Rubrique
Lettre de province

La Constitution comme préambule au dialogue

Publié par Boubakeur Hamidechi
le 04.01.2020 , 11h00
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Alors que la saison des vœux n’est pas encore close, comment faire pour que l’an neuf soit enfin différent des précédents ? Celui-ci commencera par un test de confiance auquel sera soumis le nouveau régime malgré les improbables scores qui l’ont fait élire. Dans le cas contraire, le pays doit-il parier sur la poursuite du fameux mouvement social, seul recours susceptible d’imposer de réelles perspectives à l’Etat et dont la plus importante consiste en sa refondation ? C’est-à-dire, loin des stratégies basées sur des cautères que sont les amendements constitutionnels lesquels n’ont modifié en définitive que ce qui arrangeait les dirigeants en place. C’est pourquoi dans les deux cas de figure rien n’est moins sûr et tous les scénarios avancés ne seraient que suppositions mal fondées. Par contre, les idées qui ont de fortes chances de constituer le véritable héritage à transférer de l’an «19» seraient le style de la démarche du Hirak et la clarté de son programme politique. En effet, au cours de leur longue marche, les insurgés du 22 février n’exigèrent rien d’autre que la réforme des procédures légitimant le pouvoir. Or, certaines sirènes de la communication (El Moudjahid du 2 janvier) sont déjà à l’œuvre en attribuant au nouveau Président la thèse consensuelle des amendements susceptibles de restaurer le fonctionnement de la loi fondamentale ! Une immense tricherie qui plus d’une fois avait fait ses preuves en termes de malveillance et dont le point d’orgue remonte au 12 novembre 2008. Car, avec l’histoire des amendements successifs, nous avons la preuve que la forfaiture avait été bel et bien au rendez-vous du vote au Parlement ayant permis à Bouteflika de violer la Constitution sans discontinuer jusqu’à sa destitution. C’est ainsi que les réfutations du passé se transformèrent plus tard en «simples fautes politiques» afin de sauver l’honneur d’un pouvoir manipulateur en toute circonstance. A ce jour, et malgré l’émergence d’une véritable révolution sociale exigeant que l’on dépasse le mode de modifications en leur substituant le remplacement d’une loi par une nouvelle, le nouveau Président semble ne pas partager l’idée d’une chirurgie de cet ordre. Celle qui mettra en opposition le changement de politique d’un pouvoir à un autre et la manière de considérer son exercice comme un continuum qui ne varie que selon les circonstances. Or, sur ce qu’il estimera nécessaire d’accomplir immédiatement, le Président Tebboune sera soit suivi par la frange de l’opinion qui manifeste, soit contesté comme le furent les prédécesseurs ayant géré l’intérim du pouvoir. Cela dit, tout devrait être tranché à court terme afin de mettre fin à la complexité de ce dilemme historique. Car donner naissance à une seconde République en remplacement de l’ancienne n’a rien à voir avec l’accusation injuste de « putschisme » comme certains cercles s’efforcent d’en faire un procès d’intention. De même qu’il faut aussi rappeler que des probables funérailles d’une RADP s’imposent d’elles-mêmes. En effet, historiquement, cette Constitution ne fut-elle pas l’objet du viol originel commis au lendemain de la libération du pays ? Celui qui confisqua aux Algériens leur citoyenneté à peine acquise. N’hésitant pas à s’inscrire en faux contre les recommandations des Congrès de la Soummam et de Tripoli, l’on taillera des croupières aux propositions émises par la constituante de 1962 en les remplaçant par d’autres règles ayant survécu à ce jour sous différentes versions. Il y eut celle dont se dota Boumediène en 1976 et qui ne fit que durcir l’arsenal despotique alors que Bendjedid ne se débarrassa, en 1989, que de la référence idéologique du « parti-Etat ». Enfin, Zeroual complétera l’habillage en 1996 par la création d’un bicamérisme destiné à censurer toute majorité en formation. Pourtant, ces quatre révisions, intervenues dans les moments forts du pays, n’ont eu que peu d’effets qualitatifs sur les modalités de fonctionnement de l’Etat. Au contraire, elles légitimèrent un peu plus les mêmes pratiques qui allaient conforter le socle du système. Une aubaine pour le bouteflikisme qui en fera un usage insensé dont celui de la permissivité de l’enrichissement au nom d’un pseudo libéralisme économique. C’est pourquoi, l’Algérie de 2020 ne doit plus réactiver la fausse solution consistant en une cinquième révision de la loi fondamentale. Cette mise en équation recuite que l’on envisage d’actualiser dans le contexte présent a-t-elle encore un sens face à la clochardisation galopante du pays réel ? C’est donc de rupture à la fois avec le cadre institutionnel et avec la génération des dirigeants ayant prospéré sous le régime précédent qu’il sera question. Ce qui voudra dire qu’il ne s’agira plus de se dédouaner avec pour seul prétexte un programme politique rénové mais d’oser le changement de l’ensemble de la société en commençant par disqualifier les vieilles règles dont disposaient les pouvoirs ayant précédé celui du Président Tebboune. Mais à quelle solution celui-ci s’y résoudra-t-il ? Sans doute fera-t-il de cette question nodale l’alpha et l’oméga de son mandat présidentiel.
B. H.

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