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Mouvement de contestation populaire à Bouira Des manifestants réclament des têtes à l’échelle locale

Publié par Yazid Yahiaoui
le 17.06.2019 , 11h00
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A Bouira, parce que le mouvement du 22 février qui a donné ses fruits contre certains patrons véreux et corrompus du système en se retrouvant soit derrière les barreaux, soit en cours de l’être, n’a pas été suivi de la même manière au niveau local, des milliers de manifestants qui défilent chaque vendredi à travers les principales artères de la ville, venant des quatre coins de la wilaya, ne cessent de réclamer, outre les habituelles revendications propres au mouvement, les têtes de certains responsables à l’échelle locale.
Et développement technologique oblige, avec Facebook devenu le premier média par excellence, ces revendications sont vite relayées avec des partages d’appels insistants et des vidéos réclamant des têtes à l’échelle locale : des responsables de la dilapidation des deniers publics, du bradage du foncier industriel et urbain, tant dans la ville de Bouira que dans d’autres daïras et la zone industrielle de Sidi Khaled, celle de Dirah ainsi qu’au niveau des zones d’activités, sont largement cités et avec des exemples.
Ainsi, outre ces lieux où la corruption est légion qui sont souvent cités par des internautes et des manifestants, il y a également les marchés publics qui sont octroyés avec des procédés déloyaux, d’autres évoquent également les matériaux utilisés dans la construction notamment dans les LPL ou logements publics locatifs, dont les bénéficiaires découvrent une fois en possession de leurs biens, l'ampleur des dégâts tellement les travaux sont bâclés avec parfois des produits périmés comme le plâtre ou la peinture, les portes et fenêtres, les éviers de cuisine et autres éléments des sanitaires de basse qualité, les robinets, les poignées, tous ces produits sont achetés à bas prix mais, selon nos informations, facturés comme étant des produits de première qualité, l’étanchéité, les finitions, etc..
Outre les logements, les citoyens évoquent également, concernant les chefs-lieux de communes, les affaires juteuses relatives aux les consommables notamment les lampes d’éclairage public, les réfections des routes et autres nids-de-poules et ornières, les produits d’hygiène et les opérations de désinsectisation et de dératisation, qui nécessitent des enquêtes approfondies de la part des inspections indépendantes afin de débusquer toutes les anomalies tant dans la comptabilité annuelle que dans la qualité des produits utilisés, ainsi que les méthodes de vol et de détournements.
Cela étant, nos sources évoquent également les affaires concernant le foncier urbain, où des poches devant servir d’espaces verts pour les citoyens, ou d’aires de jeux pour les enfants, sont vendues à des prix symboliques pour des amis et ceux qui savent délier leurs bourses et le tout, bien entendu, sans aucune règle des marchés. Le même procédé est observé dans les zones industrielles existantes, où des lots importants sont octroyés sans aucune garantie d'investissement, et dont le résultat est très visible avec une wilaya qui possède deux grandes zones industrielles dont l’une est située à 3 kilomètres de l’autoroute et qui s’étend sur plus de 400 hectares, et une autre située à Dirah, à 50 kilomètres au sud de Bouira sur la RN8, avec plus de 800 hectares, ainsi que 12 zones d’activités, mais sans aucun impact sur le marché local avec un taux de chômage des plus élevés et avec des zones d’activités et industrielles qui sont là mais otages de lobbys qui se sont accaparés plusieurs lots sans y investir un dinar.
D’autres agissements sont largement visibles au niveau de la ville de Bouira, que le citoyen voit comme étant un signe évident d’une certaine caste qui a pris la wilaya en otage sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit. Nous citerons par exemple le parking situé face aux locaux commerciaux de Saed El Gat qui est fermé au stationnement, et la circulation au niveau de cet axe est dans un sens — décision inique basée selon nos informations sur du chantage —, ainsi que cette autre décision inique également au niveau de l'axe qui va de la cité Farachati vers le stade Opow fermé à la circulation sans aucune raison valable, etc. Pour toutes ces raisons, les milliers de citoyens qui manifestent chaque vendredi ne cessent d’appeler les hautes autorités du pays à engager des enquêtes à l’échelle locale pour mettre fin aux agissements de certains responsables qui se croient jusqu’à présent au-dessus des lois. Des têtes que tout le monde cite nommément mais il y’en a d’autres encore. Et le jour où des enquêtes seront engagées au niveau de la wilaya de Bouira, ce ne seront pas seulement les ex-walis ou les ex-directeurs d’exécutif qui vont tomber mais, il y aura certainement des élus, des députés et même des sénateurs, des maires, des P/APW, des chefs de partis à l’échelle locale, ainsi que des hommes d’affaires, des industriels et des entrepreneurs qui ont longtemps usé et abusé des biens de la collectivité et du peuple, qui vont payer.
Y. Y.

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