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Syrie Idlib dernier acte d’une guerre de sept ans ?

Publié par Hassan Zerrouky
le 10.09.2018 , 11h00
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Le sort d’Idlib, dernier bastion des insurgés islamistes, est-il scellé ? Vendredi, au sommet de Téhéran, les Présidents Poutine, Rohani et Erdogan ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une solution pouvant épargner un drame sanglant à cette région où vit une population de trois millions d’habitants. Les discussions entre les trois dirigeants étaient publiques et retransmises en direct par la TV iranienne. 
La proposition de Tayyip Erdogan d’un cessez-le-feu suivi d’un désarmement du seul Hayat Tahrir Cham (HTS), coalition de groupes takfiristes dont l’ex-Front al Nosra est le fer de lance, qui remettrait ses armes au Front national syrien (FNS), coalition islamo-nationaliste parrainée par Ankara et qui regroupe une douzaine de groupes d’islamistes dit modérés dont Faylaq Cham – n’a pas été acceptée par Moscou et Téhéran. D’autant que si les djihadistes de HTS, une fois désarmés (ce qui n’est pas encore acquis) sont transférés vers une zone tampon sous contrôle turc à proximité de la frontière turque, le FNS, lui, ne serait pas concerné, et pire, aux yeux des Russes et Iraniens, il sortirait renforcé grâce aux armes que lui laisseraient les djihadistes de Hayat Tahrir Cham et, de surcroît, laissé libre de ses mouvements. Qui plus est, rien ne dit qu’une partie des effectifs djihadistes ne basculerait pas dans le camp du FNS. 
Ankara, à en croire diverses sources arabes et turques, dispose encore de quelques jours pour désarmer les milices djihadistes et leurs alliés. En cas d’échec, il ne resterait  place  qu’à une seule option : le recours aux armes. Et de ce fait, La bataille d’Idlib pourrait être ainsi le dernier acte d’une guerre qui dure depuis 2011 et qui a déjà fait plus de 350 000 morts et plus de quatre millions de déplacés. 
Pour l’heure, tous les ingrédients d’un massacre à grande échelle sont réunis. Selon des sources concordantes, ils seraient entre 20 et 30 000 insurgés islamistes lourdement armés – ils possèdent des missiles Grad et Tow de fabrication américaine et même des armes israéliennes – et disséminés parmi la population, prêts à en découdre avec l’armée syrienne : celle-ci a massé d’importants moyens matériels et humains aux abords de cette région, tandis qu’au large des côtes syriennes, la Russie a renforcé sa présence en déployant 25 navires de guerre dont des sous-marins, et ce, sans compter la trentaine d’avions bombardiers basés à proximité d’Idlib et qui bombardent intensément depuis déjà quelque temps les positions tenues par Hayat Tahrir Cham, lequel réplique par des tirs de missiles Grad. 
L’équation risque de se compliquer davantage dans les jours à venir. Sous prétexte d’un usage des armes chimiques par Damas, alors que chacun sait qu’à cette étape ultime d’une guerre qu’il est sur le point de remporter définitivement – le régime syrien ne va pas se risquer à fournir le moindre prétexte à une intervention occidentale – Washington et Paris menacent d’intervenir si… le régime syrien utiliserait des armes chimiques ! 
En revanche, selon Moscou, rapporte l’AFP, des responsables du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, du Parti islamique du Turkestan et des Casques blancs syriens se sont réunis vendredi à Idlib pour «se mettre d'accord sur le scénario de la mise en scène et du tournage de faux incidents avec l'utilisation prétendue de substances toxiques par les forces gouvernementales contre les civils». 
H. Z.

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