20 000 par an, antirabique à raison de 20 000 à
40 000 doses. Le seul vaccin réalisé est à usage vétérinaire. Il s'agit du vaccin contre le clavelée pour une quantité de 21 000 000 doses annuellement. L’ex-ministre de la Santé, en l’occurrence Abdelmalek Boudiaf, lors d’une visite de travail et d’inspection à l’Institut Pasteur d’Algérie, un mois après le limogeage de son ex-directeur général, M. Kamel Kezzal, avait annoncé de nouvelles mesures pour redonner à l’Institut Pasteur «son vrai statut de recherche» afin qu’il cesse d’être un simple «Epic d’importation», estimant qu’il y avait « beaucoup à faire dans le secteur afin de remédier aux multiples problèmes qui freinent encore son développement». Depuis, aucun grand changement n’a été opéré ; un seul projet à l’état fœtal est annoncé en grande pompe en décembre 2017 pour la réalisation de vaccins.
L’Institut Pasteur d’Algérie projette de créer une société mixte avec Sanofi Pasteur pour la production de vaccins de nouvelle génération en Algérie. Un mémorandum d’entente a été signé entre les deux parties.
S. A.

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