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IL PLEUT DES HALLEBARDES

Publié par Youcef Merahi
le 23.06.2021 , 11h00
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Sur la toile, il pleut des choses de toute nature, sans que l’on puisse vérifier, souvent, la véracité des faits. Chacun y va de sa gouaille et de sa «nefha» du moment. Il y a de tout. Et de rien. Puis attention, c’est «addictif». Je l’ai vérifié à mes dépens. Parfois, je reste pantois face à certaines situations de la toile. Comment font-ils ces «entoilés» ? A quel moment, ils ont décidé de saisir l’instantané ? Était-il utile ? Dès lors, je me suis souvent dit qu’il pleut des hallebardes sur la toile. Que chacun fasse attention à sa tête. Heureusement que je m’arrête au bon moment, avant l’ivresse totale. Je tente de doser le verre. Il y a des virtuoses dans la manipulation. Comme il y a ceux qui font dans l’analyse quotidienne d’une certaine réalité politique. 
Dernièrement, j’ai ouï dire qu’il pleuvait des adjectifs. Comment cela est-il possible ? Une pluie d’adjectifs ? Est-ce une métaphore comme le titre de cette chronique ? Dans un examen, tout ce qu’il y a de sérieux, une main malicieuse, facétieuse et farfelue a provoqué une pluie d’adjectifs. Séance tenante, la toile s’enflamme. Il y a du sabotage. On propose des adjectifs qui n’en sont pas. D’autres font dans la dérision. Ils ont préfabriqué des adjectifs. C’est rigolo. J’aimerais bien revoir mes maîtres d’école d’antan, Hocine Terzi, Saïd Aït Iftène ou Hocine Si Amour, pour qu’ils m’expliquent, à mon âge, aujourd’hui, ce qu’est un adjectif. J’ai perdu, dans cette gangue quotidienne, la couleur de l’adjectif. Comment est-il fait ? A quoi sert-il ? Autour de moi, je ne vois que de la sinistrose et un affaissement de niveau effarant. Au point où j’ai égaré ma grammaire au fil des années où l’Algérie a perdu la plupart de ses repères. Alors, un adjectif, en plus ou en moins, vrai ou falsifié, peu importe ; perso, j’ai pris le parti d’en rire, un rire jaune, forcément. Je n’ai pas d’autre choix que verser dans le cynisme. 
Il faut croire que la toile n’a pas de cœur. Qui cherche toujours quelque chose à se mettre sous la dent. Ouais, j’ai vu pleuvoir des bonbons. Des «Caprices», me dit-on. «Qu’as-tu à t’occuper de ces enfantillages ? Occupe-toi de tes bobos, c’est beaucoup plus important», m’interpelle ma petite voix. J’y ai réfléchi une poignée de secondes. Je l’avoue. Puis, je me suis dit : qu’est-ce que cette nouvelle donne sociale ? Un politique, muni d’un sac en plastique, jette à tout vent des bonbons à des fans qui, prestement, se mettent à les ramasser. Je n’ai pas encore compris ce micmac. Ma petite voix, elle, au courant de tous les travers de la société, me souffle à l’oreille : «Il y a les élections ! Ne le sais-tu pas ?» Et alors, me dis-je in petto ? Quel est le rapport qu’il y a entre des bonbons qui tombent du ciel et des élections ? A priori, rien ! Qui dit élections dit programmes, rien d’autres. Ni bla-bla ni bonbons ! T’as tout faux, kho. Chez nous, on se remplit les poches de «halaouyate» pour la plèbe ; en attendant de ramasser le pactole. Tu piges, maintenant ? Ah ya mon z’ami, c’est ça la grande stratégie électorale. Il faut appâter le votant. Pour qu’il mette son doigt dans l’encrier, il lui faut un bonbon. Alors, moi, grand futur député devant l’Éternel, je passe chez l’épicier du coin, je remplis gratos un sachet noir de sucreries, puis je crée une pluie de bonbons pour mes ouailles. Et le tour est joué, kho ! Pigé ? Non, pas encore. Tant pis pour toi, laisse tomber, mets-toi à la poésie, ça doit être ton domaine de prédilection.
