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Soit dit en passant

La rue réclame justice. Qu’en est-il des magistrats ?

Publié par Malika Boussouf
le 07.11.2019 , 11h00
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Pourquoi est-ce qu’en cette veille de vendredi, je me demande très sérieusement, parce que dans l’expectative,  si les magistrats malmenés, comme ils l’ont eux-mêmes largement médiatisé, vont se joindre aux marcheurs/révolutionnaires qui réclament leur indépendance avec un entêtement inédit depuis bientôt 9 mois. Parce que je me dis qu’il n’est en effet pas exclu qu’ils continuent à se tenir à l’écart de la rue en laquelle ils ne disent, d’ailleurs pas expressément, qu’ils se reconnaissent. 
Les spéculations à propos de leur ralliement à celle-ci allant bon train, je me suis surprise à réfléchir à ce qui leur ferait regagner leurs tribunaux et à ce qui, au contraire, les pousserait à camper sur leurs positions, à ce qui creuserait, en d’autres termes, le fossé qui semblait ce jour-là les éloigner de cette tutelle à laquelle ils obéissaient auparavant, sans jamais protester. 
Une magistrate, qui n’appréciait pas qu’on la bouscule aussi violemment, a hurlé à un gendarme qui disait exécuter des ordres qu’elle et ses collègues appliquaient, eux aussi, ces derniers. A quels ordres faisait-elle référence ? Comment faire la part des choses et distinguer entre ce qui se décide librement et ce qui se pense ailleurs avant d’être édicté ? J’ai alors pensé aux témoignages de personnes qui y sont allées franco sur les réseaux sociaux, alors qu’en d’autres temps, elles auraient un peu plus réfléchi avant de citer tant d’exemples qui donnent le tournis et ne militent certainement pas en faveur du corps de la magistrature. J’ignore, personnellement, si les faits rapportés par les uns et les autres sont authentiques. 
La conclusion que l’on tire, par contre, de tout ça, c’est que nos juges ne sont pas portés en haute estime par le citoyen lambda qui ne se range pas à leur côté dans la crise qui les oppose à leurs supérieurs. «Pourquoi les soutenir ? m’a dit un commerçant. Pendant qu’une partie d’entre eux affirme vouloir exercer sans contrainte, une autre emprisonne à tour de bras !  Il y a trop de gens dont la place n’est pas en prison comme si Bouregraâ ! Vous trouvez normal qu’un vrai moudjahid soit enfermé à El Harrach ?»  
M. B.

 

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