Rubrique
Société

Les frites à toutes les sauces Les Algériens en raffolent

Publié par Sarah Raymouche
le 08.08.2019 , 11h00
1181 lectures

Croustillantes, cuites au four, ou baignant dans l’huile, les frites, seules ou accompagnées, garnissent tous nos plats, surtout en été. Les Algériens sont de gros consommateurs de pomme de terre, à l’échelle planétaire. Durant les vacances, avec des oignons et des tomates, ce féculent a une place royale dans nos assiettes. Un plongeon dans la poêle à frites s’impose !

Frites omelettes, frites escalopes, frites-chtitha, frites-chelitta… , ce sont autant de plats consommés l’été. « Pendant le mois de Ramadhan et durant la saison estivale, les frites sont présentes quasi quotidiennement sur ma table. Je les prépare au minimum quatre fois par semaine. C’est comme le pain, on ne peut pas s’en passer.
En plus, c’est tellement facile à cuisiner ! C’est un accompagnement. Que ce soit en sandwich ou bien en plat. En plus, les journées de grande chaleur, nous ne pouvons pas consommer des plats en sauce, ou les soupes, ce sont des mets d’automne ou d’hiver ! », résume Ghania, la vision de milliers d’Algériens.

111kg/an/Algérien !
Nous comptons parmi les plus grands mangeurs de pomme de terre dans le monde. Et ce sont les statistiques qui le démontrent. L'Algérie est classée parmi les pays consommateurs de pomme de terre avec une disponibilité alimentaire annuelle de plus de 111 kg/habitant par an.
Alors que la consommation mondiale moyenne est de 31 kg/habitant/an. À titre comparatif, le Belarus occupe la première place avec une consommation de 181 kg/habitant/an, le Royaume-Uni avec 102 kg et la Tunisie 30 kg. « Comme les céréales, la pomme de terre est présente dans nos assiettes de façon très naturelle.
Il y a beaucoup de plats traditionnels à base de pomme de terre. C’est un aliment riche et compensatoire, c’est pour cela que nous en consommons beaucoup», explique Chahinez, chef cuisinier. Akli Moussouni, expert agricole, va plus loin, dans une récente interview accordée au journal El Watan : « Selon les statistiques mondiales, l’humanité consomme en moyenne 34 kg par habitant et par an, dont 27,2 kg en frais (80%) et 6,9 kg transformés (20 %). En Afrique du Nord, (dont l’Algérie), la consommation globale est de 45 kg/hab/an, essentiellement en frais (43 kg) soit 96%. En Europe, par contre, la consommation est de 64 kg/hab/an, dont 37 kg en frais (57%) et 27 kg transformés (43%). Dans le cas des pays développés, à contre-courant du reste, la tendance dans la consommation de la pomme de terre est à la baisse.
En effet, de 95 kg en 1960, elle est passée à 62 kg en 1980, et à 52 kg actuellement (cas de la France). Cette tendance à la baisse a accompagné la progression du développement humain par la diversification de sa ration alimentaire. Ce qui n’est pas le cas chez nous, où la forte tendance à la consommation de la pomme de terre a accompagné la déconfiture du pouvoir d’achat du consommateur qui s’est rabattu sur elle effectivement.
Ce qui laisse penser que la pomme de terre est synonyme de pomme de la misère. Cette tendance à plus de consommation de ce tubercule est un signe révélateur flagrant de la contre-performance de l’agriculture algérienne».

Une industrialisation à petits pas de la frite
«C’est vrai que c’est facile de préparer des frites.
Mais j’achète toujours un sac de frites surgelés que je laisse au fond du congélateur au cas où. Il y a des jours où je n’ai même pas la force d’éplucher les pommes de terre ou encore quand des invités surprises débarquent et je n’ai pas la quantité du légume nécessaire, les frites surgelées me sauvent. Je trouve que c’est facile et pratique et c’est un bon plan de dépannage», argumente Nawel.
Et de noter : «Mais son prix au kilo reste cher. J’en achète occasionnellement lorsque je suis vraiment coincée.» «Franchement, je ne suis pas très tentée par les frites surgelées, je me dis qu’il y a encore d’autres conservateurs nocifs pour la santé», relève pour sa part Soulef.
Les avis, à ce sujet, divergent. Mais, oui, l’industrialisation des frites est bien lancée en Algérie mais reste au stade embryonnaire et faible comparativement au reste du monde.
Cependant, des métiers liés à la frite sont apparus et sont de plus en plus répandus. Des entreprises ont vu le jour et proposent aux fast-foods, restaurants et gargotes leur livraison prêtes à l’emploi. « Nous sommes nombreux à proposer des frites précuites. A notre niveau, nous proposons de la très bonne qualité, avec des prix compétitifs et une livraison gratuite.
Nous conditionnons des frites fraîches sous vide dans des sacs de 5 kg ou 9 kg. Nous livrons également à des établissements scolaires privés, les cantines, et diverses entreprises», nous confie Mounir, jeune entrepreneur et qui compte trois employés, saisonniers pour la plupart du temps.
Sur les sites de vente en ligne, plusieurs machines adaptées sont suggérées à la vente. On apprend qu’il y a, à titre d’exemples, des machines 3 en 1 pour la frite fraîche qui fait le nettoyage, l’épluchage et le découpage de la pomme de terre et autres légumes avec tapis de triage. Mais aussi des sécheurs de pomme de terre et d’emballage sous vide made in Algeria.