Puis il a été question de la pilule bleue, un viagra politique pour booster l’engagement du peuple. Waouh, quelle trouvaille ! Booster l’engagement politique du peuple. Il fallait la trouver cette formule. Celle-ci restera dans l’histoire des grosses perles d’une campagne électorale. Imaginons juste un instant que cette pilule existe vraiment ! Oui, je sais l’autre bleue existe, me dit ma petite voix, décidément grivoise. Et alors ? Elle booste d’autres ardeurs. Chacun sa pilule ! Là, il s’agit d’ardeurs «boulitiques». Puis, il faut savoir les différencier ; sinon gare au grabuge. Je vois la chose, d’ici. Il n’empêche qu’avec les bonbons, ça a marché. Beaucoup ont fait le ramassage sous le regard bienveillant du gourou. Je me suis dit, au fond de moi, si l’affaire ne dépasse pas une poignée de bonbons, je considère que c’est un moindre mal. Mais, si jamais, ça atteint le stade d’une pilule sortie de je ne sais quel laboratoire secret, là, l’affaire serait autrement plus dangereuse. 
Nonobstant toutes ces pluies, les urnes sont restées tristement vides. A croire qu’il n’y a pas eu de pluie, du tout. De mon côté, je suis resté le regard tristement voilé. Je quêtais désespérément les bienfaits de cette eau céleste, je ne la vois pas. Il manquait certainement un paramètre. Lequel ? Ce fameux viagra, peut-être ! On aurait pu l’avoir, par exemple, par des programmes. Les néo-députés sont restés étrangement silencieux. N’ont-ils pas d’actions concrètes à proposer, en termes de lois ? «Chut, me conseille ma p’tite voix intérieure, ne te mêle pas de ces choses-là, tu risques gros. Continue à faire ta météo, c’est plus simple !» En effet, s’il pleuvait, ces jours-ci, une grosse pluie de masques sur la tête des Algériens, s’ils pouvaient s’en saisir, les porter correctement, ce serait un moyen efficace de lutter contre ce Covid qui n’arrête pas de faucher des vies. 
Puis, le Premier ministre a autorisé le citoyen à ne pas porter le masque dans la rue. Oui, j’ai vu cette info au JT de 20 heures. Sauf qu’il s’agit du Premier ministre français. Celui de Fafa ! Pas le nôtre ! Le nôtre n’a encore rien dit, à ce sujet. Là-bas, chez eux, il y a plus de trente millions de vaccinés. Pas loin de l’immunité collective. Ici, chez nous, je suis effaré. Il n’y a plus de masques. Personne ne le met. D’aucuns répondent : «Je me suis vacciné, ça y est, je ne crains plus rien !» Peut-être ! Et les autres, qu’en fais-tu ? Aussi, j’appelle cette pluie salutaire, une pluie de masques sur notre pays. Des millions de masques. Et, surtout, la conscience collective doit reprendre le dessus sur le fatalisme. D’autres vous disent : «J’ai déjà eu le Covid. Je suis sauf. Je ne crains plus rien.» Je ne sais plus quoi écrire. Je suis tenté par me confiner volontairement. Et ne plus mettre le nez dehors ! Mais est-ce possible ? 
Je relis cette chronique, elle n’a ni queue ni tête. J’ai le cerveau en marmelade, ces derniers temps. Je déprime. Je ferai mieux la prochaine fois. A moins que je me shoote au viagra. Au fait, faut-il une ordonnance pour se le procurer ? Je ne sais pas. Par contre, je sais que je peux acheter des kilos de bonbons sans ordonnance aucune. Mais pour sniffer le viagra, il faut passer obligatoirement par le toubib, me souffle ma p’tite voix intérieure. Question à un dinar de chez nous : la nouvelle APN a-t-elle été installée ? Bientôt ! De toutes les façons, on a le temps. Chaque retard est un bienfait ! Ihi, aujourd’hui ou demain, c’est du kif-kif au pareil ! Puis, pourquoi l’installer au moment des grandes vacances. La canicule n’est pas bonne conseillère pour les législateurs. Parole d’un ancien scout !
Y. M.

 

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