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Haltes Estivales

2020 : l'année corona

Publié par Maâmar Farah
le 10.09.2020 , 11h00
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Dernière halte estivale de la saison. Nous arrivons à l'année 2020, cette longue parenthèse faite de vide et de silence. C'est une année blanche dont on se souviendra sûrement comme l'année noire de notre vie !
Le 12 mars, au tout début de la pandémie, je faisais ce constat et  posais ces questions :
«Ce retour aux peurs si lointaines du Moyen-âge engendre des comportement antirationnels et encourage le charlatanisme et l'obscurantisme... Quand vous avez peur de mourir et que l'on vous dit à chaque moment que le danger est réel, qu'il faut vous plier à une discipline quasi militaire et que l'État, vous protégera toujours, vous avez tendance à tout oublier pour vous accrocher à l'espoir de survie. Exit les revendications salariales, les exigences de liberté et de démocratie, les luttes syndicales, les marches et les manifestations. Autre question : pourquoi maintenant ?»
Le 19 mars, je reviens sur l'utilisation de la pandémie pour faire survivre le capitalisme agonisant : «Le coronavirus tombe au moment où le monde capitaliste subit la crise la plus grave de son existence. Après avoir tout essayé, après avoir apeuré les gens avec le terrorisme et justifié les tours de vis successifs aux libertés par les mesures antiterroristes, le capitalisme agonisant utilise le Covid-19 de la même manière pour occulter les tares du système qui profite aux riches et écrase les travailleurs, les chômeurs et les retraités... La semaine dernière, j'ai parlé d'atmosphère orwellienne par rapport à l'œuvre majeure de George Orwell, ‘’1984’’, qui raconte un monde étroitement contrôlé et des peuples surveillés par l'œil du maître absolu, Big Brother. Regardez les images du monde.»
Le 2 avril, j'exprime la crainte - justifiée- de voir l'économie s'écrouler suite aux décisions draconiennes prises :
«Bien que critiqué à juste titre d'ailleurs, ce secteur hospitalier public fait notre fierté ces jours-ci. Malgré tout, il est là et il répond correctement aux défis de l'heure. Nous nous en sortirons bientôt pour travailler mieux et plus parce que l'autre catastrophe, la vraie, qu'il va falloir affronter courageusement est la chute vertigineuse des prix du pétrole ! Nous ne pouvons rester les bras croisés à regarder la télé ou à naviguer sur le web pendant que l'économie vire au rouge. Un confinement total veut dire la ruine de cette économie !»
Le 16 avril, hommage à l'armée blanche ;
«Ce sont nos praticiennes et nos praticiens, nos infirmières et nos infirmiers qui ont écrasé ces haïssables courbes, d'un K.O décisif, dès le départ ! Et pour reprendre une pub en vogue dans les années 70, ils sont nés chez nous, on peut leur faire confiance ! Nos médecins, nos infirmiers, nos travailleurs de la santé ont appris à se débrouiller avec un rien pour sauver des vies humaines. Ça doit venir de ces pratiques lointaines et enfouies au cœur des djebels et au fond de l'histoire lorsque, répondant à l'appel du devoir patriotique, les médecins algériens se retrouvèrent aux premiers rangs des maquisards, apportant une assistance inestimable dans le traitement des blessés et malades. Ils étaient entourés de belles infirmières, encore plus belles dans leurs tenues militaires et leur regard de Madone.»
Le 23 avril, je fouille l'histoire pour expliquer l'optimisme à l'algérienne :
«Toute notre histoire est faite de ces souffles insensés chargés d'un optimisme purement algérien, cette incompressible dose d'espoir, nourrie de soleil revêche et de chevauchés fantastiques à travers les espaces infinis. Ce sont ces folies accrochées comme des limaces à la terre mais, en même temps, élancées vers les grandes étendues de l'espérance indomptable qui donnent aux hommes les moyens de grandir pour se rapprocher de la hauteur de cette nation. C'est ce souffle qui façonne les miracles et rend l'impossible, possible !
Alors, moi, je vous le dis et très fort : ce n'est pas ce maudit virus de malheur qui va m'empêcher de croire en un printemps de féerique renaissance, tardif certes mais ô combien prometteur pour tous ceux qui refusent de se laisser abattre par la morosité contagieuse et le catastrophisme terrorisant de certains ‘’leaders d'opinion’’.»
Le 21 mai, rappel : l'économie est en péril !
«À bien écouter les messages de l'OMS et des sommités médicales, le Covid-19 s'est invité chez nous pour longtemps. Personnellement, je pense pourtant qu'il va déguerpir dès les premières canicules mais mon point de vue reste un avis non autorisé car non étayé par une argumentation scientifique. À défis nouveaux, réponses originales : entre la rigueur et parfois l'alarmisme du scientifique d'un côté et la détresse des travailleurs et des patrons d'unités économiques frappées par l'inactivité de l'autre, le politique doit trancher en essayant de trouver la voie la plus juste, celle qui, tout en étant humainement acceptable et non périlleuse pour la santé publique, se soucie aussi des contingences économiques dans ce moment de grande urgence.»
Le 28 mai, triste Amérique...
«La réalité cruelle imposée par la propagation du Covid-19 aux USA vient souvent balayer ces chimères... Cette réalité, nous l'avons observée de la manière la plus claire, lors des inondations d'Atlanta à l'été 2005. En voyant les résultats de cette catastrophe, le monde stupéfait découvrait une Amérique sous-équipée, sous-développée et au bord du désordre généralisé. Parquées dans des gymnases ou laissées à leur triste sort, des milliers de familles — avec une écrasante majorité de Noirs — s'entassaient partout, n'ayant plus ni logements, ni passé, ni avenir. Ces scènes semblaient surgir d'une contrée indienne frappée par un typhon ou d'un village africain ravagé par les crues. Cela ne pouvait être l'Amérique, parce que l'Amérique, c'est l'image créée par Hollywood, c'est le rêve américain, la force invincible des GI's et les triomphes de la conquête spatiale. Cette autre Amérique ‘’tiers-mondialisée’’n'existe pas ! Nous avons été victimes d'hallucinations collectives. La propagande est si forte que les Américains croient qu'ils vivent dans le meilleur des mondes. Ridiculisés et battus pourtant par les Vietnamiens, ils croient dur comme fer que Rambo existe et qu'il est sorti vainqueur de la guerre.»
Le 12 juin, nouvelles interrogations sur l'après-Covid ;
«Au sortir du Covid-19, les peuples s'interrogent et comprennent, enfin, à la lumière de cette longue période de privations, que l'essentiel est souvent occulté. La société de consommation et de loisirs à quatre sous qu'on leur offrait masquait leur pitoyable existence réelle dans un monde fait pour les riches et les puissants. En revenant à l'essentiel, à la vraie vie, comme diraient certains, les peuples ont ressenti tout le poids des injustices et des oppressions. Alors, ils se révoltent. Mais attention, c'est peut-être une révolution.
Cette révolution se nourrit certes d'iniquités raciales et de violences urbaines mais son fondement est une lutte de classes nouvelles qui revivifie les peuples pris dans le tourbillon de la mondialisation et ses effets pervers. Les slogans périmés des républiques trahies tombent de leurs piédestaux, comme les statues de ces faux héros mais vrais racistes génocidaires... Il y a certainement là, les germes de véritables guerres civiles qui incubent imperceptiblement...»
M. F.

 

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