Les frites, notre meilleur ennemi !
Même si nous les considérons comme nos meilleurs alliés de l’été, les frites cachent bien un jeu dangereux ! Un jeu lié à notre santé ! Eh oui, les frites contiennent de mauvaises graisses.
Les aliments frits, et la pomme de terre en particulier, sont délicieux, mais ils contiennent aussi des graisses saturées qui peuvent, à long terme, devenir cancéreuses. «Les mauvaises graisses, en s’accumulant, bouchent les artères et peuvent notamment provoquer des crises cardiaques. Elles augmentent aussi le mauvais cholestérol», prévient le Dr. Didiche Karima, médecin généraliste.
Elle explique : « Les frites contiennent des mauvais glucides. La pomme de terre est un glucide simple. Il s’agit d’un type d’hydrate de carbone qui se convertit rapidement en sucre dans le corps. Si vous ne faites pas de sport directement après avoir ingurgité votre paquet de frites, vous risquez de prendre du poids rapidement. Les glucides contenus dans la pomme de terre peuvent aussi rapidement faire grimper l’insuline.
Et augmentent les risques de maladies cardiaques et le diabète. Elles contiennent des acides gras, qui augmentent le taux de mauvais cholestérol et qui font baisser le bon.
ça augmente le risque de maladie cardiaque, cancer et diabète. Les frites contiennent des niveaux élevés d’acrylamide, déclencheurs de cancer.»
Face à cette situation, une nouvelle recette de frites fait le tour des réseaux sociaux. Il s’agit des frites au four. «Au début, cela a été adopté par les personnes voulant perdre du poids mais qui ont pris l’habitude de consommer des frites. Maintenant, cela commence à être répandu dans pas mal de ménages.
Il s’agit de faire bouillir un peu les frites avant de les badigeonner avec un peu d’huile et les mettre dans le four.
Vous pouvez les assaisonner comme vous le voulez avec du poivre noir, sel et des herbes aromatiques», souligne le chef cuisinier, Chahinez.
Sarah Raymouche

 

Glaces aux frites
Ce n’est pas une absurdité culinaire mais une réalité ! Et pour une fois, ce ne sont pas les Algériens qui l’ont inventé en considérant que la pizza-frites, ou la karantita-frites ont bel et bien été lancées chez nous. Mais, c’est un café australien qui a lancé cette mode, il y a de cela deux années. Il propose donc, dans une petite coupe en plastique, de mélanger les deux.
L’idée semble présenter un double contraste. Le chaud et le froid d’un côté, mais aussi le sucré et le salé de l’autre. A chacun ensuite d’opter pour une méthode et manger ce dessert/plat particulier.
Faut-il tremper les frites dans la glace ? Laisser la glace fondre sous l’effet de la chaleur des frites ? A vous de choisir.
S. R.

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires de la semaine
1

Périscoop 06:00 | 28-03-2020

Le forcing de madame Sellal

L'épouse de l'ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, multiplie les contacts dans l'espoir de voir son époux et son fils quitter la prison. Farida Sellal s'appuie sur la récente recommandation de l'ONU,

2

Périscoop 08:00 | 25-03-2020

Amara Benyounès attendra

Finalisé par le magistrat instructeur de la Cour suprême et transmis au tribunal de Sidi-M’hamed, le dossier de Amara Benyounès ne risque par d’être programmé de sitôt, avancent des avocats.

3
4

Soit dit en passant 06:00 | 26-03-2020

Quitte à affamer les petites bourses !

5

Pousse avec eux 06:00 | 26-03-2020

Mais qu’est-ce que ça vient faire là ?!!!